Le musée Daubigny présente une exposition exceptionnelle sur le thème du chat et de l'artiste. Devant le succès qu'elle rencontre, l' exposition initialement prévue jusqu'au 30 septembre 2001 est prolongée jusqu'au 18 novembre inclus.
A l’occasion de la donation au musée de la collection Lavesch de Chancy, plus de deux cents oeuvres nous emmènent dans un voyage vers un monde de douce complicité entre l’homme et le chat. Idolâtré dans l’Antiquité, brûlé au Moyen-Age, notre petit félin domestique a trouvé auprès des poètes et des intellectuels une place de choix au XIXe et XXe siècles. Peintres, graveurs, sculpteurs se sont fait l’écho de cette tendre révolution, jusqu’aux arts populaires qui choisissent pour sujet familier le petit animal maudit pendant des siècles.
Gérard Lavesch de Chancy adore les chats. En 1955, il commence une collection d’oeuvres et d’objets d’art autour de cet animal. Comédien, puis speaker à la RTF (Radio Télévision Française), il vit alors dans un milieu qui lui permet de rencontrer de nombreux artistes. En 1963, Jean Cocteau lui dessine un chat pour sa collection, alors qu’il venait pour une interview. Il côtoie Jacques Nam (oeuvre en photo ci-dessus à droite), rencontre Artus à Etretat, devient l’ami de Gen Paul (oeuvre ci-dessus en photo à gauche) avec qui il voyage. Plus tard, retiré à Nice avec son épouse, il fait la connaissance du sculpteur Jean-Pierre Auger.
Au fil de ses rencontres, et de ses visites dans les expositions, les salles des ventes et les ateliers d’artistes, Gérard Lavesch de Chancy accumule un nombre important d’oeuvres que lui et son épouse aimeraient léguer à un musée. Après moult hésitations, c’est le Musée Charles-François Daubigny à Auvers-sur-Oise qui est retenu. Pourquoi le musée d’Auvers? Peut-être parce que Bernard Vercruyce, (oeuvre en photo ci-dessus) peintre de chat et amoureux des félins en est le vice-président ? Peut-être en souvenir du tableau de Vincent Van Gogh « Le jardin Daubigny avec chat », peint en juillet 1890 ? Grâce aux penchants du Dr Gachet , inconditionnel de la nature et des animaux et qui eut jusqu’à dix-sept chats, en plus de son chien ?
Toujours est-il qu’ici, les chats sont toujours bien accueillis : depuis plusieurs années, le musée a une petite chatte visiteuse. Certes, parfois, elle se laisse enfermer, déclenchant à son réveil le signal d’alarme. Mais personne n’arrive à lui en vouloir, pas même le gardien, quand elle se frotte à ses jambes et qu’elle ronronne pour qu’on lui ouvre la porte… à 3 heures du matin !
Les oeuvres exposées dans quatre salles du musée permettent de découvrir la force d’inspiration que ce félin a donné aux créateurs (sculpteurs, peintres, dessinateurs, céramistes). Ils ont vécu avec lui, l’on aimé, caressé, fascinés par son élégance et sa sagesse. Pourtant, les oeuvres d’art n’ont pas toujours valorisé le chat. Dans son imagerie, le Christianisme lui a fait porter le poids des péchés du monde. Au XVIIIe siècle, la proximité toute neuve du chat avec les grands de ce monde lui permet de remonter un peu dans l’estime de ses contemporains. Mais c’est le XIXe et le XXe qui le célèbrent : Charles Baudelaire, Colette, Pierre Loti, Anatole France … La collection Lavesch de Chancy regroupe des tableaux (Bando, Cocteau, L.Fibi, Foujita, Dr Gachet, Gen Paul, Ngoeneutte, L.Huber, Licart, Kono Micao, E.Lambert, E.Mérite, J.Nam, Oger, T. Steinlen, B. Vercruyce, Vertès, H. de Waroquier), et des sculptures (Artus, Barye, Cartier, Chemin, Frémiet, H.Levasseur, Riché, Samson , Valette).Fait exceptionnel, la présence d’oeuvres d’artisanat populaire de Longwy, St Clément ou Biot nous rappelle la place que le chat garde dans le coeur de tous les anonymes et met en avant un artisanat encore très vivace et créatif, notamment à Longwy.