Parmi les causes d'insuffisance rénale aiguë, nous avons vu que l'obstruction des voies urinaires était fréquemment en cause. Les chats sont menacés par des troubles du bas appareil urinaire, réunis sous le nom de S.U.F. (syndrome urologique félin), dont les conséquences sont particulièrement graves chez les mâles en raison de leur anatomie.
Les aliments secs (croquettes) ont longtemps été tenus pour responsables de cette affection.
Dans les années 70, certains aliments pauvres en énergie, riches en magnésium et générateurs d'une urine à caractère basique ont en effet joué un rôle dans la formation de cristaux et l'accumulation de calculs constitués de phosphates ammoniaco-magnésiens (struvite). Ce sable irritant était la cause de la cystite dans les deux sexes et de l'obstruction urétrale chez le mâle, en raison de son urètre long, étroit et coudé .
Actuellement, les vétérinaires ont une vue plus globale de ce syndrome, désigné par le sigle A.B.A.Y. (affection du bas appareil urinaire). Ce terme regroupe des affections caractérisées par divers signes tels que miction fréquente ou douloureuse, ou présence de sang dans l'urine (hématurie). Le seul fait d'uriner hors de la litière peut constituer un signe d'alerte.
Les causes en sont multiples : infection bactérienne urinaire(rare), tumeur, défauts anatomiques, urolithiase ou cystite idiopathique.
L'urine du chat en bonne santé contient des cristaux en quantité variable (struvite, oxalate de calcium, etc.). Les sédiments urinaires ne sont pas induits par le régime alimentaire. Ils peuvent être révélés par le régime alimentaire. Les aliments pour chats sont désormais formulés pour réduire le risque de précipitation des minéraux à chaque étape de la vie de l'animal.
Si les aliments secs sont parfaitement adaptés pour satisfaire les exigences d'un chat en bonne santé, en revanche un sujet qui a déjà souffert de calculs devrait recevoir, afin de limiter les risques de récidive, une alimentation humide, ou sèche-réhydratée, de façon à augmenter son ingéré hydrique.
Dans plus de 60 % des cas, le malade souffre de cystite idiopathique. Celle-ci comporte des phases de rémission et d'autres de reprise des symptômes, et représente une grande proportion des causes de malpropreté dans l'espèce féline. Le stress, dont les causes peuvent trouver leur origine dans un problème relationnel avec le maître, dans un changement de nourriture, dans un problème d'environnement (claustration, surpopulation, bac à litière)... ou être lié à bien des raisons connues du chat et de lui seul, joue un rôle majeur dans le déclenchement de la cystite idiopathique.
Parfois, chez un chat mâle entier ou neutre, l'obstruction ne peut être levée en raison de l'accumulation de sable de granulométrie variable et de matières protéiques. L'urine, s'écoulant avec difficulté, ou même pas du tout, s'accumule dans la vessie. Le malade est prostré, il se tient ramassé sur lui-même et manifeste des signes d'intense douleur en raison de la distension de la vessie dont un choc, une palpation maladroite ou des soins trop tardifs peuvent provoquer la rupture. Les produits de déchets contenus dans l'urine sont résorbés par l'organisme, ce qui aboutit à un état d'intoxication urémique. La seule solution de ce problème est chirurgicale.