Ces anomalies peuvent être :- liées à une absence ou un retard de développement des ovocytes au sein de l'ovaire (trouble de la maturation des ovocytes). Elles se traduisent alors par une absence de chaleurs, des chaleurs discrètes ou irrégulières ;- dues à un blocage de la ponte ovocytaire se traduisant parfois par de la nymphomanie (chaleurs permanentes ou rallongées) ;- provoquées par un épisode infectieux (herpès virose notamment) ou, plus rarement, par une insuffisance alimentaire (rancissement des graisses, absence de conservateurs, manque de phosphore) ;- liées à la persistance du corps jaune précédent qui continue à sécréter de la progestérone inhibant ainsi le développement des follicules suivants (phénomène rare chez la chienne) ;- consécutives à des traitements hormonaux (anabolisants, progestagènes...) ou à un entraînement sportif excessif (excès de sécrétion d'hormones mâles chez les chiens de compétition sportive) ;- la conséquence d'un dysfonctionnement hormonal (troubles thyroïdiens, surrénaliens, obésité...).
L'origine de tous ces troubles étant essentiellement hormonale dans l'espèce canine, le vétérinaire devra souvent compléter son diagnostic par des dosages hormonaux. Il est évident que le traitement de ces troubles de la fertilité dépend de leur origine. A titre d'exemple, on ne traitera pas de manière identique un impubérisme (absence de puberté) et une imprégnation androgénique bien que les problèmes à résoudre soient identiques à la base (absence de maturation folliculaire).
A titre d'exemple, les hyperoestradiolémies (Oestradiol > 300 pg/l) qui se traduisent par des manifestations comportementales de nymphomanie chez la chienne, rendent souvent impossible l'ovulation. Cette affection se traite aux anti-oestroènes dans l'espèce humaine.
Les traitements font appel à des hormones, soit pour stimuler les glandes déficientes, soit pour remplacer les hormones insuffisantes. Le vétérinaire doit donc toujours les utiliser avec prudence, leur administration risquant de provoquer la mise au repos temporaire ou définitive des glandes responsables de leur production naturelle. A titre d'exemple, l'emploi de progestatifs chez une chienne impubère pour retarder l'apparition de ses premières chaleurs et provoquer par la suite, un retard de croissance et un blocage transitoire ou complet de ses cycles.
Nous retiendrons donc qu'il est impératif de s'abstenir de tout usage préventif ou curatif des hormones sans certitude d'un diagnostic précis de la cause de l'infertilité et de n'y avoir recours qu'après avoir échoué avec les autres possibilités de traitement.
La plupart des échecs de la fécondation sont dus à un mauvais choix de la date de saillie ou d'insémination. Après exclusion de cette cause, le vétérinaire doit rechercher les éventuels obstacles à la rencontre des gamètes. Une infection vaginale, utérine, urinaire ou même prostatique peut provoquer la destruction des spermatozoïdes ou perturber leur cheminement avant la fécondation. De même, une obstruction des oviductes ("trompes") consécutive à une salpingite par exemple peut empêcher la progression des ovules.
Une fois les ovules fécondés, les oeufs subissent plusieurs divisions mais restent libres pendant une quinzaine de jours dans les cornes utérines avant de s'implanter dans la muqueuse utérine. Celle-ci doit être prête à les recevoir pour permettre la formation des placentas et donc l'apport nutritif nécessaire au développement des embryons. De nombreux obstacles (infection, hyperplasie glandulo-kystique, etc.) peuvent à nouveau entraver le déroulement de cette étape.
De même, l'utérus des chiennes qui ont des chaleurs trop rapprochées ne dispose pas d'un temps suffisant pour involuer et n'est donc pas apte à recevoir les embryons. Un traitement progestatif permet alors d'imposer à l'utérus de ces chiennes un repos compensateur nécessaire à sa maturation.
Certaines carences alimentaires (vitamines A et E) interviendraient à cette étape mais provoquent généralement au préalable des symptômes apparents de malnutrition.