Etre un chasseur efficace n'exclut en rien le fait d'être élégant. Le Braque de Weimar en est la preuve! Si bon nombre de chasseurs le considèrent comme le chien d'arrêt idéal, il doit son succès actuel à un public plus vaste qui l'apprécie plutôt pour sa compagnie. Est-ce une hérésie ? Sans doute pas, tant qu'on ne sacrifie pas ses aptitudes au profit de l'esthétisme.
Il est vrai que la couleur grise que revêt sa robe est un élément de distinction qui en fait une exception dans le monde du chien de chasse. Il semble d’ailleurs que cette teinte soit fort ancienne. Elle remonterait aux chiens de meute de Saint-Louis qui préférait, dit-on, cette couleur. On peut imaginer qu'il s'agit là des ascendants du Braque de Weimar, mais il faut avouer que personne n'a jamais réussi à le prouver !
De nombreux auteurs affirment que le berceau de la race se situe dans le duché de Saxe-Weimar, dès le XVIIe siècle, auprès du grand duc Carl-August. Pourtant, à la même époque, sur une toile peinte par Van Dick, on peut voir un chien de chasse gris aux côtés du jeune prince Rupprecht von der Pfalz. Ce chien présente une morphologie similaire, ce qui tend à démontrer qu'en réalité on pouvait le rencontrer dans des lieux parfois fort éloignés de la région de Weimar.
Une explication plus scientifique est donnée par les généticiens. Adinolfi tout d'abord, puis par le Professeur Lienhard au début du XXe siècle. Il semble que l'apparition d'une robe grise soit une mutation fréquente chez les chiens marrons. Et dès lors que cette couleur de robe est récessive, il est assez facile de la sélectionner et de la fixer. C'est ce qui aurait été fait à la cour des ducs de Weimar où l'on sait que le chien est élevé dès le premier tiers du XIXe siècle. On imagine que ces Braques gris ont été croisés avec des Pointers pour améliorer leurs aptitudes de chiens limiers et que l'apport de sang de Dogue Allemand - à l'époque appelé Grand Danois - a permis d'augmenter son gabarit. Dès cette période, on parle du Weimaraner et le premier club va être créé en 1897, un an après la première inscription au Livre des Origines allemand. Jusqu'alors exclusivement réservé à l'entourage du grand duc, son élevage va se développer à partir de cette date.
Au début du XXe siècle, l'essor de la race en Allemagne serait dû à un concours de circonstances. En 1915, le major Robert aus der Berber tue par accident un Weimaraner au cours d'une partie de chasse. Pour se racheter, il se lance dans son élevage et se met à sélectionner de nombreux sujets. Le major devient président du club qui édite le premier standard de la race en 1935. Malheureusement, prise dans les tourmentes de la guerre, la race va péricliter. Son renouveau sera permis par la sélection réalisée par des éleveurs américains et anglais.
Parmi les chiens de chasse, le Braque de Weimar est relativement grand. En effet, il peut toiser jusqu'à 70 cm au garrot pour un mâle! Une dimension peu ordinaire qui permet de valider l'hypothèse de l'apport de sang de Dogue Allemand. Le poids est en rapport avec la taille, et se situe dans une fourchette allant de 30 à 40 kilos. Les femelles sont toutefois d'un format plus réduit. Leur taille maximale se limite à 63 centimètres et le poids est inférieur de dix kilos au moins. Mâle ou femelle sont musclés et puissants, avec un corps bien proportionné. Il est légèrement plus long que haut : le standard précise que le rapport idéal entre ces deux dimensions est de 12/11. La poitrine est puissante et les membres sont bien musclés. La queue est traditionnellement écourtée - sauf dans les pays où cette pratique est interdite - pour laisser une longueur allant de un tiers à la moitié d'une queue naturellement portée.
La tête est caractéristique des Braques. On la dit rectiligne. Elle s'éloigne en cela de celle des Pointers ou des Setters. Le museau est assez large. Les oreilles, implantées haut sont assez grandes. Elles retombent le long des joues. Les yeux sont de couleur ambre clair ou foncé. L'expression est douce et manifestement intelligente.
On connaît surtout le Braque de Weimar à poil court, très doux, qui représente plus de 95% des naissances. Mais il existe aussi dans sa version à poil long, moins apprécié sans doute pour des raisons purement pratiques. La couleur grise peut revêtir différentes nuances, allant du gris argenté au gris souris, en passant par des tons brunâtres que l'on dit "gris chevreuil". Même si ce n'est pas là le seul intérêt du Braque de Weimar, il faut bien reconnaître que cette robe est une des probables raisons du grand succès de la race. Après l'Allemand, le Weimar est en effet le Braque le plus répandu, loin devant les autres.
Ce merveilleux chasseur a également la réputation d'avoir un sacré tempérament. On le dit têtu, au point de ne pas le conseiller comme premier chien ! Mais il ne faut pas exagérer, il n'est pas non plus insurmontable. Son éducation doit être surveillée avec attention, tout en tenant compte qu'il ne fait pas partie des chiens les plus précoces. Chez le chiot, il faut installer très rapidement les rapports hiérarchiques et obtenir l'obéissance. Mais un de ses atouts est son intelligence, et il n'est pas nécessaire de revenir sur les leçons anciennes. Dès qu'il est assimilé, l'ordre reste gravé dans la mémoire du Braque de Weimar. Le chien est également très sociable, joueur et gentil naturellement. Pas de problème donc avec les enfants ! Par contre, il n'apprécie guère la solitude et a besoin d'exercice quotidien.
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