La cinétique et les effets pharmacologiques ou toxiques des médicaments chez le chien sont importants à connaître pour bien comprendre les modalités du contrôle anti-dopage et ses bases réglementaires. Il n'est certes pas de notre objet ici d'envisager une étude pharmacologique exhaustive du problème.
Absorption, distribution, biotransformations et élimination de chaque molécule pour l'espèce cible doivent être connues car elles conditionnent de manière non négligeable la pratique du contrôle antidopage (la pharmacocinétique permet d'apprécier la nature et la valeur des prélèvements à réaliser). D'autre part, les variations du devenir de la substance prohibée peuvent, sous l'influence de différents facteurs dans l'organisme, retentir sous les résultats d'un contrôle.
De la même manière, le temps de demi-vie doit permettre de mesurer la rémanence d'une substance ; on parle également de délai d'élimination (temps pendant lequel il est possible de déceler les produits dans les fluides corporels). Tobin préfère parler de "temps de détection", l'évaluation de ce dernier permettant de proposer des délais à respecter entre la fin du traitement et une épreuve.
Si elles apparaissent clairement codifiées et mises à disposition, dans leurs aspects spécifiques de l'angle de "dopage", chez le cheval, ces données n'ont pas encore été regroupées quant au chien.
Lors d'un contrôle antidopage, les prélèvements effectués doivent :- ne présenter aucun danger pour l'animal ;- être faciles à réaliser ;- respecter les données pharmacocinétiques spécifiques.
Salive : réalisé par le passé chez le cheval, espèce pour laquelle il a d'ailleurs été abandonné (trop faible volume recueilli), ce type de prélèvement apparaît peu réaliste chez le chien après effort, raison pour laquelle nous ne l'avons jamais envisagé.
Sang : le prélèvement de sang présente selon nous tous les avantages (tubes sous vide héparinés). Force est néanmoins de reconnaître que sur le terrain il faut un temps non négligeable pour faire admettre aux concurrents le prélèvement de sang : "enlever du sang" à l'animal revient pour certains à compromettre sa course du lendemain, ce que peut tout à fait réaliser un hématome ante-brachial (raison pour laquelle le prélèvement doit être effectué aseptiquement à la jugulaire, au calme et sans la moindre erreur). Pour ce qui concerne le sport de traîneau en Europe, le prélèvement sanguin est de règle et ne pose maintenant plus aucun problème.
Urine : le prélèvement d'urine doit se faire à la faveur d'une miction naturelle, sans avoir recours à un sondage ou à l'administration d'un diurétique. Mis au calme, le Lévrier de course urine fréquemment après effort, et le prélèvement paraît donc simple à réaliser à l'aide d'un récipient chimiquement propre. Il n'en va pas de même pour le chien de traîneau, auteur d'un effort d'endurance inducteur d'une plus ou moins forte déshydratation extracellulaire et donc d'une anurie transitoire post-effort. Dans ce cas, la pratique du prélèvement exige beaucoup de patience et de savoir-faire ; en course très longue distance, lors d'un prélèvement sur un point de contrôle, un sac plastique est placé autour du pénis ou de la vulve, maintenu en place par deux pinces "crocodiles" fixées sur la fourrure du chien. Inutile de préciser l'aspect "passionnant" de cette intervention, au demeurant beaucoup plus aisée pour les mâles !
De nombreux auteurs ont montré que plusieurs éléments pharmacocinétiques pouvaient influer sur la fiabilité des résultats obtenus.
Voie d'administration : pour des voies d'administrations différentes et pour un même médicament, les courbes d'évolution des concentrations sanguines en fonction du temps diffèrent.
Forme galénique : certaines formes pharmaceutiques retard sont, de par leurs excipients, susceptibles de ralentir la phase d'absorption d'un médicament, qui pourra alors être détecté plus longtemps dans les liquides biologiques.
Individu : la variation de réponse individuelle à l'administration d'un médicament ne doit pas être négligeable.
D'autres facteurs liés à l'animal, à la molécule médicamenteuse ou au mode d'administration, peuvent influencer la transformation métabolique du produit et par voie de conséquence les temps de détection.