La fréquence des avalanches en saison froide met chaque jour la vie de plusieurs personnes en danger. L’hiver 1998/1999 en fut un exemple malheureux dans l’ensemble du massif alpin. De par leur olfaction très développée, les chiens s’avèrent être un outil précieux pour les équipes de secouristes. La formation d’équipe cynotechnique de recherche en avalanche est on ne peut plus d’actualité, et leur mise en œuvre primordiale.
La recherche en avalanche est une des rares disciplines de secourisme, avec les décombres, où les chiens sont exigés immédiatement. Son flair exceptionnel, sa rapidité et sa ténacité mettent le chien au premier plan. Il fait cependant partie d’un groupe qui compte des sondeurs et des pelleteurs. Les équipes travaillent simultanément, mais ce sont les chiens qui sont prioritaires sur la coulée.
L’utilisation du chien présente un avantage précieux : sa vitesse d’exécution. Le facteur temps est, bien sûr, essentiel pour le secourisme en montagne, et plus l’avalanche est explorée rapidement, meilleures sont les chances pour les secouristes de retrouver vivantes des personnes ensevelies. Le rôle du chien prend là toute son importance : à travail de qualité égale (voire supérieure), le chien explore plus rapidement le terrain ; ainsi, un sondage minutieux par 20 pisteurs demande 20 heures pour obtenir un résultat de 100 % alors que le chien, pour le même résultat de 100 %, travaille 2 heures sur une parcelle d’environ 1 hectare.
Les appareils émetteurs-récepteurs sont de plus en plus utilisés par les secouristes. La condition primordiale de leur utilisation est que la personne ensevelie en possède elle-même un ! Par ailleurs, plusieurs marques sont disponibles, avec leur propre fréquence. Avant de partir en montagne, chaque personne doit donc faire connaître la marque de son émetteur auprès des secouristes de sa région.
Évoluant en terrain accidenté, les conducteurs sont également des hommes rompus aux contraintes de la vie en haute montagne et maîtrisant parfaitement la pratique du ski tout terrain.
Comme pour toute équipe cynotechnique, le lien qui se crée entre le chien et son conducteur est primordial. Le chien doit faire totalement confiance à son maître pour la progression sur la coulée et lors de transports difficiles (hélitreuillage par exemple), et ce dernier doit parfaitement connaître son chien pour être capable d’interpréter la moindre de ses réactions.
L’apprentissage est progressif, mais varie selon les techniques utilisées. Les deux difficultés rencontrées par le chien lors d’une intervention (progression sur un terrain difficile et découverte d’une personne inconnue) sont enseignées de front. Le chien doit d’abord retrouver son maître qui a été caché sous ses yeux à une faible distance, la progression se faisant dans une tranchée creusée entre le chien et la cache. Le dressage continue et progresse de telle sorte que le chien soit capable de se déplacer sur une coulée d’une grande surface et de détecter la présence d’une personne qui lui est inconnue.
Deux races de chiens sont prépondérantes : le Berger belge Malinois et le Berger allemand. Elles représentent en fait les deux types de races utilisées dans toutes les disciplines de recherche, mais leur place est tout à fait justifiée. En effet, ces chiens sont de taille et de poids satisfaisants pour ne pas peiner dans la neige, et leur volonté de travail est toujours régulière. Ils possèdent un pelage épais à poils courts ou mi-longs qui ne retient pas la neige comme pourrait le faire un poil long. Il est aussi intéressant de voir que les chiens s’adaptent très facilement à leurs nouvelles conditions de vie : en quelques jours, leur pelage s’intensifie avec un développement important du sous-poil, les poils des espaces interdigités s’usent moins et forment ainsi des « raquettes » qui augmentent la surface portante des pattes, la peau des coussinets se durcit et résiste mieux à l’agression de la neige et des sels disposés sur la route lors d’enneigement. Seuls les yeux des chiens doivent être protégés des rayons ultraviolets : lors des entraînements ou de sorties prolongées au soleil, les maîtres utilisent un collyre protecteur permettant d’annuler leurs effets néfastes, les conjonctivites par exemple.
L’utilisation de chiens de recherche lors d’avalanches constitue un allié précieux contre le temps. Ils sont de ce fait en grand nombre dans les régions à risques et font partie intégrante des équipes de secourisme en montagne.
RECAPITULATIF DES AVALANCHES MORTELLES DEPUIS 1995