Lors de la journée Eleveurs Félins organisée le 6 décembre dans le cadre du congrès de l'Association Française des Vétérinaires pour Animaux de Compagnie, en partenariat avec Royal Canin et Virbac, une conférence faisait le point sur les dernières avancées en matière d'insémination artificielle.
Dans leur pratique quotidienne, les membres de l’équipe* du CERCA de l’Ecole Vétérinaire d’Alfort dont les travaux étaient présentés par Emmanuel Fontaine observent une augmentation des demandes pour inséminer des chattes. L’insémination artificielle présente en effet des atouts énormes en matière de sélection. Très largement utilisée en reproduction canine, elle est quasiment inexistante en France en élevage félin. Aux Etats-Unis, au contraire, les éleveurs félins y ont régulièrement recours. L’insémination artificielle y est pratiquée par voie chirurgicale. La semence est déposée dans l’utérus de la chatte via une ouverture de l’abdomen. Cette technique invasive jugée agressive pas les éleveurs en France ne semble pas avoir d’avenir dans notre pays.
Si la méthode chirurgicale représente actuellement la meilleure option en termes de réussite, les travaux présentés ont permis de faire le point sur les autres méthodes.
Inséminer artificiellement revient donc schématiquement à provoquer les chaleurs de la chatte et à déposer la semence dans son vagin ou son utérus. Ce « dépôt » ne pose pas de problème pour le vagin dans lequel le chat saillit naturellement. Le col de l’utérus en revanche est très difficile à atteindre, l’accès étant large d’à peine un millimètre.
Concernant les femelles, il faut au préalable déterminer quand et comment déclencher l’ovulation. Trois possibilités : protocole lumineux, stimulation mécanique ou encore chimique, grâce à une hormone stimulant les follicules ovariens ; ce qui ne va pas sans difficultés concernant le dosage et donc les risques d’hyperstimulation ovarienne.
Concernant le mâle, comment le récolter et conserver sa semence ? Trois méthodes existent : prélèvement par vagin artificiel, électroéjaculation que l’on pratique par exemple sur les bovins et qui est toujours réalisée sous anesthésie générale ou encore récupération du sperme par sonde urétrale. Que le sperme soit ensuite réfrigéré ou congelé, la qualité recueillie est déterminante même si selon le procédé choisi les quantités sont très variables.
Les différents protocoles testés et exposés lors de cette conférence donnent des résultats qui sont autant d’avancées pour les travaux futurs. Cependant les plus encourageants semblent être du côté de l’insémination artificielle par voie intra utérine. La réalisation sous endoscopie pose toujours un problème de taille… celui de l’endoscope puisqu’il devra mesurer moins d’un millimètre de diamètre… En attendant, la voie chirurgicale s’impose.