Le Samoyède n’est pas une race rare mais une race méconnue. D’un côté, ceux qui cherchent un chien de compagnie l’assimilent à un chien de traîneau, de l’autre, les amateurs d’attelage le considèrent comme un chien de canapé incapable d’être à la hauteur de ses cousins ! Tant mieux, la petite place qui reste est pour ceux qui ont la curiosité d’aller fouiller un peu plus loin… Et la grande place est dans son cœur.
Pour être sûr que vous conceviez bien à quel point il est confiant et gentil, il faut que je vous le dise franchement : le samoyède reconnaît même les gens qu’il n’a jamais vus ! Il se sauverait pour aller à l’école à l’heure de la récré, fait des fêtes au facteur et même à son remplaçant… Bref, ils font un concours en prévision du jour où ils se présenteront devant St Pierre : celui qui aura collecté le plus grand nombre de caresses du plus grand nombre de personnes différentes ! C’est pour cela d’ailleurs qu’il leur a été donné de vivre même jusqu’à 17 ans.
Rustique, actif, sociable, sensible, d’un caractère indépendant ou plus exactement autonome, il n’aime pourtant pas la solitude. Affectueux et doux, c’est un excellent compagnon, surtout pour les enfants même jeunes, dont il ne se lasse pas. Joueur et pas exclusif avec ses maîtres, il est très confiant dans l’homme, donc garde peu. Il va même faire des fêtes à travers le portail (chouette ! Un de plus pour ma collection de caresses ! ). Aboyeur pour signaler surtout ses congénères (avec qui il s’entend bien) ou pour exprimer sa frustration, il sait se taire s’il est épanoui. Il réclame une éducation affectueuse et patiente, sans excès d’autorité.
Ce Spitz de l’arctique européen pouvait aussi être noir ou chocolat à l’époque ou il accompagnait le pacifique peuple des samoyèdes. Ils étaient bergers de rennes en Russie, pas si loin de ceux que l’on appelle les Lapons et qui se nomment eux-mêmes « sami », vivant sous leurs tchoums, équivalents aux tipis. Plus polyvalent que pur chien de traîneau (les rennes étaient attelés), le samoyède gardait les troupeaux…et les enfants. Les explorateurs signalaient déjà l’extrême gentillesse de ces chiens qu’ils trouvaient le soir sur leur sac de couchage !
Hommes et chiens menaient une vie rude où le plaisir de la vie résidait notamment dans le relationnel, ce chien en est la preuve.
Le passé des races nordiques explique aussi maints traits de leur caractère. Par exemple, ils comprennent mieux la notion de nécessité et de coopération avec l’homme que celle de soumission aveugle aux ordres. Ne peut-on l’expliquer par la contrainte d’un milieu difficile qui dispensait en partie les hommes d’exercer eux-mêmes cette contrainte sur leurs chiens ?
Ce chien n’est pas fugueur, il n’a pas la même notion que nous du territoire, nuance. Là-bas, les chiens vont où ils veulent et pourtant restent au village, sauf s’ils sont envoyés chercher un troupeau, tout seuls, d’où leur autonomie d’ailleurs. Donc c’est une pure question de motivation. De même, il est facile d’expliquer le calme posé de ces chiens lorsqu’ils sont inactifs. Ils se reposent pour être toujours prêts à partir. Les chiens de traîneaux sont réputés ne jamais se donner à fond pour garder de la réserve. Tous ceux qui ont un jour poussé un traîneau avec des chiens fatigués, jusqu’au passage d’un gibier, se retrouvant alors au galop malgré les deux pieds sur le frein, le savent bien ! Ceux qui attèlent des chiens de chasse (braques…) qui se donnent plus à fond, voient bien la différence aussi. Chez les nordiques (de traîneau, de chasse ou de berger), les meilleurs chiens de travail (et donc de compagnie) sont les plus calmes, et non pas les plus remuants.
Autre évidence que révèle son passé, ce chien à fourrure (mais qui mue au printemps) ne craint pas particulièrement le chaud. Il vient d’un pays à climat continental, où le soleil de minuit doit bien faire monter le mercure ! La fourrure l’isole de tout et freine les échanges thermiques, dans les deux sens. S’il aime se dorer au soleil, il ne peut par contre pas fournir de gros effort par temps chaud. Il a été utilisé par les Européens, pour leurs expéditions, avant ses cousins américains, tout simplement parce qu’ils étaient sur place. Si vous pensez qu’Amundsen (Norvégien) a été le premier à arriver au pôle sud, eh bien je peux vous dire que c’est faux ! C’est son chien de tête, un samoyède !Les premiers samoyèdes sont arrivés en Grande Bretagne vers 1890, où la couleur blanche a été sélectionnée, peut-être pour s’accorder à son caractère angélique. Ils arrivèrent en France dans les années 20.
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