Contrairement à la gestation, la lactation provoque un accroissement considérable des exigences nutritionnelles de la mère tenant à l'exceptionnelle richesse du lait (calcium, énergie, protéines) qu'elle distribue à sa portée (de 1 200 à 1 500 kcal par kg de lait en fonction de la race et du jour de lactation).
En effet, si l'on retient une valeur énergétique moyenne de 1 350 kcal/kg de lait et un rendement de 80 %, l'augmentation des besoins énergétiques de la chienne précédente peut être estimée à 3 x 1 350/0,8 = 5 000 kilocalories supplémentaires par jour au pic de lactation.
L'objectif prioritaire au cours de cette période est de fournir à la mère une alimentation qualitativement et quantitativement satisfaisante pour qu'elle puisse couvrir les besoins de croissance de sa portée sans s'affaiblir elle-même. Pour cela, il importe de contrôler l'adéquation entre l'offre (la lactation) et la demande (le développement des chiots).
Dans certains cas, chez les races très prolifiques comme le Setter irlandais, il deviendra très difficile d'équilibrer les entrées et les sorties qui peuvent représenter jusqu'à quatre fois les besoins alimentaires d'entretien !
Au cours de la lactation, il importe de fournir à la lice un aliment très appétent, dont la densité énergétique élevée lui permettra de couvrir ses besoins énergétiques sans représenter un volume indigeste ; on imagine mal en effet une chienne habituée à consommer 1 kg de ration ménagère à l'entretien devoir ingérer 4 kg de cette même ration en période d'allaitement.
Pour y parvenir, un aliment hyperdigestible apportant au minimum 30 % de protéines, 25 % de matières grasses (par rapport à la matière sèche) et environ 4 500 kcal./kg convient parfaitement à la plupart des chiennes allaitantes. Il est également conseillé de laisser cet aliment en libre-service pendant la lactation à condition qu'il ne présente pas de risques d'altération ou de pollution par les excréments.
Profil nutritionnel d'un aliment destiné à une chienne en lactation (par rapport à la matière sèche) :
Protéines 30 à 35 % - Matières grasses 20 à 30 % - Cellulose brute 1 à 2 % - Calcium 1,5 à 2 % - Phosphore 0,9 à 1 % - Vitamine A 10 000 UI/kg - Énergie 4 200 à 5 000 kcal./kg - Rapport protéines/énergie 75 à 85 g/1 000 kcal.
En résumé, le choix d'un aliment "lactation" doit tenir compte des critères suivants :
l'appétibilité de la ration : dépendant notamment de la qualité et de la quantité des matières grasses et des protéines d'origine animale,
sa haute digestibilité qui permet une bonne assimilation de la ration en un volume raisonnable (absence de ballonnements abdominaux après les repas, selles réduites et moulées),
sa valeur énergétique élevée qui oriente le choix vers une alimentation sèche,
la qualité et la quantité des protéines indispensables pour le développement squelettique et musculaire des chiots,
des niveaux de calcium, de magnésium et de vitamine D suffisants, pour limiter les risques d'éclampsie (crises convulsives pendant la lactation), notamment chez les petites chiennes à portée nombreuse.
La croissance harmonieuse de la portée représente naturellement une source d'information indirecte sur la qualité de la lactation et donc sur la santé de la mère.
Retenons que c'est essentiellement l'équilibre de la formulation qu'il faudra rechercher car l'adjonction de tout correcteur à une ration, pour compenser un éventuel déficit, risque de perturber simultanément l'absorption des autres constituants. Les carences en zinc consécutives à une adjonction inconsidérée de calcium ou les tétanies de lactation liées à des supplémentations calciques anarchiques restent les exemples les plus fréquents dans ce domaine en élevage canin.
Quelles que soient les quantités d'aliment distribuées, la perte de poids de la lice par rapport à son "poids de forme" ne doit pas excéder 10 % après un mois de lactation. Cet amaigrissement, souvent inéluctable, devra être récupéré dans le mois qui suit le sevrage des chiots.