À nombre de foetus égal, la gestation s'avère beaucoup plus éprouvante pour une chienne de petite race que pour une chienne de grande race. Il suffit, pour s'en convaincre, de comparer le poids de naissance d'un chiot à celui de sa mère. Ce rapport est quatre fois plus élevé dans la race Yorkshire que dans la race Saint-Bernard !
Le poids d'un nouveau-né est un bon indicateur des échanges foeto-maternels au cours de la gestation. Ainsi, dans l'espèce humaine, les retards de croissance intra-utérins du nourrisson sont essentiellement reliés à des causes maternelles comme l'hypertension ou la malnutrition.
De même, une étude menée sur 1 848 porcelets à la station porcine de Guernévez (Caugant et Guéblez, 1993) a montré que la viabilité des porcelets avant sevrage est significativement reliée à leur poids de naissance.
Dans l'espèce canine, les observations sont comparables et les chiots atteints d'un retard de croissance (toutes causes confondues) sont même souvent délaissés par leur mère.
Le rationnement alimentaire de la chienne gestante consistera à adapter qualitativement et quantitativement la ration maternelle aux besoins physiologiques de la gestation qui sont eux-mêmes estimés à partir du nombre de chiots portés et de leur gain de poids quotidien.
Alimentation et infertilité
Si l'alimentation agit peu sur la fécondité, la prolificité et sur le début de la gestation chez la chienne, elle devient un facteur prépondérant de la santé des chiots en fin de gestation et, surtout, par la suite, lors de la lactation.
Ainsi, dans l'espèce canine, aucune carence nutritionnelle n'a pu être directement incriminée lors d'infertilité chez une chienne en bonne santé apparente.
La technique du "flushing", qui consiste à augmenter les apports alimentaires énergétiques d'une femelle pendant la période pré-ovulatoire pour stimuler la ponte des ovocytes, est une méthode très répandue chez les animaux de rente (ovins, bovins) mais dont l'efficacité n'a encore jamais été prouvée dans l'espèce canine.
Il est cependant conseillé, au cours de cette période, d'adapter les apports alimentaires aux modifications hormonales qui caractérisent ce stade du cycle sexuel (cholestérol, iode, vitamine A, vitamine E, zinc...). Les aliments industriels en sont généralement bien pourvus.
En revanche, il n'est pas rare d'observer des troubles de la fertilité chez des chiennes visiblement trop maigres ou, à l'inverse, trop grasses. Dans ces cas, il importe de profiter de la période d'anoestrus pour ajuster les apports alimentaires et permettre ainsi à la chienne de retrouver son poids de forme avant sa mise à la reproduction. En pratique, on suralimentera d'environ 10 % une chienne trop maigre dans le mois qui précède l'oestrus et on restreindra de 10 % les apports alimentaires dans le cas inverse en agissant sur la teneur énergétique (valeur calorique) de l'aliment.