En ce jour anniversaire de la catastrophe du 11 septembre 2001, rendons hommage aux équipes de maîtres/chiens de recherche en décombres qui sauvent des vies. Focus sur des chiens d'utilité "publique".
Les qualités olfactives et de travail du chien sont de plus en plus valorisées à travers le monde dans le domaine de la sécurité civile, en particulier lors d’explosions, d’effondrements, de tremblements de terre ou de glissements de terrain. Selon le sinistre auquel se trouvent confrontés les services de secours, la localisation des victimes, souvent dérobées à leur reconnaissance immédiate, peut nécessiter la mise en oeuvre de moyens spécialisés de détection biologique : les équipes cynotechniques de recherche et de sauvetage.
Le rôle d’un tel chien de recherche ne se limite pas, en effet, aux grands tremblements de terre, glissements de terrain, typhons ou éruptions volcaniques. Ils peuvent intervenir en cas d’effondrement d’immeubles, après un incendie, un éboulement dans un chantier ou une mine, une explosion liée au gaz ou au terrorisme, ou encore lors de catastrophes ferroviaires ou aériennes…Les appareils géographiques de type Capson (capables de détecter des bruits de très faible intensité, comme les battements d’un coeur) sont également utilisés pour la détection de victimes mais, contrairement au chien, leur utilisation requiert un silence total, ce qui est rarement le cas lors des opérations de déblaiement. Le chien correctement entraîné peut, lui, travailler sur n’importe quel terrain, dans des souterrains obscurs, parallèlement au travail des sauveteurs, et en dépit du bruit des engins de déblais (grues, marteaux-piqueurs, bulldozers). De plus, le Capson ne détecte pas les personnes décédées alors que le chien non seulement les repère, mais va marquer de manière différente selon que la victime sera décédée ou vivante, ce qui conditionne la rapidité d’intervention des équipes de sauvetage et de déblaiements. Les professionnels sont unanimes sur le fait que les chiens sont des auxiliaires indispensables à tout travail de recherche en décombres.
Comme pour tout travail qui associe un chien et un humain, une complicité très étroite est nécessaire entre le maître et son chien. Le conducteur doit parfaitement connaître son animal, savoir le lire lorsqu’il évolue sur les décombres, être sans cesse à l’affût de la moindre de ses réactions. De manière réciproque, le chien doit avoir une parfaite confiance en son maître afin d’aller partout où il lui est demandé, quelles que soient les difficultés du terrain. Un tel degré de complicité impose une longue préparation. Après une familiarisation et une éducation de base (dressage-obéissance, dextérité…), le travail s’oriente sur la recherche proprement dite. Dans ce domaine, les techniques varient selon les écoles et les pays. En général, le maître, puis une et enfin plusieurs personnes se cachent avec le jouet du chien, lequel constitue la motivation de ce dernier. Lorsque le chien retrouve les personnes « ensevelies », il marque la victime en aboyant et en grattant le sol ; l’attrait du jouet permet de développer ce marquage dans son intensité et sa précision, qualité essentielle d’un bon chien de décombres. Lorsque l’animal sera capable de détecter plusieurs victimes cachées à son insu, il sera breveté avec son maître selon des modalités encore propres à chaque pays. Le maître et le chien sont alors répertoriés à l’échelon national comme équipe de recherche et sauvetage en décombres, civile ou militaire professionnelle (cas des sapeurs-pompiers en France) ou bénévole.
Les chiens utilisés pour les décombres doivent avoir un excellent odorat, un caractère calme et sociable, être équilibrés, pleins d’énergie et de motivation pour le jeu. La sociabilité, tant envers l’être humain qu’envers ses congénères, est essentielle chez ce chien qui va devoir évoluer sur des zones de travail toujours très peuplées. Les races les plus utilisées sont les races bergères, en particulier les Bergers belges et allemands. Le petit Berger des Pyrénées, le Doberman, le Beauceron ou le Labrador ont également fait leurs preuves pour le travail de recherche en décombres. Fort de nombreuses preuves déjà données de son efficacité opérationnelle, et de par le nombre très important de vies humaines sauvées à travers le monde, le chien de recherche de victimes ensevelies sous décombres est devenu l’auxiliaire indispensable des équipes de secours lors de ce type de catastrophe. Son développement est constant, et de nombreux pays ont d’ores et déjà officiellement intégré son statut aux différents systèmes de sécurité civile.