La réalisation du frottis vaginal : après avoir examiné le gonflement vulvaire et pincé la commissure vulvaire vers le bas, l'écouvillon est introduit verticalement le long de la paroi caudale du vagin de façon à éviter de buter dans la fosse clitoridienne. Une fois le plafond du vagin atteint, l'écouvillon est pivoté en position horizontale et enfoncé le plus loin possible sans forcer. Par des mouvements circulaires, les sécrétions et les cellules exfoliées sont alors récoltées autour du col de l'utérus.
L'aspect de l'écouvillon est habituellement rouge en début de chaleurs, rosé à incolore en fin de pro-oestrus, purulent en cas d'infection vaginale ou utérine.
L'extrémité de l'écouvillon est roulée délicatement sur une lame préalablement dégraissée sans repasser deux fois sur le même trajet pour éviter de créer des amas de cellules.
Le prélèvement est alors fixé à l'aide d'un cytofixateur pour le porter chez le vétérinaire ou coloré en vue d'un examen immédiat.
L'interprétation du frottis : outre l'estimation du moment de l'ovulation, les frottis vaginaux ont de multiples indications. Après une fugue de la chienne ou en cas de suspicion de mésalliance à travers un grillage, le vétérinaire peut rechercher la persistance éventuelle de spermatozoïdes (jusqu'à six heures après le coït). Il peut également estimer les risques de fécondation en fonction du stade du cycle sexuel observé. À titre d'exemple, si la chienne se trouve alors en anoestrus, en début de pro-oestrus ou en post-oestrus, ceux-ci sont minimes et en tout cas moins importants que les risques liés à un avortement médical précoce de convenance.
Ils autorisent également à pratiquer pendant la période d'anoestrus certains traitements qui sont contre-indiqués pendant les périodes d'activité sexuelle tels que la plupart des thérapies hormonales.
Enfin, ils participent avec les dosages hormonaux au diagnostic de certaines causes d'infertilité (chaleurs silencieuses ou anovulatoires, persistance d'un corps jaune sécrétant, infection vaginale, etc.).
Par leurs indications, leur facilité d'exécution, leur rapidité et leur faible coût, les frottis vaginaux rendent donc de grands services en reproduction canine. Cependant, dans certains cas, lorsque l'interprétation d'un frottis reste douteuse ou non conforme à la clinique, ou encore si l'enjeu d'un déplacement ou d'une insémination est important, le propriétaire pourra compléter cette analyse à l'aide d'un outil plus précis, le dosage de la progestérone sanguine.
l Le dosage de la progestérone sanguine (témoin de la ponte ovulaire) : autour de la période d'ovulation de la chienne, la concentration de progestérone dans le plasma s'élève normalement en quelques jours (cinq en moyenne) de son taux de base (moins de 2 nanogrammes/ml) à plus de 40 ng/mI. Cette élévation peut être plus ou moins rapide d'une chienne à l'autre et, pour une même chienne, d'un cycle à l'autre. Si l'on se souvient que 80 % des chiennes coulent vers le 12e jour de leurs chaleurs, on en déduit qu'il n'est pas rare d'observer des ovulations plus précoces ou plus tardives, notamment chez certaines races prédisposées (Dobermann, Berger allemand).On considère classiquement que l'ovulation a eu lieu lorsque le taux de progestérone dépasse les 15 ng/ml (attention cependant aux variations liées aux méthodes de dosage dans les différents laboratoires) et par conséquent, que la saillie ou l'insémination doit avoir lieu dans les 48 heures en tenant compte du temps de maturation des ovocytes et du doublement de la saillie deux jours après la première.
Ce témoin assez précis de la ponte ovulaire permet d'augmenter non seulement le taux de réussite des saillies et des inséminations mais aussi la prolificité. En effet, les portées de faible effectif, trop souvent mises sur le compte de l'âge de la chienne ou d'une ponte ovocytaire insuffisante, sont parfois simplement liées au mauvais choix de la date de saillie.
L'utilisation conjointe et judicieuse des frottis vaginaux et des dosages de progestérone, en respectant un protocole précis, permet donc un suivi des chaleurs très satisfaisant et économiquement rentable : augmentation de la fertilité, de la prolificité, réduction des déplacements inutiles pour des saillies improductives...
Diagnostic d'une infertilité femelle : avant de traiter une infertilité chez une chienne, il est naturellement nécessaire d'en discerner très précisément l'origine. À titre d'exemple, un suivi régulier de la progestéronémie d'une chienne infertile pourra permettre, conjointement à d'autres dosages hormonaux et aux résultats de l'examen clinique, de faire la distinction entre un cycle anovulatoire, une résorption embryonnaire liée à une involution du corps jaune, un impubérisme, une imprégnation androgénique dont les traitements peuvent être radicalement différents.
Recherche de l'opportunité d'une césarienne : la plupart des races à chanfrein "écrasé" (dites brachycéphales) comme les Bull-Dogs ou les Carlins présentent des difficultés à la mise bas (dystocies) qui conduisent souvent le vétérinaire à pratiquer une césarienne. Si celle-ci est pratiquée trop tôt, les chiots sont prématurés et meurent habituellement quelques heures après la naissance d'une insuffisance respiratoire. Effectuée trop tard, la souffrance foetale liée à l'attente des chiots dans la filière pelvienne conduit à une anoxie cérébrale. La viabilité des foetus dans l'espèce canine est en fait conditionnée par la mise en place tardive d'un surfactant pulmonaire qui détermine à la naissance les capacités respiratoires des chiots. Cette maturation pulmonaire est justement concomitante de la chute du taux de progestérone qui survient dans les jours précédant la date idéale de mise bas. Le vétérinaire dispose ainsi, par le simple dosage de la progestérone sanguine chez la mère, d'un outil précieux pour déterminer avec exactitude si les chiots sont prêts à survivre à une césarienne. Cette technique a considérablement augmenté le taux de survie des chiots nés par césarienne, particulièrement chez la race Bull-Dog qui compte plus de 90 % de naissances par césarienne !
Dosage de l'hormone lutéinisante (LH) : la LH (hormone lutéinisante, capable de transformer la gangue nourricière de l'ovocyte en corps jaune sécrétant la progestérone) est l'hormone sécrétée par l'hypophyse qui déclenche l'ovulation. La détermination du pic de sécrétion de cette substance met donc en évidence précocement la ponte ovulaire elle-même et non plus ses conséquences (élévation de la progestéronémie). Hormis quelques indications précises dans le diagnostic d'une infertilité, ce dosage n'est pas encore utilisé en routine par les vétérinaires.
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