Sachant que l'eau est fournie ad libitum, il est possible de définir la ration idéale du chat à l'entretien adulte, dont le but est de maintenir le poids de forme tout en garantissant une bonne appétence.
Protéines
Outre les aspects qualitatifs (besoin de taurine), le chat se distingue du chien par son besoin quantitatif plus élevé en protéines. Le besoin en protéines est exprimé par rapport à l'apport énergétique. Chez le chat, le besoin protéique est de l'ordre de 80 g de protéines pour 1 000 kcal d'énergie métabolisable.
Lipides
Outre l'apport énergétique, les lipides accroissent l'appétence de l'aliment. Plus l'aliment est riche en graisses, plus le chat en consomme, d'où un risque d'obésité.
On s'accorde aujourd'hui à penser qu'un taux de 10 % rapporté à la matière sèche est suffisant pour un chat adulte à l'entretien.
Insistons surtout sur la qualité des matières grasses qui doivent amener suffisamment d'acides gras essentiels (A.G.E. : acide arachidonique et acide linoléique).
La carence en A.G.E. entraîne retard de croissance, infertilité, chutes de poil, stéatose hépatique, troubles de la coagulation.
Cet objectif sera atteint par une combinaison judicieuse de graisses d'origine animale et végétale.
Glucides
L'apport en amidon ne semble pas indispensable au chat mais il constitue une source d'énergie moins risquée que les lipides parce que moins appétente, permettant donc de limiter le risque d'obésité.
Quant aux fibres, un apport modéré et combiné de fibres fermentescibles et non fermentescibles permet de tirer profit des qualités de chacune.
Minéraux et oligo-éléments
Les recommandations d'apport en macro éléments sont rapportées dans le tableau ci-après. Pour chaque élément une fourchette de tolérance est proposée, ainsi qu'une recommandation optimale.
Calcium et phosphore, essentiels à la croissance osseuse, doivent être présents dans un rapport Ca/ P compris entre 1 et 1,5.Le chat est très tolérant à l'excès de sel de cuisine (Na Cl), s'il dispose d'eau fraîche à volonté. Le besoin en potassium est augmenté lorsque le taux de protéines de la ration est élevé. La carence se traduit par des troubles de la croissance, une léthargie, une faiblesse musculaire...
Un apport minimal de magnésium est nécessaire. Retard de croissance, léthargie, convulsions, faiblesse musculaire sont décrits en cas de carence. Toutefois l'excès peut être tout aussi nocif. Si le pH urinaire est insuffisamment acide (pH>6,5), le magnésium accroît le risque de formation des calculs à phosphates ammoniaco-magnésiens ou "struvite".
Pour les oligo-éléments, les recommandations d'apport sont présentées dans le tableau suivant.
Vitamines
La vitamine A est tout aussi nocive en cas de carence qu'en cas d'excès. La carence se traduit par des troubles de la reproduction, un arrêt de la croissance, des troubles de la vision, des affections cutanées (hyperkératose), une baisse de l'immunité. A l'inverse, l'excès, spectaculaire chez les chats exclusivement nourris au foie se traduit, par une léthargie accompagnée de l'apparition d'une spondylose vertébrale ankylosante pouvant aller jusqu'à la soudure des corps vertébraux.
Le chat, qui ne fabrique pas lui-même sa vitamine D, doit la recevoir dans son alimentation. Un excès peut conduire à des calcifications ectopiques (rein, foie...).
La vitamine E a un rôle de mieux en mieux connu. Elle exerce un effet anti-radicaux libres (contre le vieillissement cellulaire), et renforce l'immunité. Sa carence se traduit par une coloration jaune orangée des graisses.
Les recommandations vitaminiques sont rapportées dans le tableau suivant.