Cette période nous a légué un os sculpté en forme de profil de chat (Pyrénées-Atlantiques) et une peinture rupestre découverte en Dordogne (Gabillou) représentant, semble-t-il, la tête d'un chat
C'est l'Égypte qui nous a offert la première iconographie abondante.
Outre les représentations sacrées, le chat apparaît dans ce que l'on nomme les "ostraca", petits morceaux de poterie, ancêtres du carnet de notes où l'Égyptien inscrivait ses pensées, ses notes et ses dessins. Ce support permet la caricature du chat, souvent dessiné dans une attitude humaine : meneurs de troupeaux d'oies ou servant une souris. Certains voient en ces poteries l'origine des fables animales. Pour l'Égyptien, la nature était mystique. Le chat, à ce titre, a largement trouvé sa place dans les amulettes, qui ont valeur à la fois mystique et esthétique. Pendant longtemps, le thème du " chat sous la chaise " restera l'archétype du bas-relief (sexuel lorsque la chaise appartient à une femme).
Un papyrus daté de 3200 av. J.-C., appartenant au Livre des morts, décrit le chat tuant l'ennemi du Soleil (Râ), le dragon-serpent des ténèbres Apopis. Généralement, le félin est représenté maintenant Apopis d'un antérieur et brandissant de l'autre le couteau avec lequel il va trancher la tête de sa victime. Cette scène symbolise le Soleil anéantissant la Nuit et permettant au cycle solaire de se renouveler.
Durant le Nouvel Empire (1560-1080 av. J.-C.), les peintres exploitent le thème des chats dans les tombes royales. Le British Museum en détient un exemple : celui de la tombe de Nebamum, où le chat est utilisé tel un chien d'arrêt pour la chasse aux oiseaux. Un autre exemple a été identifié dans la Vallée des Rois, sur la tombe du scribe Nakht, où ce félin figure tapi sous une table, mangeant du poisson.
A la fin du second millénaire av. J.-C., dans la cité de Bubastis, le dieu principal fut la déesse Bastet, symbole de la fécondité et protectrice de la famille et des récoltes. Après avoir été représentée en femme-lionne, elle devint femme-chatte ou chatte (comme d'autres déesses léonines qui prirent par intermittence l'apparence du chat : Pakhet, Nout...). De symbole solaire, le chat devint symbole lunaire, et gouverna donc la féminité.
Parmi le peu de représentations du chat dans le monde gréco-romain, signalons la fameuse mosaïque de Pompéi où ce félin saisit un canard ou, encore, le bas-relief du Ve siècle avant notre ère, où il fait face à un chien. En ce qui concerne la sculpture, la stèle funéraire grecque présentée au musée d'Archéo-logie d'Athènes figure deux jeunes grecs s'amusant de l'antipathie du chien envers le chat. Datant de l'époque gallo-romaine, la stèle trouvée à Alise-Sainte-Reine, en Côte-d'Or, montre un jeune homme tenant un chat. Le musée de Bordeaux possède un tombeau sur lequel sont sculptés une jeune fille, son chat et un coq. Datant de l'époque médiévale, la cathédrale de Saint-Pierre possède un chat piégeant une souris sur la stalle du choeur.
Le Moyen Âge a peu représenté le chat victime de sa mauvaise réputation. Exceptions faites du chat Tibert, en référence au Roman de Renart, dans la cathédrale de Strasbourg, de la sculpture en chasseur de rats de Saint-Germain-l'Auxerrois, à Paris, et de la peinture d'un chat domestique aux pieds de ses maîtres, dans le Mois de février des Très Riches Heures du duc de Berry de Pol de Limbourg.
En revanche, d'innombrables représentations picturales, souvent postérieures, attestent du lien établi par l'Église entre le chat et la sorcellerie. Par exemple, la lithographie d'Hans Thoma, la Sorcière (1870), la gravure sur bois du même nom d'Hermann Vogel (1890) et le Départ pour le sabbat de Queverdo.
Avant le XVe siècle, le chat est rarement représenté et de façon anecdotique dans la peinture : "Le Sacrifice d'Abraham" (1468-1484) de Benozzo Gozzoli, "Ésaü cédant son droit d'aînesse à Jacob" de Michel Corneille ou Luca Giordano.
Jan de Beer (1475-1518) le fait figurer dans son "Annonciation de la Vierge", mais il n'apparaît quasiment pas dans la sculpture.
Au début du XVIe siècle, quelques toiles abordent le thème du chat au fur et à mesure de sa réhabilitation. Albrecht Dürer, dans son Adam et Ève (1504), le dépeint pacifique et doux, par opposition au serpent. Dans cette peinture, le félin ignore les présences du chien et de la souris, la faute humaine n'ayant pas encore brisé l'harmonie terrestre. Cette représentation du chat qui sommeille aux pieds du couple est devenue presque classique, surtout auprès des artistes flamands tels que Franz Pourbus dit l'Aîné (1570) et Pietr Jansz Seanredam (1797).
Dans ces trois peintures, le chat est représenté comme un animal parmi d'autres, pour rappeler qu'Adam avait pour charge de les nommer.
Quant à Léonard de Vinci, il l'a maintes fois amoureusement représenté dans différentes attitudes réalistes.
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