Outre l'estimation du moment de l'ovulation, les frottis vaginaux ont de multiples indications.
Après une fugue de la chienne ou en cas de suspicion de mésalliance à travers un grillage, le vétérinaire peut rechercher la persistance éventuelle de spermatozoïdes (jusqu'à six heures après le coït). Il peut également estimer les risques de fécondation en fonction du stade du cycle sexuel observé. À titre d'exemple, si la chienne se trouve alors en anoestrus, en début de pro-oestrus ou en post-oestrus, ceux-ci sont minimes et en tout cas moins importants que les risques liés à un avortement médical précoce de convenance.
Ils autorisent également à pratiquer pendant la période d'anoestrus certains traitements qui sont contre-indiqués pendant les périodes d'activité sexuelle tels que la plupart des thérapies hormonales.
Enfin, ils participent avec les dosages hormonaux au diagnostic de certaines causes d'infertilité (chaleurs silencieuses ou anovulatoires, persistance d'un corps jaune sécrétant, infection vaginale, etc.).
Par leurs indications, leur facilité d'exécution, leur rapidité et leur faible coût, les frottis vaginaux rendent donc de grands services en reproduction canine. Cependant, dans certains cas, lorsque l'interprétation d'un frottis reste douteuse ou non conforme à la clinique, ou encore si l'enjeu d'un déplacement ou d'une insémination est important, le propriétaire pourra compléter cette analyse à l'aide d'un outil plus précis, le dosage de la progestérone sanguine.
Le dosage de la progestérone sanguine (témoin de la ponte ovulaire) : autour de la période d'ovulation de la chienne, la concentration de progestérone dans le plasma s'élève normalement en quelques jours (cinq en moyenne) de son taux de base (moins de 2 nanogrammes/ml) à plus de 40 ng/mI. Cette élévation peut être plus ou moins rapide d'une chienne à l'autre et, pour une même chienne, d'un cycle à l'autre. Si l'on se souvient que 80 % des chiennes coulent vers le 12e jour de leurs chaleurs, on en déduit qu'il n'est pas rare d'observer des ovulations plus précoces ou plus tardives, notamment chez certaines races prédisposées (Dobermann, Berger allemand).On considère classiquement que l'ovulation a eu lieu lorsque le taux de progestérone dépasse les 15 ng/ml (attention cependant aux variations liées aux méthodes de dosage dans les différents laboratoires) et par conséquent, que la saillie ou l'insémination doit avoir lieu dans les 48 heures en tenant compte du temps de maturation des ovocytes et du doublement de la saillie deux jours après la première.
Ce témoin assez précis de la ponte ovulaire permet d'augmenter non seulement le taux de réussite des saillies et des inséminations mais aussi la prolificité. En effet, les portées de faible effectif, trop souvent mises sur le compte de l'âge de la chienne ou d'une ponte ovocytaire insuffisante, sont parfois simplement liées au mauvais choix de la date de saillie.
L'utilisation conjointe et judicieuse des frottis vaginaux et des dosages de progestérone, en respectant un protocole précis, permet donc un suivi des chaleurs très satisfaisant et économiquement rentable : augmentation de la fertilité, de la prolificité, réduction des déplacements inutiles pour des saillies improductives...