La 19ème édition annuelle de la SMAL – Semaine Mondiale des Animaux de Laboratoire – se déroulait du 17 au 25 avril 2004. Une occasion de faire le point avec les militants.
La SMAL, coordination d’actions organisées par des associations et/ou des groupes informels locaux dénonçant l’expérimentation animale, donne lieu à des mouvements qui se développent en Amérique du Nord et en Europe, notamment dans de nombreuses villes françaises…
Les acteurs de la SMAL se mobilisent sur les terrains Ethique, Scientifique et de Santé Publique :
En premier lieu, la valeur de la vie ou la réalité de la souffrance ne peuvent être niées ou ignorées sous prétexte qu’il s’agit de chiens, de chats, de souris…plutôt que d’humains : la différence d’espèce ne rend ni plus ni moins aimables les expériences de laboratoires telles que les électrodes fichées dans le cerveau, l’acide dans les yeux…. Statistiquement, dans le monde, le nombre d’animaux qui subissent puis décèdent suite à de telles expériences est évalué à 2 millions d’animaux sur cette planète ;
Ensuite, l’argument de la « nécessité » scientifique est tout d’abord étranger à quantité d’applications (répétitions des tests, enseignement…) ; mais surtout, il écarte délibérément ce que tous les professionnels savent : transposer d’une espèce à une autre les résultats obtenus est sans fondement, du fait de barrières inter-espèces notoirement établies.
De ce fait, en termes de santé, de nombreux médicaments ou substances qui avaient pourtant été longuement testés sur plusieurs espèces animales entraînent des effets nocifs, graves et mortels sur les populations humaines – sont retirés du marché ou ne le sont pas… Les effets secondaires tuent d’ailleurs en France plus que les accidents de la route. Mais heureusement que l’oracle de l’expérimentation animale n’a pas toujours régné, sinon les hommes n’auraient pas eu accès à l’aspirine, ni à la pénicilline, par exemple…
Samedi 24 avril, de nombreuses villes de l’hexagone (Amiens, Brest, Grenoble, Lille, etc…) ont été le théâtre d’actions d’informations. A Paris, c’est place de la Sorbonne que les militants se sont retrouvés :
La SMAL rassemblait notamment des représentants de la Ligue Française Contre La Vivisection, de Pro Anima (Comité scientifique), des Militants de Rue, etc. L’objectif était simple : présenter une documentation sous forme d’affiches avec textes et photos, de tracts et de séquences vidéo. Des échantillons de produits cosmétiques de marques refusant les tests sur animaux étaient proposées au public. La mise en scène comportait une dizaine de personnes « tombées à terre » représentant les victimes des « effets secondaires » de médicaments reconnus toxiques.
Les méthodes dites substitutives existent et sont utilisées depuis bien longtemps, rendant à l’homme le seul modèle qui lui soit applicable : lui-même (culture de cellules ou de tissus, modélisation mathématique, micro-puces à ADN, visualisation d’organes en fonctionnement comme l’IRM, l’échographie… - sans oublier les très classiques dissections, autopsies ou observations cliniques) . Mais au nom d’enjeux financiers, parce qu’on triche moins facilement avec des procédés réellement scientifiques qu’avec l’interprétation des entrailles de nos amies les bêtes, ces méthodes dites substitutives ne sont actuellement pas celles favorisées dans le public comme dans le privé.
D’ailleurs, un programme européen prévoit de sacrifier bientôt encore quelques millions d’animaux à un (re) testage massif de substances chimiques…
La SMAL appelle donc toutes les personnes qui se sentent concernées à s’informer et à se mobiliser pour favoriser une évolution morale et concrète de la recherche en revendiquant l’application et la recherche accrue de techniques scientifiquement fiables qui ne reposent pas sur la torture et le hasard.