17 ans, l’âge de tous les doutes et du parcours initiatique qu’est la recherche du bonheur. C’est le sujet choisi par Hayao Miyazaki pour son nouveau film d’aventures fantastiques : Le Royaume des Chats. Un dessin animé sous forme de manga qui, en plus de charmer les enfants, leur communiquera une véritable leçon de vie.
Après le succès planétaire du Voyage de Chihiro, Ours d’or au 52e Festival du Film international de Berlin, le célèbre Hayao Miyazaki nous livre Le Royaume des Chats, un film dont le sujet est la quête du bonheur. L’héroïne, Haru, est une jeune lycéenne de 17 ans. Après un retard en cours et une humiliation publique en présence du garçon qu’elle aime, elle sauve la vie d’un chat qui allait se faire écraser par un camion. Or le chat sauvé n’est pas n’importe qui ! Il s’agit en fait de Loon, fils du Roi des Chats. Immédiatement Haru se voit proposer l’accès à un nouvel univers, celui du Royaume des Chats. Comment une jeune fille avec si peu d’expérience dans la vie pourrait-elle refuser ce nouveau monde où tous ses anciens problèmes s’évanouiraient ? Pourtant, un danger la guette. Si elle ne sort pas du Royaume des Chats avant l’aube, elle restera féline et prisonnière à jamais. Face à ce cruel dilemme, ses trois amis, l’élégant Chat Baron, le matou errant Mouta et le corbeau Toto se révèleront de fidèles alliés et de précieux conseillers…
L’œuvre originale sur laquelle est basée ce film est due à Aoi Hiiragi, auteure de bandes dessinées et notamment de Si tu tends l’oreille que Hayao Miyazaki a déjà adapté au cinéma. Cette dernière a tenu à retranscrire l’univers dans lequel elle travaille d’habitude : celui de la bande dessinée pour filles. Un univers particulier où l’amour est au centre de tout et où chaque jeune fille se questionne sur son avenir et le sens de la vie : « Je réfléchissais souvent à ce qu’est le bonheur pour un être humain », a-t-elle précisé.
Hayao Miyazaki tenait à confier la réalisation à un débutant. Elle a échu à Hiroyuki Morita, jeune technicien du Studio Ghibli. Sa grande sensibilité et son travail sur les dessins clés de Mes voisins les Yamada et La grande ballade de Koro avaient en effet été remarqués par Hayao Miyazaki. Ce qui a particulièrement marqué Hiroyuki Morita, c’est cette réflexion de Haru : « Après tout, le Royaume des Chats n’est peut-être pas si mal ». Une phrase qui, à elle seule, permet au public de comprendre dans quel état d’esprit se trouve l’héroïne au moment de sa décision… Le réalisateur s’en est servi pour construire autour de la jeune lycéenne un univers qui n’a rien de paradisiaque mais qui lui permet de progresser dans sa maturité intellectuelle. Pour le jeune réalisateur, les pensées de Haru n’ont rien de puéril ou de stupide, elles se justifient par la situation dans laquelle se trouve la jeune fille au moment où elle décide de rejoindre le Royaume des Chats : « Si dans ce monde, on a pas d’absolu, il est tout à fait juste d’adopter ce genre d’attitude ».
S’il existe bien deux messages très forts qui cohabitent et se croisent tout au long du film, la notion de dette et la quête d’un bonheur simple, Le Royaume des Chats est avant tout un divertissement pour enfants. Les dessins de type manga sont colorés de manière à séduire un jeune public et nombreux sont ceux et celles qui pourraient se reconnaître à travers l’émouvante Haru. Les autres personnages tels que Mouta, Loon et le Baron sont des chats « personnalisés » dans le sens où ils s’habillent et se comportent comme des humains. Les mines et grimaces des principaux personnages sont stylisés et exagérés à l’extrême comme il se doit dans tout cartoon qui se respecte. Un dessin animé ou film fantastique qui s’adresse donc aux enfants âgés entre 5 et 12 ans, et qui aiment les animaux puisque, est-ce bien nécessaire de le rappeler, les principaux protagonistes de cette aventure sont des …Chats !