La richesse en calcium des aliments est un sujet qui préoccupe de nombreux éleveurs confrontés au rationnement de leurs chiennes en lactation ou de leurs chiots en croissance.
Dans ce domaine, trois données sont utiles à connaître en élevage.
La viande (muscle) est un ingrédient qui apporte très peu de calcium. Il faudrait en effet, pour couvrir les besoins calciques d'un berger allemand de 30 kilos, que celui-ci parvienne à consommer une ration exclusive d'environ 60 kilos de viande, ce qui est heureusement impossible car trop volumineux et déséquilibré...Une ration ménagère devra donc systématiquement être corrigée à l'aide d'un complément minéral adapté (apportant généralement deux fois plus de calcium que de phosphore).
A l'inverse, un apport excessif en calcium, habituellement lié à une supplémentation abusive en calcium d'une ration industrielle équilibrée, peut provoquer la mise au repos du système de régulation interne chargé de mobiliser le calcium à partir du squelette. Ce mécanisme risque alors de ne plus se "réveiller" lorsque les besoins calciques deviennent réellement importants (démarrage de la lactation). Ce phénomène est tenu pour responsable des crises d'éclampsie classiquement décrites chez des chiennes habituées à une "assistance calcique".
Un chien en bonne santé bénéficie cependant d'une fourchette de tolérance large lui permettant d'excréter le surplus calcique apporté par la ration ou, au contraire, de tirer le meilleur parti d'une ration faiblement dosée en calcium. Toutefois, cette sécurité est encore imparfaite chez le chiot qui, de ce fait, s'avère beaucoup plus sensible aux déséquilibres calciques tout au long de sa croissance.
Il existe plusieurs formes de sels calciques. A titre d'exemple, la craie (carbonate de calcium) apporte environ 40 % de calcium mais pas de Phosphore. La poudre d'os a un rapport phosphocalcique adapté à la croissance mais fournit également des protéines de faible valeur biologique. Les correcteurs minéraux du commerce de rapport Ca/P=2 apportent pour la plupart seulement 11% de calcium et 5,5% de phosphore très diversement assimilables. Le taux de calcium d'un aliment doit en effet être étudié en fonction du taux d'incorporation de vitamine D3 et d'autres minéraux interférant avec l'absorption calcique intestinale.
Ainsi, certains compléments du commerce, de par la faible disponibilité du calcium qu'ils contiennent, relèvent plus de la friandise que du correcteur minéral.
De nos jours, il devient exceptionnel de constater en élevage des déminéralisations osseuses qui étaient presque exclusivement liées à l'utilisation de rations ménagères non corrigées. A l'inverse, on rencontre plutôt maintenant des excès d'apports calciques avec des rations industrielles équilibrées que l'éleveur aura abusivement complémentées qui conduisent à des calcifications des tissus mous ou même à des carences en zinc dont l'absorption est alors perturbée par l'excès de calcium!
Retenons donc qu'il est vivement déconseillé, voire dangereux de rajouter un correcteur minéral à un aliment complet équilibré pour la croissance, surtout chez les chiots de grande race qui s'avèrent très sensibles aux excès calciques.