Le livre des poèmes thaïlandais du 14ème siècle décrit déjà des chats à robe mink, à robe sépia et à robe colorpoint ; ces trois « patrons » partiellement albinos- à ne pas confondre avec « couleur » - existent encore chez le tonkinois actuel.
Au 18ème siècle parmi les chats importés d’Asie, on ne trouvait pas seulement des chats colorpoints (aux yeux bleus, avec un grand contraste de couleur entre les points et le corps), mais également des « Siamois Dorés », c’est-à-dire des chats avec un peu moins de contraste et aux yeux lagons (bleu vert) ; appelés mink, ce motif est le patron le plus connu du Tonkinois. Il est malheureusement souvent confondu avec la race elle-même.
Parmi ces premières importations, il y avait aussi des chats un peu plus foncés, avec peu de contraste et aux yeux verts. Ce patron « sépia », autre variété du Tonkinois, est souvent confondu avec la race du Burmese, dont les représentants sont tous sépia (sauf en Australie où il existe aussi des Burmese avec des couleurs solides.) Pour créer la race de Siamois il a fallu isoler le gène colorpoint. Ce travail de sélection avait certainement déjà commencé en Asie. A partir d’un chat mink importé d’Asie (Wong Mau) et de sa descendante, une deuxième race fut fixée dans les années 30, la race Burmese. Sans doute y a-t-il eu plusieurs autres mariages en même temps, dans le but d’isoler le gène sépia. Puisque Wong Mau était une chatte à la robe Tonkinoise, on peut donc dire par conséquent que le Burmese descend du Tonkinois.
En même temps, la race tonkinoise est souvent décrite comme issu d’un croisement Burmese/Siamois. Ce qui semble contradictoire et peut s’expliquer ainsi :en remariant des chats sépia avec des chats colorpoint, les éleveurs ont de nouveau obtenu des chats à patron mink. Parallèlement, il a y eu d’autres mariages à partir de chats mink. A l’époque les trois races avaient une morphologie identique, puisqu’elles étaient toutes trois issues de la même race asiatique originelle.
Le Tonkinois ne fut reconnu qu’en 1970 au Canada par la Canadian Cat Association et en 1978 par la CFA. Sa morphologie est assez proche du chat d’origine.
Le Siamois s’est en revanche allongé, tandis que le Burmese américain s’est arrondi. Le Burmese anglais, qui a une morphologie assez proche du Tonkinois, s’est lui aussi un peu allongé en raison de mariages avec des Siamois, et d’autres races, qui ont permis d’introduire de nouvelles couleurs. En raison de sa rareté, beaucoup de clubs en Europe permettent la retrempe de la race, c'est-à-dire le mariage entre Siamois et Burmese. Ces Tonkinois, dits de 1ère génération, sont souvent très éloignés du standard (Tonkinois trop ‘siamoisés, mauvaise couleur des yeux) et il faut plusieurs années de sélection avant de s’en rapprocher de nouveau. Pour cette raison, on peut parfois trouver en Europe des Tonkinois plus anguleux qu’aux Etats Unis, pays où le Tonkinois est la 9ème race la plus populaire. Aux Etats Unis et au Canada, où les hybridations ne sont plus pratiquées depuis des décennies, la race est bien établie, et ce depuis longtemps.
Les trois patrons du Tonkinois sont reconnus :
point : yeux bleus, grand contraste entre les points (masque, pattes queue) et le corps ; mink : yeux bleu verts, souvent appelés aqua ou aigue-marine, subtil dégradé de la robe ; sépia : contraste très doux, yeux verts à or.
Le Tonkinois existe dans de nombreuses couleurs : noir (appelé seal ou natural) bleu, chocolat, lilac, red, crème, cinnamon, fawn, ainsi que toutes ces couleurs en tortie (écaille de tortue par exemple bleu crème, etc.), et également avec le motif agouti (tigré) ou non, avec ou sans silver, avec ou sans blanc (bicolore).
Le Tonkinois est le chat de toute la famille, très câlin avec tout le monde, sociable avec les autres animaux, extrêmement intelligent (souvent il ouvre les portes, apporte des objets). Il est heureux quand il se trouve avec sa famille et peut très bien voyager pour accompagner les siens.
D’une grande adaptabilité, il peut accepter la laisse pour faire plaisir à son maître. Il sera bavard si on lui parle, mais sans avoir une voix désagréable comme parfois les Siamois ou les Orientaux. Il possède toute une gamme de sons pour communiquer avec ses maîtres. C’est un véritable chat-chien, qui a besoin de beaucoup de présence. S’il doit rester seul de longues heures, il vaut mieux avoir un autre chat, voire même un chien, car il déteste la solitude. Il est très joueur et s’entend bien avec les enfants.En raison de sa sexualité exubérante (les femelles sont en chaleur très tôt, très bruyamment, et très souvent), il est fortement conseillé de stériliser un chat de compagnie. Cela diminue aussi le risque de fugues et de marquage urinaire, tout en permettant de pleinement profiter de son caractère exceptionnel.
Le Tonkinois est un chat robuste qui peut vivre jusqu’à 18 ans environs. En raison de son poil court il n’aime pas le froid. Son entretien est facile : sans sous poil sa robe soyeuse ne nécessite que quelques brossages par mois. C'est un chat équilibré, aussi bien de caractère que de morphologie. Il n’est ni particulièrement grand, ni trop petit, ni très longiligne, ni hyper rond. Seul son amour sans limites pour ses proches peut être extrême. Amateurs de chats indépendants s'abstenir.
C’est une race malheureusement encore rare en Europe qui mérite d’être mieux connue.
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