Après plus de 5 ans d’enquête, la SPA a réussi à traduire Francis Duprat devant la justice française. Cet homme est accusé d’importation et de trafic illégal de chiots en provenance d’Europe de l’Est et le procès qui s’est ouvert à Angoulême le 12 février risque de faire date.
De lourdes charges pèsent sur Francis Duprat. Tout a commencé par des plaintes de particuliers déposées auprès de la Société Protectrice des Animaux. Le décès de leur chiot, peu de temps après l’achat, avait fait réagir plusieurs d’entre eux….
Chronologiquement, deux plaintes avaient été déposées en 1995 et 1998 à l’encontre de Francis Duprat, «dénominateur commun » entre ces propriétaires de chiots décédés ou malades. Mais les deux plaintes avaient été classées sans suite par la justice. La SPA avait alors continué son combat contre l’importation illégale de chiots en provenance d’Europe de l’Est. Entre 1996 et 1997, la cellule anti-trafic de l’association, en collaboration avec le service des douanes de Haute Garonne et de Mâcon, mettra un terme aux transactions de chiens en provenance de la république tchèque. Mais l’affaire n’est pas stoppée pour autant !
Béatrice Deal (de l’association des victimes des vols d’animaux de compagnies) est prévenue par la Gendarmerie suite à des aboiements provenant d’un camion immatriculé dans un pays de l’Est et stationné toute la nuit sur le parking d’une grande surface. La filature de ce dernier mènera les enquêteurs jusqu’à la société La Maison de l’éleveur… appartenant à Francis Duprat !
Puis c’est la découverte de 76 cadavres de chiens chez un vétérinaire de Saint-Cyr l’Ecole (Yvelines), suspecté d’avoir fourni de « faux papiers » à des chiots pour le compte de certains commerçants de la Marne (51). Fin 2000, Francis Duprat et dix sept autres personnes sont soupçonnées d’importation et de commerce de chiots importés illégalement d’Europe de l’Est et munis de faux pedigrees. Enfin, le 22 juin 2001 trois autres praticiens sont mis en examen par le juge d’instruction d’Angoulême (Charente), car ils seraient à l’origine de la délivrance de carnets de santé européens « à la carte » destinés à ces chiots importés, pourtant rarement vaccinés et le plus souvent… malades.
Selon Henri Barbe, président de l’ANTAC (Association Nationale contre le Trafic des Animaux de Compagnie), 100 000 chiens auraient été importés illégalement en France en 1999. D’après lui, plus d’un chiot sur deux était destiné à la société de Francis Duprat qui aurait réalisé, cette année là, un chiffre d’affaire supérieur à 4 millions d’Euros (près de 28 millions de francs). Ces chiots, le plus souvent âgés de quelques jours, provenaient d’élevages slovaques, hongrois, tchèques… Ils étaient acheminés par camions dans des conditions inacceptables simplement pour des questions de rentabilité.. Ensuite, ils transitaient par la Belgique puis étaient revendus à des animaleries avant d’être achetés par des particuliers. Au final 40% d’entre eux ne survivaient pas à un tel voyage.
A charge ensuite aux particuliers (acheteurs) et aux commerçants (revendeurs) de deviner que le chiot en question n’était pas vacciné, en particulier, contre la rage.
Aujourd’hui certaines personnes mises en examen clament leur innocence. En possession de documents officiels, elles affirment avoir agi en toute légalité. De plus, l’exploitation de Francis Duprat était régulièrement contrôlée par les DSV (Services Vétérinaires du Département). La directrice des services vétérinaires de la Haute-Garonne, à l’époque, Mme Bonne, déclarait que ses agents vérifiaient surtout les registres d’entrées et de sorties. Quel que soit le résultat et les peines requises par le Procureur, ce procès aura eu le mérite, de mettre au grand jour les failles d’un système qui permet d’importer illégalement des dizaines de milliers de chiots et de les revendre en toute impunité, au mépris des droits élémentaires de ces chiots, du respect de la législation et dans un but de «rentabilité au kg »…
Signalons que la Fondation 30 Millions d’Amis s’est portée partie civile aux côtés des nombreuses autres associations de protection. Affaire à suivre.
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