Le Briard, fruit de plus d’un siècle de sélection contrôlée parsemée d’embûches et de défis, a visiblement mangé son pain blanc en redevenant un compagnon à l’écart des modes et au grand bénéfice des amateurs.
Après les années folles des « Eighties » où le Briard était devenu la coqueluche des Français – à l’époque, il s’était hissé dans le tiercé des races les plus demandées dans l’Hexagone – suivies d’une période de chute vertigineuse de la demande - entre 1986 et 1998 -, la race retrouve (enfin ?) une situation relativement stable – atteignant une sorte de pallier en avoisinant bon an mal an les 900 naissances… Soulignons que le niveau actuel de production de l’élevage français est équivalent à celui du début des années 70, soit un bond en arrière de près de 30 ans.
Le Berger de Brie, ce n’est pas seulement quatre coloris de robe, à l’image des sujets présentés ci-dessous
Mais un compagnon merveilleux qui m’a incité, il y a tout juste 20 ans, à publier une monographie jugée polémique à l’époque mais dont les mises en garde se sont avérées… justes. Plus précisément, un livre sur l’histoire passionnante du Berger de Brie avec une analyse détaillée de l’élevage contemporain qui présentait les prémices d’une situation détestable : celle du dog business, où tout chien à poil long assimilé ou non à un Berger de Brie se devait d’engendrer une descendance. Officiellement pour son bien, officieusement pour mettre « du beurre dans les épinards ». Des dizaines de milliers de foyers français ont fait l’acquisition d’un Berger de Brie entre 1980 et 1995… Aujourd’hui, combien d’entre eux possèdent encore un Briard…30%, 20% ? Et à défaut, pour quelle (s) raison (s) se sont-ils détournés de la race ?
Entretien de la race, problème de santé, comportement dangereux, accidents… les causes sont nombreuses et reviennent régulièrement lors de discussions sur le sujet, comme si un métronome accompagnait les doléances des maîtres déçus.