Avec un air de dogue qui ne trompe pas et une robe blanche immaculée, le Dogo - c'est son petit nom - se repère au premier coup d'œil.
Il nous vient d'Argentine, créé au début du siècle par le Dr Antonio Nores Martinez à partir d'une impressionnante série de croisements entre le chien de Cordoba – une race fort répandue là-bas – et de nombreux chiens européens. Son créateur souhaitait réunir toutes les qualités que compte la gent canine pour en faire le chien de chasse idéal, adapté aux conditions locales.
La littérature relative à la genèse de la race a sans doute enjolivé l'histoire, mais il est certain que le travail de sélection du Dr Nores Martinez qui sera par la suite relayé par ses frères est formidable et qu'il aura permis d'aboutir rapidement à un chien d'exception. Mais en réalité, c'est tout d'abord deux lignées conjointes que ces génies de la création vont sélectionner : la famille Araucana, très marquée par sa combativité qui l'empêche d'être un parfait chasseur et la famille Guarani, dont l'odorat nettement plus développé et le caractère plus stable semble plus appropriée aux objectifs fixés. Le Dogue Argentin actuel est sans doute un savant dosage des deux !
Il va falloir attendre 1973 pour que la cynophilie officielle reconnaisse la race, alors que le Dr Nores Martinez a tragiquement disparu une quinzaine d'années plus tôt. La publication du standard de la FCI va véritablement ouvrir de nouveaux horizons au Dogo qui va alors conquérir l'Europe. C’est ainsi que ce spécialiste de la chasse au puma quitte la pampa argentine pour rejoindre nos foyers. Et sa progression est spectaculaire, encore aujourd'hui.
Son allure est sans conteste celle d'un molossoïde de type normal, avec une grande harmonie dans ses proportions. La tête, assez musclée, donne une impression de force et de puissance. Le crâne est massif, légèrement convexe. Le museau est long, légèrement relevé vers la truffe. Les oreilles sont habituellement coupées en triangle, mais peuvent également être laissées naturelles, retombant le long des joues. L'otectomie (coupe d'oreilles) sera à terme interdite dans la plupart des pays européens.Le corps est plus long que haut, on le dit "longiligne". La ligne de dos est horizontale et la poitrine descend profondément. Le dos se prolonge par une croupe musclée, qui descend un peu par rapport à l'horizontale. La queue forme un angle d'environ 45° par rapport à la ligne de dos. Elle est en forme de sabre, épaisse et longue.Les membres, proportionnés à la taille du Dogo, sont musculeux et harmonieux. Ils permettent des allures franches. Le Dogo est à la fois endurant et agile.
La peau est semi-lâche, mais ne présente pas de plis. Elle peut laisser apparaître des tâches plus ou moins pigmentées (ce qui n'est pas recherché), dont l'intensité augmente avec l'âge. Cette pigmentation se discerne au travers du poil qui est court, lisse et blanc. Seuls les yeux peuvent être cernés de noir, sous réserve que la taille de la tâche ne dépasse pas 10 % de la surface de la tête.
Comme tous les dogues, c'est un grand au cœur tendre. Très proche de l'homme, il est particulièrement sociable. Mais il sait également se montrer dissuasif. Gardien efficace, c'est aussi un grand sportif. De nombreux atouts pour séduire les amateurs de molossoïdes. Attention toutefois à acquérir son chiot chez un éleveur sérieux. L'explosion des demandes a suscité de nouvelles vocations chez des marchands de chiens peu scrupuleux qui ne se soucient guère de produire des chiots équilibrés et bien dans leur tête.Mais oublions les "faux dogos" ! Celui qui nous intéresse est joyeux, franc et aimable. Mais il est aussi puissant et conscient de sa force. D'ailleurs, ses qualités avérées lui ont permis de passer au travers de la loi du 6 janvier 99 qui catégorise les chiens dits "d'attaque" ou "dangereux". Qu'on se rassure, le Dogo ne figure ni en première ni en seconde catégorie et sa possession n'implique aucune contrainte particulière.
