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Accueil  >  Encyclopédie  >  Le cycle de vie  >  Premières étapes de la vie du chien
23/09/2000
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Premières étapes de la vie du chien

Développement physique du chiot

La croissance des chiots est permise par la construction et la maturation de plusieurs tissus.

Ces tissus de nature différente ne s'élaborent pas tous en même temps ni à la même vitesse, ce qui explique la variation des besoins alimentaires des chiots tant au plan qualitatif que quantitatif.

On pourrait comparer le développement physique à un chantier. Celui-ci commence par un projet (le système nerveux) et se poursuit par la mise en place de machines (le squelette).

Pour faire fonctionner ces outils, il faudra alors des ouvriers (les muscles) qui revendiqueront par la suite une protection sociale (la graisse),

Cette image, trop simpliste puisque ces étapes sont naturellement progressives et simultanées, présente néanmoins l'intérêt de souligner les risques liés à chaque stade de maturation du chiot.

Elle illustre notamment :

- l'insuffisance de réserve énergétique chez le chiot à la naissance puisque la graisse ne se dépose que tardivement et qu'elle représente la principale forme de stockage de l'énergie. Le chiot ne peut compter que sur ses faibles réserves en glycogène (foie et muscles), qui couvrent les besoins d'une douzaine d'heures après la naissance, et restera donc dépendant des conditions thermiques extérieures jusqu'à l'apparition du réflexe de frisson (après le 6e jour), la mise en place du tissu adipeux (fin de la troisième semaine) et des mécanismes de régulation thermique.

- la variation des besoins alimentaires d'une race à l'autre et, pour un même individu, au cours des différentes phases de son développement. En effet, la composition du corps évolue au cours de la croissance dans le sens d'une diminution de sa teneur en eau et en protéines à la faveur d'une augmentation des graisses et des minéraux.

- l'obésité, menaçant les petites races beaucoup plus précocement que les grandes races.

La plupart des clubs de race disposent de courbes de croissance moyennes des mâles et des femelles qui permettent de vérifier le développement pondéral d'un chiot de sa naissance à l'âge adulte. Suivant la race et le sexe, le poids d'un chiot peut varier de 70 à 700 grammes à la naissance. Après une perte de poids physiologique qui ne doit pas excéder 10 % le premier jour, le poids des chiots s'accroît normalement très rapidement de 5 à 10 % par jour au cours des premières semaines. Une pesée quotidienne des chiots à heure fixe permet de surveiller leur croissance. Les chiots de grande race, qui multiplient leur poids par 100 pour atteindre l'âge adulte, méritent une attention et une surveillance toutes particulières.

D'une manière générale, un chiot qui ne prend pas de poids pendant deux jours consécutifs doit être particulièrement surveillé. Tout retard de croissance doit en faire rechercher rapidement l'origine. Il peut en effet être lié à la mère, si l'ensemble de la portée en souffre (lait insuffisant ou toxique), ou à des facteurs individuels si seuls quelques chiots accusent ce retard (fente palatine, compétition alimentaire...).

L'écoute des gémissements, l'observation des tétées et du comportement maternel, l'appréciation de la vitalité, de la température rectale et de l'état d'hydratation des chiots représentent également d'autres paramètres utiles à contrôler régulièrement pendant cette période où la morbidité et la mortalité peuvent apparaître très brutalement.

Développement comportemental des chiots

Avant le sevrage des chiots, la mère prend, beaucoup plus que le père, une part active à leur développement physique et comportemental, part qui s'avérera déterminante pour leur équilibre et leur intégration ultérieurs dans leur nouveau milieu social.

Sans étudier ici l'ensemble des étapes du développement du chiot, d'autant plus que leur chronologie diffère sensiblement d'une race à l'autre (les petites races étant plus précoces), bon nombre d'erreurs ou de déconvenues peuvent être facilement évitées par la simple connaissance des périodes propices à l'apprentissage ou sensibles à l'aversion.

Le développement nerveux du chiot est inachevé à sa naissance.

Il naît en effet sourd, aveugle, doté de très peu d'odorat et d'un système nerveux peu myélinisé, c'est-à-dire incapable de conduire rapidement les influx. La connaissance des étapes de son développement moteur, psychologique et sensoriel sera mise à profit pour le diagnostic précoce de certaines anomalies mais surtout pour stimuler l'éveil du chiot dans le sens voulu par son utilisation ultérieure.

Ainsi, il est possible de procéder au dépistage précoce de la surdité chez les races prédisposées (Dalmatien, Dogue argentin, chiens à robe merle ou présentant un ladre) dès la quatrième semaine.

Au cours des deux premières semaines, il suffit généralement de s'assurer de l'instinct maternel de la lice (notamment toilettage des chiots indispensable à leurs réflexes de défécation et de miction) et de surveiller les tétées en plaçant éventuellement les chiots les moins vigoureux ou les plus dominés aux mamelles postérieures qui fournissent un lait plus riche. Il faut parfois surveiller les griffes des chiots qui peuvent traumatiser les mamelles et entraîner un refus d'allaitement.

Les comportementalistes ont l'habitude de diviser la période de maturation du chiot en quatre étapes successives.

La période anténatale

Les foetus dans le milieu utérin ne sont pas totalement isolés du milieu extérieur. Le développement des techniques échographiques a en effet permis d'observer leurs réactions à la palpation transabdominale de la mère dès la quatrième semaine de gestation. Leur sens tactile se développe donc très tôt et rien n'interdit de penser qu'ils seraient sensibles aux caresses prodiguées à leur mère pendant sa gestation. De même, le stress de la mère peut vraisemblablement être ressenti par les chiots et aboutir à des avortements, des retards de croissance intra-utérins, des difficultés d'apprentissage après la naissance ou même des déficits immunitaires.Enfin, même si l'odorat ne se développe qu'après la naissance, la gustation apparaît plus précocement : il semble en effet que l'alimentation consommée par la mère pendant sa gestation puisse orienter par la suite les préférences alimentaires des chiots qu'elle porte.

