Nous savions depuis deux ans, que la situation du Fichier National Canin n’était pas brillante et que la place prise par l’identification par puce électronique annonçait la disparition à terme du tatouage…donc d’une des deux missions de service public confiées à la Société Centrale Canine par son ministère de tutelle.
Nous venons de recevoir un véritable «appel au peuple cynophile », émanant du Président de la Société Centrale Canine, Renaud Buche, afin d’inciter le Ministère à clarifier sa position quant à la gestion du FNC par la Société Centrale Canine . Rappelons les chiffres clés : le FNC, géré depuis 30 ans par la Société Centrale Canine répertorie plus de 8,5 millions chiens et traitait chaque année, en moyenne, plus de 700 000 nouvelles immatriculations par tatouage. Hors, depuis deux ans, ce nombre de dossiers traités est en chute libre et pire encore, plusieurs centaines de milliers sont en attente…(voir ci-dessous, La Crise de l’Identification Canine).
Le problème soulevé n’est pas nouveau. Un appel avait déjà été lancé en 2002 lors de l’Assemblée Générale ordinaire de la SCC dans son communiqué qui soulignait « L'introduction récente de la puce électronique a détruit l'équilibre financier du Fichier National Canin ». Un an plus tard, le mal était toujours là et plus encore. Lors de l’AG 2003 de la SCC, qui se déroulait le 21 mai 2003 au Palais des Congrès, le Président Renaud Buche annonçait «La Société Centrale Canine existe encore, la Société Centrale Canine a un avenir. L'an passé, à la même époque, la question majeure de notre existence même était en effet posée, et nous devions, dans les meilleurs délais y apporter réponse malgré les condamnations à mort qui avaient déjà été prononcées. 2002 fut donc l'année de tous les défis, dans une conjoncture d'incertitude financière et structurelle très proche de la précarité. Il nous aura fallu préserver l'essentiel, à savoir toutes nos missions dédiées à la cynophilie, à vous tous, tout en gérant l'exceptionnel et la crise. Notre tâche pour cet exercice fut d'assurer le quotidien dans une atmosphère de combat pour notre survie, d'assurer un véritable redressement et une réorganisation tout en temporisant en interne, et ainsi de préparer malgré un contexte très difficile, l'avenir de tous ».
Le redressement financier était en marche mais hors gestion du Fichier National Canin, avec l’annonce d’un excédent de + 1.379.180 € (9.046.828 Frs) alors qu’à l’issue de l’exercice 2001, le résultat d’exploitation faisait ressortir un déficit de 252.823 € (1.658.410 Frs).
Malgré des résultats financiers très encourageants pour cet exercice 2002, surtout après une année 2001 particulièrement sombre (voir notre article La SCC risque-t-elle de disparaître ? ), la crise que traverse la Centrale dans la gestion du Fichier National Canin revient sur le devant de la scène à quelques semaines de la fin d’année 2003.
Si le nombre de chiens pucés actuellement en France est infime par rapport au millions de chiens tatoués et répertoriés dans le Fichier National Canin, il semble que ce mode d’identification devienne à terme le seul autorisé au sein des pays membres de l’union européenne. C’est le sens de la déclaration du SNVEL (Syndicat National des Vétérinaires d’Exercice Libéral) : « La réalité est que, compte tenu des nombreux avantages qu’offre la puce par rapport au tatouage, le passage progressif au « tout-puce » est une évidence. La Commission Européenne d’ailleurs précise dans ses derniers règlements qu’après une période transitoire, seule l’identification électronique des chats et des chiens sera autorisée au sein de l’Union Européenne ».
Un dossier à suivre.
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