Bien que tout l'organisme soit sollicité lors de l'exercice, certains systèmes limitent plus particulièrement l'intensité ou la durée de ce dernier : systèmes neuro-musculaire, cardio-vasculaire, respiratoire ou endocrinien. Leur importance relative varie selon le type d'activité physique pratiquée. Définir les exigences énergétiques de la pratique d'un sport revient à préciser quels processus énergétiques sont utilisés, à quel moment et à quelle intensité ils le sont, voire par quel muscle ou même quel type de fibres musculaires. Une approche optimale devrait donc être à la fois physiologique biomécanique et physiologique énergétique.
Au plan biomécanique, la médecine vétérinaire commence seulement à envisager l'étude du mouvement spécifique du chien grâce à son analyse cinématographique, ou des examens lourds et sophistiqués comme l'électromyographie.
Dans le domaine du traîneau, on commence à utiliser des jauges de contraintes positionnées entre le harnais du chien et la ligne de trait afin de mieux apprécier l'évolution du travail de stricte traction effectué par le chien. Les initiatives sont bonnes, mais force est de reconnaître que la recherche ne dispose d'aucun moyen pour réellement progresser dans ce domaine précis de la connaissance du chien de sport, a fortiori pour aider l'utilisateur ou le vétérinaire à disposer de moyens simples et peu coûteux d'appréciation !
Au plan énergétique, on commence par contre à mieux cerner les composantes physiologiques et biologiques des différents types d'efforts canins, grâce aux programmes de recherche développés en collaboration avec les centres de recherche de sociétés d'alimentation comme Royal Canin.
L'étape suivante consiste maintenant à définir des épreuves simples et standardisées d'appréciation :- de la puissance maximale anaérobie alactique ;- de la puissance maximale anaérobie lactique ;- de la puissance maximale aérobie (VO2 max).
Là encore, la connaissance progresse mais il faudra encore un peu de temps aux centres spécialisés (encore très peu nombreux dans les universités vétérinaires) pour "mettre sur le marché" des tests fiables et accessibles.
L'aptitude physique d'un chien repose sur deux groupes de facteurs fondamentaux : d'une part, l'aptitude énergétique, en particulier puissance et endurance de la "machine" canine, d'autre part l'aptitude biomécanique qui regroupe l'ensemble des qualités permettant d'exprimer cette potentialité énergétique. Chacun de ces groupes de facteurs est à l'origine d'une difficulté d'expression de l'aptitude physique. Un même individu présente non pas une, mais des aptitudes et il est indispensable, lorsque ce terme est utilisé, de définir l'exercice auquel il se rapporte.
À la question "le chien est-il apte physiquement ?", il est aujourd'hui possible de répondre ; à l'inverse, la question "peut-on prévoir ou estimer son niveau de performance au temps t ?" demeure sans réponse.
L'avenir devrait, sans nul doute, avec le développement du concept de médecine sportive canine, apporter et nous le souhaitons plus ample satisfaction à l'utilisateur.
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