D'un naturel paisible, il s'intègre harmonieusement dans la famille qu'il affectionne. Il exige une éducation ferme. D'une tendance un peu dominante, surtout les mâles, ses rapports avec les autres animaux ne sont pas toujours des plus simples.
Le dogue d'Argentine n'est pas un chien d'appartement, on s'en serait douté. Il aime l'exercice et en a besoin pour son équilibre. Il sera ravi de vous accompagner dans vos balades, que vous soyez adepte du footing, du vélo ou même des promenades à cheval. L'agility, parcours de saut d'obstacles adaptés aux chiens, est une discipline qui l'amuse. Il s'avère également doué pour le pistage. N'oublions pas que dans son pays d'origine, c'est un chien de chasse que l'on utilise également comme auxiliaire de police.
En application de la loi du 06 janvier 99, le dressage au mordant du dogue d'Argentine est dorénavant interdit. Seules les épreuves de pistage et d'obéissance lui restent ouvertes.Quant à la chasse, il n'y a guère que dans son pays d'origine qu’on utilise le Dogue d'Argentine. Il se montre particulièrement performant sur les grands espaces où abonde le gros gibier.Plus anecdotique, mais à ne pas omettre, il faut encore signaler l'utilisation (rare) du Dogo en tant que chien guide d'aveugle, de chien de recherche en décombres ou de chien de police.
Pas de surprises avec ce robuste gaillard qui a une santé de fer. Sa longévité dépasse fréquemment les douze ans, ce qui est un record pour les races molossoïdes. Il sait parfaitement résister à des températures extrêmes. N'oublions pas qu'il nous vient d'Argentine qui connaît souvent de fortes amplitudes thermiques.
Mais comme la plupart des chiens de race, il peut être affecté par la dysplasie coxo-fémorale. Un défaut d'insertion de la tête du fémur dans la hanche qui provoque une boiterie plus ou moins intense et douloureuse. Le cheptel est heureusement relativement peu atteint.
Il est fréquent de lire à son sujet - comme à propos de nombreux chiens à robe blanche - qu'il est souvent atteint de surdité. Même s'il faut admettre que le cas se présente parfois, c'est bien loin d'être une généralité. Selon le club de la race, cette anomalie concernerait moins de 1% du cheptel.
Un entretien réduit au minimum pour le Dogo qui se contente d'un coup de brosse hebdomadaire et d'un bain de temps en temps. L'utilisation d'un gant à picot s'avère très pratique. Elle permet de débarrasser le chien des poils morts et en général, les Dogos adorent cette séance de caresses utilitaires ! Les oreilles doivent faire l'objet d'une surveillance attentive lorsqu'elles sont laissées entières : les saletés risquent de s'accumuler et de provoquer des otites.
Il faut veiller à choisir un chiot ni trop timide ni manifestement agressif. Il ne doit pas être séparé trop tôt de sa mère : la sociabilisation est en effet très importante pour son équilibre.
Le Dogue d'Argentine n'est pas un chien difficile, mais il est vrai qu'il aime un maître à son image. Dynamique et gai. Même s'il préfère les grands espaces, le Dogo sait se satisfaire d'une vie en appartement, sous réserve que l'on puisse lui consacrer suffisamment de temps pour de grandes promenades au cours desquelles il défoulera son énergie débordante.Sans être nécessairement un éducateur hors pair, son maître doit savoir faire preuve de la fermeté nécessaire et suffisante pour en faire un chien très agréable à vivre. On déconseillera les mâles au tempérament dominant pour les novices, et il peut être utile de pratiquer quelques séances dans un centre d'éducation canine pour parfaire sa socialisation.
- Groupe : Molossoïdes de type dogue (Groupe II - Section 2)- Taille : 62 - 65 cm au garrot pour les mâles, 60 - 65 cm pour les femelles- Poids : 40 à 50 kilos- Robe :blanche, tâche noire autour de l'œil acceptée- Yeux :brun foncé à noisette, en amande- Prix moyen d'un chiot :5 à 6 000 F
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