Le chien de garde : Utilisé pour la protection des installations militaires, l'emploi du chien de garde peut se faire selon différentes modalités : à l'attache, au poste fixe ou au trolley, en liberté dans un enclos ou un couloir.
En poste fixe : le chien est attaché à une chaîne de longueur inférieure à 4 mètres sur un passage obligé étroit ou pour la surveillance de couloirs ou d'abords d'une entrée.
Au trolley : le chien est attaché à une laisse qui coulisse sur un câble de longueur inférieure à 25-30 mètres. Il peut être fixé au sol ou en hauteur (maximum 2,50 mètres) à ses extrémités.
Le chien à l'attache présente un aboiement plus spontané qu'en liberté, et manifestera de ce fait plus rapidement toute présence qu'il aura détectée.
En enclos : le chien peut se trouver dans un local ou à l'extérieur d'une installation entourée d'une clôture simple, sur une surface inférieure à 2 500 m2.
En couloir : le chien se déplace dans un couloir formé par une double clôture de 2 mètres de haut espacée de 2,50 mètres. La longueur maximale ne doit pas dépasser 100 mètres.
L'avantage du chien en liberté réside en son intervention sur un grand champ d'action. La principale complication qu'il rencontre est liée à la surface qui lui est assignée : il est en effet difficile au chien de surveiller partout à la fois.
- de lui-même, il doit alerter par ses aboiements et intercepter un individu qui essaie de forcer le passage ou de pénétrer dans une zone interdite d'accès,
- sur ordre, il doit intercepter un individu qui ne répond pas aux sommations ou rechercher un individu qui s'est camouflé.
- interpréter les réactions de son chien, intervenir immédiatement à la moindre alerte et prévenir les équipes d'intervention,
- faire cesser l'agression du chien,
- envoyer son chien pour intercepter ou rechercher des individus.
Le chien d'éclairage : Le chien et son maître se trouvent en première position pour "éclairer" un terrain inconnu, l'objectif étant de détecter toute présence ennemie.
Différentes utilisations sont possibles en fonction du terrain, de la mission globale du groupe.
Mission statique : sans bouger, le chien doit pouvoir détecter tout déplacement de l'adversaire.
Mission dynamique, qui peut se présenter sous plusieurs formes :
- reconnaissance d'un axe ; le chien et son maître évoluent en tête d'un groupe et opèrent dans une direction précise. Sur ordre du conducteur, le chien, en liberté, fouille les abords de l'axe de marche à une distance variable du groupe en fonction du terrain. Il est ainsi capable de détecter tout adversaire jusqu'à une distance d'environ 50 mètres ;
- reconnaissance d'un point particulier ; le chien est envoyé, avec ou sans son maître, reconnaître une zone particulière se trouvant à une distance inférieure à 50 mètres s'il est seul ;
- reconnaissance d'une zone ; le chien quête en avant de part et d'autre de l'axe de marche d'un groupe, dans un rayon d'environ 50 mètres. Plusieurs équipes cynotechniques peuvent intervenir en fonction de la nature et de la surface de la zone qui est découpée en couloirs parallèles, délimités par des lignes caractéristiques.
Missions particulières :- renfort d'un bouclage ; grâce à son mordant et sa rapidité, le chien peut intercepter tout ennemi qui fuit, surtout en terrain accidenté et couvert ;
- réduction de sites souterrains ; le chien peut localiser la présence d'individus ou de matériels camouflés dans des grottes ou des galeries souterraines ;
- détection de matériels divers.
Le rôle de l'équipe cynotechnique s'arrête dès que l'ennemi est localisé et l'alerte, donnée. Le chien n'engagera le combat que si lui ou son maître sont pris à partie.
Guet et poste d'observation : Le chien a un rôle de détection statique dirigée contre un ennemi mobile. Utilisé en accompagnement pour se placer en poste d'observation ou en éclairage pour la protection d'un bivouac ou d'un P.C. opérationnel, le chien est capable de détecter la présence de tout individu jusqu'à 300-400 mètres.
Le pistage : Le pistage consiste à rechercher un ou plusieurs individus en fuite, l'objectif étant triple : découvrir de fait ces individus, découvrir tout objet ou matériel perdu ou caché sur le tracé de la piste ou à proximité et enfin indiquer la direction prise.
- présence d'indices exploitables laissés souvent malencontreusement par les individus en fuite (chaussure, morceau de vêtement déchiré...) ;
- présomption d'indices dans la zone où l'ennemi a été signalé (traces de pas...) ;
- recherche de départ de piste quand il est impossible d'indiquer au chien l'individu à poursuivre. Le chien doit partir en quête de gauche à droite pour trouver le départ de piste.
Le chien d'accompagnement : L'équipe cynotechnique constitue un renfort du dispositif de sécurité des bases militaires dont la mission est de fouiller une zone déterminée en suivant un itinéraire connu du chien et de son maître. Cette mission se fait souvent en ronde.
Le chien est soit en laisse, soit en liberté ; il doit signaler toute présence étrangère et neutraliser l'individu s'il tente de fuir.
Une mission particulière, le ratissage, est effectuée lorsque la présence d'un individu est suspectée. La zone peut alors être divisée en plusieurs secteurs pour faire travailler plusieurs chiens.
Le chien démineur : Le chien démineur est actuellement utilisé pour deux types de missions, consistant toujours à détecter les mines. Le chien doit :
- soit signaler les mines en les marquant par la position assise. La position couchée, qui refléterait mieux le positionnement exact de la mine (c'est-à-dire enterrée), est dangereuse pour le chien puisqu'il a tendance à avancer lorsqu'il se couche, alors qu'il est amené à reculer lorsqu'il s'assied ;
- soit signaler les mines en s'en éloignant. Un groupe de soldats peut ainsi se déplacer " sur les traces " du chien, tout en laissant les mines en place.
Dans tous les cas, le chien est tenu en laisse par l'intermédiaire d'un harnais qui lui laisse davantage de liberté de mouvement. Il doit, par ailleurs, progresser en ligne droite en conservant le nez au sol tout au long de sa recherche.
Deux façons de progresser sont possibles, elles sont toutes deux enseignées au chien :
- soit le conducteur marche derrière son chien,
- soit le conducteur marche sur route alors que le chien progresse latéralement sur un terrain à inspecter.
Le chien d'assaut
Ils sont surtout utilisés contre des forcenés qui se sont retranchés dans leur habitation ou des individus détenant des otages. Ils évitent ainsi les dangers que représente l'usage d'une arme à feu en présence d'une tierce personne.Le chien est sélectionné suivant ses qualités physiques athlétiques, psychiques (fort tempérament, courage) et une bonne capacité sensorielle. Lors des interventions, ils sont souvent amenés à travailler à deux, ce qui nécessite des entraînements précis.
Le chien de maintien de l'ordre : Ce sont des chiens employés pour contenir les foules et assurer le bon déroulement d'une manifestation, d'une procession... Ils peuvent être muselés ou non.
Différents pays l'utilisent de nos jours :
- en Allemagne, les brigades anti-manifestations sont dotées de Rottweilers ;
- aux États-Unis, utilisé très longtemps pour réprimer les manifestations de Noirs, le chien semble actuellement d'emploi plus modéré. Dans certains Etats, comme la Californie, une loi fédérale interdit même toute attaque mordante, le chien sera alors muselé ;
- en août 1988, des chiens ont été utilisés par les services anti-émeutes tchécoslovaques, lors des manifestations de commémoration du Printemps de Prague de 1968.