À moins que la visite prénatale n'ait décelé des risques particuliers, il n'est généralement pas nécessaire d'intervenir pendant la mise bas.
Les premiers signes de la mise bas apparaissent en moyenne dans les 63 jours qui suivent la fécondation. Une gestation de 65 jours commence à devenir suspecte. À 70 jours, elle devient franchement anormale !
Les premières contractions concernent l'utérus et ne sont souvent décelables extérieurement qu'à la nervosité de la chienne qui observe souvent ses flancs et cherche généralement un coin tranquille pour s'isoler et préparer une litière confortable quand elle ne dispose pas déjà d'un nid de mise bas. L'anorexie (perte d'appétit) est banale pendant cette phase et va d'ailleurs parfois jusqu'au vomissement. Cette phase préparatoire dure en moyenne 6 à 12 heures mais peut aller jusqu'à 36 heures chez une primipare. Si le propriétaire est inquiet, il peut à ce stade apprécier la dilatation vaginale à l'aide d'un ou deux doigts gantés et profiter de cette manipulation pour déceler l'éventuelle présence et la position d'un chiot engagé.
L'engagement du premier chiot dans la filière pelvienne provoque des contractions visibles de la musculature abdominale (réflexe de Ferguson) qui viennent compléter les efforts expulsifs de l'utérus et doivent aboutir dans un délai inférieur à trois heures à la rupture de la première poche des eaux (allantoïde). La deuxième poche des eaux (ou poche amniotique) renfermant le chiot peut alors apparaître à la vulve (douze heures maximum après la perte des eaux). Si la membrane amniotique n'a pas été déchirée au passage, la mère s'en charge généralement dans la minute qui suit l'expulsion, sectionne le cordon ombilical et lèche le thorax du nouveau-né, ce qui stimule ses premiers mouvements respiratoires. Il n'est nécessaire d'intervenir à ce stade que lors de présentations postérieures (environ 40 % des présentations qui sont plus longues à expulser) en aidant la mère par de légères tractions synchrones aux contractions abdominales, ou si le chiot reste inerte malgré les stimulations maternelles. Il faut alors vérifier l'absence d'obstruction des voies aériennes supérieures (fréquente lors de présentations postérieures), les dégager éventuellement à l'aide d'une poire à lavement ou par des mouvements centrifuges qui favorisent également l'afflux de sang au cerveau. Si ces manoeuvres s'avèrent inefficaces, le recours à l'eau froide ou aux stimulants respiratoires devient nécessaire.Chaque chiot est généralement suivi dans les quinze minutes de ses annexes (sauf lors de contractions intenses) qui sont le plus souvent ingérées par la mère. Les expulsions des chiots suivants se succèdent alors à des intervalles de quelques minutes à une demi-heure. Un délai supérieur à deux heures entre deux expulsions témoigne cependant d'une anomalie telle qu'une inertie utérine primaire (liée à une fatigue, une hypoglycémie ou une hypocalcémie) ou secondaire à un obstacle (présentation transversale, engagement simultané de deux foetus, encombrement de la filière pelvienne). Une intervention médicale ou chirurgicale s'avère alors nécessaire.