Il s'agit d'une affection osseuse, encore appelée énostose, qui touche surtout les chiots de grandes races entre 3 et 12 mois. Le berger allemand représente 75 % des cas. Dans 2 cas sur 3, il s'agit d'un chiot mâle.
La panostéite se manifeste par une boîterie d'apparition brutale, mais difficile à localiser précisément : les membres antérieurs sont les plus souvent atteints, mais 1 fois sur 2, plusieurs membres sont touchés successivement. Les crises s'accompagnent de douleurs à la palpation des membres, et souvent aussi d'une poussée de fièvre avec élévation de la température corporelle.
La maladie évolue pendant 1 à 6 mois, avec des crises aiguës de quelques semaines, espacées par des périodes sans aucun signe apparent. L'évolution est généralement favorable, les crises s'espaçant de plus en plus.
Sur les radiographies des os longs, (l'humérus surtout), on observe une augmentation de la densité osseuse dans la zone centrale de l'os, la moelle. Des zones d'opacification apparaissent, sans contours nets. Elles peuvent s'étendre progressivement, et remplir la majeure partie de la cavité médullaire. La périphérie de l'os, la corticale osseuse, est parfois épaissie, à cause d'une réaction du cartilage protecteur de l'os, le périoste (cf schéma).
Ces signes apparaissent 10-15 jours après le début de l'apparition des signes cliniques. Après rémission des symptômes, les lésions s'atténuent avec l'âge. Les os atteints peuvent cependant rester légèrement déformés.
L'analyse sanguine ne révèle aucune modification biologique, si ce n'est parfois un pourcentage anormalement élevé de certains globules blancs, les éosinophiles (norme usuelle chez le chien : 2 à 6 %). Cette modification est cependant très inconstante, et surtout très peu spécifique de la panostéite.
On évoque des causes très variées : allergique, infectieuse, hormonale (hyperoestrogénisme), le stress... On n'explique pourtant pas encore l'origine exacte de l'apparition de la panostéite. Le fait que les chiots mâles de grandes races soient les plus affectés suggère un facteur génétique prédisposant. Dans certaines lignées de chiens souffrant d'une déficience en un facteur de la coagulation, on a remarqué que la panostéite pouvait être associée à l'hémophilie.
Une suralimentation énergétique (impliquant une croissance trop rapide), et l'excès de calcium dans l'alimentation des chiots seraient des facteurs favorisants.
Les symptômes disparaissant d'eux-mêmes, il n'y a pas de traitement spécifique. Chez les chiots sévèrement atteints, des anti-inflammatoires peuvent être prescrits pendant les crises pour limiter la douleur. A long terme, ces médicaments entraînent cependant un risque de déminéralisation osseuse et sont donc contre-indiqués au-delà de 10 à 15 jours. L'administration de vitamine C est inutile.
Il faut veiller à rationner les chiots et éviter toute supplémentation calcique. On doit également restreindre l'exercice physique chez les chiots atteints.
Dans la plupart des cas, la maladie évolue spontanément vers la guérison, en 6 à 18 mois maximum.
- BREE H. van - Panosteitis in the dog. Clinical, radiographical and haematological findings in 46 cases. Vlaams Diergeneeskundig Tijdschrift, 1980, 49: 5, 331-351.- CLAUSS S. - Contribution to panosteitis in dogs. In: Ein betrag zur panosteitis des Hundes (vet. thesis,Ludwig-Maximilians-Universitat, Munchen, Germany), 1991.
- GRONDALEN J. - Enostosis in 3 dogs suffering from hemophilia A. Can. Pract., 1991, 16: 1, 10-14.
- HOWARD V.C. - Diagnosis and management of panosteitis. Mississipi Vet. J., 1987, Summer, 11-12.