Tous les trois ans, la moitié des membres du comité de la Société Centrale Canine repasse devant les « grands électeurs ». Régulièrement réélus, ces femmes et hommes sont chargés de représenter la très grande diversité de la cynophilie française pour un mandat de six ans renouvelable.
Jeudi 11 mai, direction Paris, porte Maillot, à l’occasion du 1er tour des élections pour le renouvellement statutaire du comité de la Société Centrale Canine. Historiquement, sans réellement déclencher de mouvement de foule ou de cohortes de supporters dans les rues de la Capitale, les élections triennales de la «Centrale » suscitaient pas mal de questions et d’attentes de la part des cynophiles. Cette année, cette échéance électorale est passée comme une lettre à la poste (c’est le cas de le dire) qui plus est, elle semble s’être déroulée en catimini. Comme si l’enjeu ne passionnait plus personne. A ce sujet, si le changement a du bon avec l’injonction de nouveaux courants de sang « au sein du comité », il est tout aussi bon qu’une équipe puisse aller jusqu’au bout des principaux dossiers qu’elle à ouvert.
Ces derniers mois, les cynophiles avaient découvert les turpitudes de leur « maison mère », la publication du rapport COPERCI, la démission de Renaud Buche (dans un premier temps, de son poste de Président), la nomination ponctuelle de Gérard Arthus au pied levé, la malheureuse candidature de la SCC pour organiser une exposition mondiale FCI (la dernière fois qu’un tel événement s’est déroulé dans notre pays, il faut remonter à 1974, place de la Bastille à Paris dans l’ancienne gare SNCF du même nom). Mais fort heureusement, la situation actuelle, bien que difficile, est sans commune mesure avec celle de 2001 (voir notre dossier La Société Centrale Canine risque-t-elle de disparaître ? ). Prenez la gestion du fichier central, une éclaircie – même brève – semble poindre à l’horizon (voir le communiqué).
Dernier sujet qui fâche, et non des moindres, la situation rocambolesque dans laquelle se trouvent plusieurs races canines, je pense en particulier au Rottweiler et au Yorkshire Terrier, pour ne citer que les principales, qui sont sans club affilié. Le sujet récurant de la multiplicité des associations non affiliées doit, à un moment ou à un autre, être tranché (sujet pointé du doigt par le rapport COPERCI). Le dépoussiérage des règlements de la Centrale (les statuts remaniés sont toujours bloqués au Conseil d’Etat et ont déjà pris quelques rides) va devenir un autre chantier d’ici peu, car le système qui fonctionne dans les associations de races montre ses limites. A fortiori, quand on examine la situation de certaines races populaires… Seul bémol, si cette multiplicité des clubs, qui est réclamée avec insistance depuis quelques années n’est que le point d’orgue pour servir uniquement des intérêts personnels et non l’amélioration et la promotion des races, il est clair que les problèmes actuels vont être démultipliés…
Un des candidats, réélu dès le 1er tour a parfaitement résumé la crise que vient de traverser la maison mère du chien de race en France : « Dieu sait que notre dernière législature fut cauchemardesque – le fichier central, l’informatique, le téléphone et j’en passe et pas des meilleurs ».
D’ores et déjà, rendez-vous le Mardi 30 mai 2006 à 14heures à la Société Centrale Canine où seront dépouillés les bulletins de votes à l’issue de ce 2ème tour de scrutin. La majorité simple (et non plus absolue) sera requise pour être élu (e).
L’un des Salons de l’Hôtel Concorde Lafayette, à deux pas de la porte Maillot, accueillait les grands électeurs mais également la presse canine, à l’occasion des élections statutaires de la SCC. Ce lieu, qui est devenu familier à la grande famille « de ces hommes et femmes » qui gouvernent la cynophilie française, servait donc à nouveau de cadre aux élections statutaires – tous les trois ans – qui n’avaient pas le « piment » habituel. Il s’agissait du premier tour du scrutin, avec 13 postes à pourvoir , la moitié des élus devant tous les trois ans s’en remettre au suffrage des grands électeurs..
Le matin, l’auditoire avait un programme copieux et riche : Francis Galibert (CNRS Rennes) présenta les programmes de recherche concernant les affections héréditaires invalidantes ; Véronique Guérin (Bureau Européen de l’Agriculture Française, Lobbying de la SCC auprès des instances européennes) résuma les actions entreprises par la SCC, et la perception de l’animal de compagnie au sein des institutions européennes ; enfin, comme d’habitude, Grégoire Leroy (en photo ci-dessous) présenta avec sa maestria habituelle, une étude sur un sujet « hot » dans certaines associations de races, le contrôle des filiations (déjà mis en place dans plusieurs clubs). Une démarche individuelle que la Société Centrale Canine aurait pu développer afin de « certifier » le LOF. Ce sera pour bientôt, car la notion de traçabilité est visiblement bien ancrée chez les français. Et pas uniquement chez ceux qui mangent de la viande !
Après cette matinée chargée en exposés riches et variés, un déjeuner à la hauteur de l’événement attendait l’auditoire. Puis, tout le gratin de la cynophilie française se retrouvait dans le vaste salon, afin de connaître les résultats de ce premier tour. Avant de se rendre sur place, les électeurs savaient que 13 des sièges étaient à renouveler. Difficile parfois de s’y retrouver, entre les départs volontaires ou non, les démissions et ceux étant obligés de se soumettre à nouveau au vote des grands électeurs car ils terminaient la deuxième moitié du mandat de leur prédécesseur.