Malgré un travail remarquable reconnu par tous, il n'existe à l'heure actuelle aucune véritable école pour les maîtres-chiens sauveteurs nautiques. Seules des fédérations nationales assurent la formation des équipes d'intervention. Tous ces couples maître-chien travaillent bénévolement, consacrant une partie de leur temps libre et de leur énergie à effectuer des interventions nautiques visant à sauver des vies humaines.
Cependant, les centres d'intervention français ont déposé un brevet (non encore reconnu) de maître-chien sauveteur nautique, ce qui permettrait d'établir officiellement un programme de travail.
Le Terre-Neuve, chien de prédilection : dans une telle activité, il faut avant tout des chiens que l'eau n'effraie pas au premier regard, d'une stature suffisante pour de lourdes tractions et, enfin, peu ou pas sensibles au froid et à l'humidité.
Malgré son attrait pour l'eau et son grand courage, le Labrador ne se révèle pas assez efficace sur grande distance ou avec des charges lourdes. À l'opposé, le Terre-Neuve, chien d'eau tout aussi réputé, offre plus de garanties pour le sauvetage nautique. En effet, il possède une puissance de traction importante grâce à sa mâchoire et à sa musculature imposantes (remorquage d'un bateau de plusieurs tonnes) ; une endurance de plusieurs heures et sur longue distance ; une résistance au froid telle que le chien est opérationnel immédiatement quelles que soient les conditions météorologiques ; un calme olympien associé à une ténacité hors pair et, enfin, une habilité à reconnaître le danger même dans des circonstances totalement différentes de celles qu'on lui a enseignées.
Historique de la race : l'origine du Terre-Neuve reste encore incertaine. Il semblerait que cette grande race descende du Mastiff Tibétain arrivé de l'Asie dans le nord américain puis dans l'île de Terre-Neuve. Ces chiens étaient utilisés à la pêche pour rapporter les filets, mais aussi sur terre comme chiens de trait.
En 1001, le Viking Leif Ericson accosta sur cette île en compagnie de ses chiens d'ours rayés noir et blanc. Le croisement de ces deux races aurait donné un chien fortement bâti (s'apparentant aux Molossoïdes), très à l'aise sur terre comme dans l'eau.
Après cinq siècles d'évolution en quasi-isolement, des pêcheurs européens arrivèrent sur l'île de Terre-Neuve et rencontrèrent pour la première fois ce qui est aujourd'hui le chien Terre-Neuve. Par sa grande gentillesse et son courage exceptionnel, ce chien rencontra un grand succès dès son introduction en Europe. Au XIXe siècle, il fut utilisé pour rétablir la population des chiens sauveteurs de l'hospice de Saint-Bernard.Son amour pour l'homme et son sens inné du secourisme en fit un sauveteur nautique et de montagne de grande qualité. En 1919, un digne représentant de la race aurait sauvé à lui seul 20personnes de la noyade, ce qui lui valut une médaille et la reconnaissance de tous.