Une attention particulière doit être portée au taux de vitamine A de l'alimentation maternelle, cette vitamine diffusant à travers la barrière placentaire et permettant ainsi une bonne protection des épithéliums chez le chiot dès sa naissance.
Pour cette raison, le taux d'incorporation de vitamine A peut avoisiner 10 000 UI/kg (soit le double du taux conseillé pour un aliment d'entretien). Il faut toutefois se méfier des excès (au-delà de quatre fois cette dose) qui sont susceptibles d'induire des fissures palatines, des déformations de la queue, des oreilles et du rachis, des momifications foetales et une mortalité néonatale, la période de susceptibilité maximale se situant entre le 17e et le 22e jour de gestation.
L'excès de vitamine D prédisposerait, quant à lui, à des calcifications des tissus mous, des sténoses des valvules cardiaques et une fermeture prématurée des fontanelles.Quant au calcium, une supplémentation excessive et précoce au cours de la gestation peut prédisposer aux éclampsies pré ou post-partum responsables respectivement de mise bas prématurée et d'écrasement accidentel des chiots.
En résumé, pour nourrir une chienne en gestation, il importe de retenir les éléments suivants :
l'augmentation d'environ 10 % par semaine des besoins alimentaires de la chienne à partir de la cinquième semaine de gestation impose le recours à une alimentation sèche (les rations ménagères ou en boîte renferment plus de 80 % d'eau et deviennent donc deux à trois fois plus "encombrantes" que les aliments secs dans un estomac à capacités réduites) ;
la densité énergétique de cet aliment devra être élevée (énergie métabolisable comprise entre 3 800 et 4 300 kcal/kg d'aliment en fonction de l'état d'embonpoint, de l'activité et du tempérament de la chienne) ainsi que sa digestibilité qui pourra être appréciée facilement par le volume et la consistance des selles obtenues ;
le taux protéique doit être revu à la hausse (entre 25 et 36 % de protéines/kg d'aliment en fonction du nombre de chiots attendus) car la "matière sèche" des chiots à la naissance est composée de 70 à 80 % de protéines ;
la minéralisation du squelette des foetus en fin de gestation nécessite une augmentation des apports en minéraux constitutifs du squelette (calcium et phosphore notamment). L'apport calcique doit être calculé en fonction de la densité énergétique de l'aliment qui détermine la quantité ingérée par la chienne. Il ne doit pas dépasser 4 grammes de calcium pour 1 000 kilocalories afin de limiter les risques de mise au repos des glandes parathyroïdes qui prédispose aux éclampsies (crises de tétanie) à la mise bas ou au cours de la lactation. Le taux de phosphore, quant à lui, est généralement calculé pour que le rapport phosphocalcique (Ca/P) reste compris entre 1,2 et 1,4, soit une proportion physiologique pour les constituants de l'os ;
le poids de la lice en fin de gestation ne doit pas dépasser 120 % de son poids d'entretien (110 % chez les races géantes, 130 % chez les races miniatures) pour diminuer les risques de difficultés à la mise bas par encombrement graisseux de la filière pelvienne.