Les Premières Rencontres Nationales sur le Bien Être Animal viennent de se tenir à l’Assemblée Nationale à l’initiative de Jean-Claude Lemoine, député de la Manche et Président du Groupe chasse de l’Assemblée Nationale.
Contre toute attente les organisateurs ont réussi un sans faute en permettant la tenue d’un véritable débat contradictoire entre les représentants d’organisations qui généralement sont opposés en matière de protection animale. Dans un climat de respect mutuel, chacun a pu exprimer son point de vue. Les débats avec la salle à l’issue de chaque table ronde ont été très constructifs, alors que des sensibilités très différentes se sont exprimées en particulier sur la chasse, la corrida ou le foie gras.
Cependant, les responsables ont publiquement dénoncé le refus du dialogue de certains des leaders des organisations de la protection animale qui ont pratiqués la politique de la chaise vide parce que des chasseurs sont à l’origine de cet événement. Ceux qui rêvaient d’un débat houleux et conflictuel ont été déçus car de nombreux points d’accords ont pu se dégager entre les intervenants et les nombreuses organisations représentées :
- Pour la grande majorité des participants, il conviendrait surtout de faire appliquer les lois actuelles plutôt que d’envisager de créer des lois nouvelles. La mise en œuvre d’une loi sur le statut juridique de l’animal, modifiant le code civil dans le prolongement du rapport de Mme Suzanne Antoine est loin de faire l’unanimité. C’est l’avis du président de la SPA, Serge Belais et du Président de la Commission de l’Agriculture du Parlement Européen, Joseph Daul qui a plaidé pour que l’on fasse une pause législative et réglementaire au niveau de l’Union Européenne et de l’Etat français sur ce sujet
- Pour les organisateurs de ces Rencontres, la réglementation française qui est la plus stricte de toute l’Europe n’a pas à être renforcée mais doit être appliquée avec rigueur, ce qui n’est pas encore le cas
- Le point qui a véritablement fait l’unanimité concerne la lutte contre tous les trafics d’animaux sauvages ou domestiques qui doit être renforcée et faire l’objet d’une meilleure coordination entre les services de police. Sur ce point la recrudescence des vols de chiens a été soulignée
- Un autre point de convergence concerne la fin des graves disfonctionnements du service public du Fichier National Canin qui assure la traçabilité des 9 millions de chiens. Le Président de la Société Centrale Canine, Gérard Arthus a précisé que tous les retards étaient rattrapés. Le Directeur de Cabinet du Ministre de l’Agriculture, Michel Cadot a annoncé qu’une rencontre officielle entre l’Etat, la SCC et les vétérinaires se tiendrait en fin de semaine pour sceller un accord définitif sur l’avenir de ce Fichier qui sera le plus opérationnel d’Europe
- Le dernier point d’accord concerne le flou qui entoure les notions de bien être animal et qui a fait l’objet d’un véritable débat de fonds au cours des 3 tables rondes. A l’initiative de Patrick Ollier, député des Hauts de Seine et Président de la Commission des Affaires Économiques de l’Assemblée Nationale, du Président de la SPA, et de Jean Pierre Digard du CNRS, il est apparu qu’il serait souhaitable de parler de bien traitance ou de maltraitance qui sont des notions beaucoup moins ambiguës que le bien être animal.
Les chercheurs présents, comme Jacques Servière de l’I.N.R.A. ont insisté sur la nécessité de rester dans un cadre scientifique pour éviter toute dérive idéologique. Pour plusieurs intervenants, il est clairement établi que les animaux de compagnie dans nos sociétés sont souvent mieux traités que beaucoup d’être humains. L’intervention du Directeur de la Fédération Nationale des Chasseurs, Claude Bussy a été très remarquée car il a présenté les résultats d’une enquête très fouillée sur la nébuleuse des groupes d’influence de la protection animale au niveau national et européen.
Le Ministre de l’Agriculture, Dominique Bussereau, qui était retenu au même moment à quelques dizaines de mètres de là dans l’hémicycle pour débattre du projet de loi d’orientation agricole, avait demandé à son Directeur de Cabinet de venir clore les travaux à sa place. Il a insisté sur le fait que le bien être animal ne pouvait être séparé de la réalité de nos pratiques traditionnelles, qu’elles soient culinaires ou régionales, et que cet objectif était à la fois nécessaire et difficile. Il a confirmé que les lois existantes étaient largement suffisantes et qu’il n’y avait pas de raison particulière d’ouvrir de nouveaux chantiers législatifs sur ce point.
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