Voici les résultats de cette expédition scientifique qui s’est déroulée du 8 au 12 mars dernier sur le Massif du Mont Blanc.
Début avril, nous vous présentions, l’Opération Chiens des Cimes, une première mondiale à l’initiative du Professeur Dominique Grandjean. Voici les conclusions de cette opération, présentées lors d’une Conférence de Presse UMES/INTERVET qui se déroulait le 19 octobre dernier.
« Organiser une telle expédition relevait déjà d’un incroyable défi. Pour la première fois l’UMES et INTERVET se sont associés dans cette aventure non dénuée de risques. Réussir avec toute une équipe à monter sur le Mont Blanc et organiser un camp de base scientifique à 3500m est déjà un exploit en soi. En revenir avec des résultats probants représente un rêve partagé depuis longtemps avec Dominique Grandjean. Aujourd’hui il est devenu réalité !» explique le Dr Nicolas Renard responsable du projet pour l’Unité Animaux de Compagnie et de Sport d’INTERVET.
Sans entrer ici dans le fastidieux détail de résultats qui feront l’objet de plusieurs publications scientifiques, il est possible de résumer ceux-ci comme suit :
1/ Effets biologiques du travail en altitude
- Les capacités olfactives des chiens n’ont pas semblé altérées par les conditions environnementales d’altitude et de froid, aucun chien n’ayant échoué dans la découverte des trois victimes à rechercher lors des tests. Il est d’ailleurs intéressant techniquement de noter que 8 sur 10 des chiens ayant participé à ce protocole n’avaient jamais travaillé sur neige en conditions opérationnelles, ce qui ne leur a posé aucun problème de détection ou de qualité de marquage
- Pour la première fois, des données électrocardiographiques complètes ont permis de préciser l’impact de l’altitude sur la fonction cardiaque à l’effort Conférence de Presse UMES – INTERVET- Opération Chiens des Cimes - Mont Blanc 19 octobre 2004 chez le chien ; un début d’hypoxie du myocarde (carence en oxygène de la cellule cardiaque) est mis en évidence sur les chiens ne recevant pas la molécule testée, cette dernière semblant parfaitement prévenir ce phénomène néfaste. Notons que le retour en plaine permet un rapide retour à la normale.
- Il en va de même pour les données « oxysaturométriques » (contrôle du taux de saturation en oxygène de l’hémoglobine, son transporteur sanguin), qui de fait rejoignent celles classiquement observées chez l’Homme, et sont là encore améliorées par le traitement préventif (qui se révèle améliorateur des processus d’oxygénation).
- Les données concernant l’impact du stress oxydatif cellulaire induit par le travail d’altitude, enfin, permettent d’affiner les connaissances retirées de « Chiens des cimes 1 ». L’impact des radicaux libres toxiques initiés par le travail apparaît accru par l’altitude, et on note également un impact antioxydant des plus intéressants du traitement préventif fourni.
2/ Effets préventifs de la supplémentation mise en œuvre
L’approche comparative des deux groupes de chiens ayant travaillés en plaine et en altitude dans les mêmes conditions, et recevant des alimentations équivalentes quantitativement et qualitativement, permet de constater des effets préventifs très intéressants du supplément distribué à l’un des groupes (propentofylline) :
- meilleure sécurité cardiaque (prévention du phénomène d’hypoxie du myocarde)
- maintien d’une bonne oxygénation cellulaire (meilleure saturation du sang en oxygène malgré un air raréfié et donc une moindre quantité d’oxygène inspiré par respiration)
- action antioxydante cellulaire contribuant à prévenir les conséquences néfastes des radicaux libres (objectivée par une épargne du potentiel antioxydant de l’organisme).
Conscients des imperfections que présentera toujours une recherche de terrain laquelle demeure néanmoins la seule qui permette d’intégrer le fonctionnement global de l’organisme en situation, cette opération aura permis de compiler celles-ci aux fins d’amélioration future des méthodologies mises en œuvre. Les conditions naturelles d’exposition aiguë d’hypoxie-hypobarie d’altitude constituent pour nous un modèle physiologique extrême dont les enseignements ne peuvent que concerner d’autres situations dans lesquelles la chimie des radicaux libres et les altérations cellulaires induites sont impliquées. Tel le vieillissement cellulaire, les affections neuro dégénératives ou les phénomènes de prolifération tumorale. Que l’ensemble des participants, et surtout ces dix merveilleux chiens sauveteurs au quotidien de vies humaines, soient vivement remerciés pour leur travail.