Le dictionnaire nous dit qu’une « farine », c’est une céréale ou un autre végétal présenté sous forme de poudre... Faut-il dès lors considérer que tout ce qui est constitué de protéines animales, finement haché, et déshydraté aux fins de conservation, doit être placé dans le vocable fourre-tout de « farine animale » ?
Le dictionnaire nous dit qu’une « farine », c’est une céréale ou un autre végétal présenté sous forme de poudre...Faut-il dès lors considérer que tout ce qui est constitué de protéines animales, finement haché, et déshydraté aux fins de conservation, doit être placé dans le vocable fourre-tout de « farine animale » ?
Au vu des énormes différences de qualité, d’origine, et de composition des matières premières alimentaires en cause, la réponse est définitivement NON ! et cette notion est importante à prendre en compte dès lors que l’on évoque les aliments qui entrent dans la composition d’une croquette pour chien ou chat
Les farines de viande et d’os incriminées depuis des années concernant la maladie de la vache folle, ou encéphalopathie spongiforme bovine, étaient constituées de carcasses entières inaptes à la consommation humaine, ou bien en provenance de clos d’équarrissage, ou encore d’abats et os non consommés bien sûr par l’Homme. Elles étaient, de ce fait, d’une qualité protéique souvent faible à moyenne (beaucoup de tissu conjonctif, donc une faible « digestibilité » -absorption digestive intestinale-, et une faible teneur en acides aminés indispensables –ceux que l’organisme animal ne peut synthétiser et que l’on trouve dans les sources protéiques nobles-).
Dès lors, elles ne furent pas incorporées dans les aliments secs pour chiens ou chats dits « nutritionnels », ces hauts de gamme de la nutrition permettant d’adapter l’aliment au format et à l’état physiologique de l’animal : faire des aliments qui sont ainsi utilisés par 95% des éleveurs, 100% des utilisateurs de chiens de sport ou de chiens de recherche / sauvetage, et qui couvrent plus de 70% des calories consommées chaque jour par la population canine, était impossible en utilisant comme base carnée des aliments de mauvaise qualité.
Ce sont donc des viandes de volailles hachées et déshydratées, ou des poissons de mer pêchés uniquement dans cet objectif puis eux aussi hachés et déshydratés directement sur le bateau « usine » qui sont utilisés, pour prendre deux exemples qui parlent d’eux-mêmes : des aliments, des matières premières, de qualité humaine mais qui se présentent eux aussi sous la forme physique d’une farine... mais avec une origine contrôlée, une sécurité sanitaire évidente, une digestibilité à 90%, et un équilibre en acides aminés indispensables quasi parfait pour le chien ou le chat qui, faut-il le rappeler, sont des carnivores !
Dans le domaine de la nutrition animale, il y a farine et farine, et il est dommage qu’un tel amalgame de noms se pérennise malgré la richesse de la langue française !
Professeur Dominique GRANDJEAN
Dr Vétérinaire, Dr en Nutrition, Habilité à Diriger des Recherches
Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort
Site et CRM réalisé par ActivSoft Zenengo