La période néonatale

La période néonatale commence à la naissance pour se terminer à l'ouverture des paupières. Elle a souvent été appelée phase végétative car, extérieurement, l'essentiel de la vie des chiots semble alors être dominé par le sommeil et quelques activités réflexes. Le chiot ne réagit qu'aux stimulations tactiles et s'oriente vers les sources de chaleur en rampant. Cette reptation est rendue possible par le développement du système nerveux qui se myélinise de l'avant vers l'arrière autorisant ainsi la motricité des antérieurs avant celle des postérieurs.

De plus, si l'on exclut les phénomènes réflexes, la perception douloureuse est la dernière à apparaître dans le développement neurologique, ce qui explique que certaines petites interventions chirurgicales peuvent être pratiquées sans anesthésie au cours de cette période.

Au cours de la période néonatale, il suffit de confiner la mère et sa portée dans une maternité chaude et rassurante. Si l'instinct maternel de la mère semble défaillant, ou en cas de portée peu nombreuse, il est possible de compléter les stimulations tactiles des chiots en explorant la normalité de leurs réflexes (réflexes de miction, de défécation, de tétée, éducation gustative). Les autres stimulations (musique, jouets, couleurs, etc.) que l'on rencontre parfois en élevage sont encore inutiles à cet âge et ne font que perturber le sommeil de la portée.

Période de transition

Encore qualifiée de "phase d'éveil", la période de transition débute avec l'ouverture des paupières (vers 10 à 15 jours) pour se terminer dès que le chiot commence à entendre, c'est-à-dire à réagir aux bruits (à la quatrième semaine). Même si la vision n'est pas encore parfaite à ce stade, la persistance de comportements tels que le fouissement ou les explorations tactiles permet déjà de suspecter des troubles de la vision.

À cette période, les chiots se risquent normalement à un début d'exploration, commencent à jouer, à s'attacher à leur mère et à reconnaître l'identité de leurs congénères (phénomène d'imprégnation). Le propriétaire peut alors profiter des temps d'éveil des chiots pour les habituer à la présence et à l'odeur humaines, pour jouer avec eux et les manipuler doucement.

Période de socialisation

Comme son nom l'indique, la période de socialisation représente pour les chiots une phase d'apprentissage de la vie sociale qui débute par une période d'attraction (rien ne leur fait peur) et se poursuit généralement par une période d'aversion (peur de tout ce qui est nouveau). Les chiots deviennent progressivement capables de communiquer et acquièrent ainsi le sens de la hiérarchie en interprétant les réprimandes maternelles, les signaux olfactifs ou posturaux.

En effet, si, par manque de temps ou d'observation, on ne tire pas parti de la période d'attraction d'un chiot (généralement de 3 à 9 semaines) pour l'habituer à son environnement futur, il sera beaucoup plus difficile par la suite de rectifier les mauvaises habitudes acquises.

Cette période extrêmement sensible et malléable peut être utilement exploitée pour :

- favoriser les contacts avec les futurs propriétaires (enfants en particulier) s'il s'agit d'un animal destiné à la compagnie, et avec les individus qu'il devra côtoyer en toute quiétude (facteurs, chats, moutons),

- habituer le chiot aux stimulations qu'il rencontrera (bruits, odeurs d'un habit, coups de feu pour un futur chien de chasse comme le Setter ou le Pointer, voiture, hélicoptère...),

- renforcer l'apprentissage de la hiérarchie en lui imposant, si nécessaire, des postures de soumission (maintenu sur le dos ou par la peau du cou). Par la même méthode, il est possible de renforcer les comportements recherchés et de réprimer les activités gênantes, - multiplier les activités ludiques entre chiots et sanctionner ceux qui ne contrôlent pas encore bien l'intensité de leur morsure,

- observer le comportement des chiots pour pouvoir orienter le choix des futurs propriétaires en fonction du caractère de chacun. Les tendances à la dominance se devinent dès cette époque à travers les jeux, les imitations sexuelles et les préséances alimentaires. Dans certaines races (Cocker, Golden notamment), l'agressivité est même devenue un motif de non-confirmation.

Beaucoup d'aptitudes dites "naturelles" peuvent être acquises pendant cette période, surtout si la mère est déjà habituée à ces stimuli et peut alors jouer un rôle apaisant sur sa portée pendant la période d'aversion.

C'est pourquoi l'on conseille classiquement deux périodes propices à la vente des chiots :

- le départ précoce, vers la 7e semaine, si le propriétaire est expert en éducation canine précoce et souhaite acquérir un chiot "malléable" ;

- le départ tardif, à la fin de la période d'aversion (vers 12 semaines), si le client néophyte recherche un chiot "clef en main" qui aura déjà été socialisé et initié au travail par un professionnel.

Dans tous les cas, il sera toujours utile d'orienter le choix du futur propriétaire vers un chiot adapté à sa demande () et de lui donner des conseils de socialisation qui devront être renforcés par l'appui du vétérinaire lors de la consultation d'achat. Pour éviter un trop grand attachement du chien à son propriétaire (qui se traduit souvent par des dégâts importants à l'environnement lorsque le chien est laissé seul), il sera bon de se rappeler le phénomène naturel de détachement qui s'opère spontanément avant la puberté lorsque le chiot est laissé avec sa mère.



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