Le premier lait, appelé colostrum, est sécrété par la mère les deux premiers jours suivant la mise bas. Il n'a ni l'aspect, ni la composition du lait classique. En effet, il est jaunâtre et translucide, à tel point qu'il pourrait aisément être confondu avec du pus.
Le colostrum est beaucoup plus riche en protéines que le lait : outre ses vertus nutritives, il permet de stimuler la première défécation des chiots et leur apporte 95 % des anticorps (immunoglobulines) nécessaires à leur protection contre les infections. La mère transmet ainsi passivement par ce biais sa "mémoire immunitaire" à ses chiots pour une période de cinq à sept semaines en attendant qu'ils soient à leur tour capables de se défendre activement contre les agressions infectieuses.
Les chiots seront capables d'absorber ces "défenses maternelles" pendant une période n'excédant pas 48 heures post-partum. Passé ce délai, ces anticorps seraient détruits par l'estomac avant leur absorption et perdraient donc toute leur efficacité. Ces chiots ne seraient alors protégés que par les anticorps ayant traversé la barrière placentaire pendant la gestation (pas plus de 5 %).
Le colostrum est remplacé en quelques jours par du lait dont la composition dépend de la taille de la race (les grandes races ont un lait plus riche en protéines), des aptitudes génétiques individuelles et de la mamelle concernée (les mamelles postérieures étant plus productives).
La lactation dure en moyenne six semaines après la mise bas avec un pic de production maximale vers trois semaines.
Dans les semaines qui suivent, la décroissance de la production lactée incite la mère à régurgiter des aliments pour complémenter les tétées des chiots qui commencent spontanément à s'intéresser à la gamelle maternelle. Cette période marque le début d'un sevrage progressif qui s'achèvera vers la sixième semaine avec un passage à l'aliment de croissance.
La quantité de lait produite par une chienne peut être appréciée en pesant régulièrement les chiots avant et après leurs tétées. Ces mesures ont permis d'établir une courbe de lactation en fonction des paramètres qui l'influencent directement (poids et format de la mère, nombre de chiots allaités) et de proposer une équation prédictive permettant d'estimer l'exportation laitière.
Ainsi, l'on peut estimer qu'une chienne Labrador de 32 kg allaitant huit chiots produira 2,4 fois son propre poids en lait pour élever sa portée !
Il est cependant très présomptueux de vouloir "enfermer" une production laitière dans une équation qui devrait, dans l'absolu, tenir compte également de paramètres comme la température en maternité, la consommation d'eau de la mère, son rang de portée et son niveau de stress pour ne citer que les principaux.
Cette équation permet cependant d'évaluer avec une précision relative la quantité de lait produite au pic de lactation à 4 % de la production totale. Cette même chienne produira donc environ trois litres de lait par jour à l'apogée de sa lactation, ce qui impose naturellement un ajustement nutritionnel considérable pour éviter qu'elle ne maigrisse trop au cours de cette période qui doit être considérée comme la plus éprouvante et la plus exigeante de son cycle sexuel.