La Belgique accueillait « le Mondial » des différentes races de Lévriers. Plusieurs centaines de concurrents, un jury international et des jugements sur deux jours ont permis d’apprécier de nombreuses vedettes internationales. En finale, le 12 mai 2002, c’est une femelle Deerhound qui était sacrée Meilleur Lévrier 2002 !
En tant qu’ancien membre du comité et grand passionné de Salukis, je dois admettre qu’à l’occasion de son centième anniversaire, le Club Belge du Lévrier a réalisé un travail remarquable. Le club et ses commissions ont également organisé différentes conférences le jeudi et le vendredi. Dès le jeudi, se déroulaient des courses de Lévriers avec un CACIL (Certificat d’Aptitudes au Championnat International des Lévriers) à la clé. Le show du week-end offrait quant à lui au vainqueur un titre de CAC et une reconnaissance du monde du Lévrier.
Bien que la première exposition de Lévriers en Belgique ait été organisée en 1880 à Bruxelles avec 24 chiens présentés, le club ne fut fondé qu’en 1902. Son premier président, le Comte Henri de Bylandt, fut un cynophile très célèbre car il écrivit la première encyclopédie sur la diversité des races canines. Cet ouvrage de référence, illustré par de très nombreuses esquisses qui enrichissaient les standards de race publiés en trois langues, vaut aujourd’hui une véritable fortune dans son édition originale. En 1902, le nom du club était toujours le Club Belge du Collie et du Barzoï, puis, en 1903, il devint le Club Belge du Lévrier et du Collie, avant de prendre son nom définitif, Club Belge du Lévrier, peu de temps après la première Guerre Mondiale.
La Belgique a toujours été célèbre pour ses Barzoïs de très haute qualité, avec de nombreux chiens importés de Russie. Certains venaient même directement de l’élevage du Duc de Russie dont l’affixe était « Duke’s Kennel ». C’est certainement la raison pour laquelle trois Barzoïs illustrent le logo du club, et que toutes les autres races reconnues en sont absentes. L’Union Internationale des Clubs de Lévriers - « UICL » - fut fondée en Belgique à Gand en 1923. Ce fut encore une fois les Belges qui prirent l’initiative d’unir de manière internationale tous les clubs de Lévriers. Très peu de passionnés le savent, mais rappelons que la Fédération Cynologique Internationale est également une création belge, et que ses bureaux se trouvent toujours à Bruxelles. Elle chapeaute la cynophilie de près de 80 nations différentes !
L’exposition se déroulait en plein air, sur deux jours, et avait comme cadre les vastes terrains de sport d’Erembodegem, près de Aalst. Tous les exposants et visiteurs avaient l’air satisfaits du lieu, d’autant plus que le temps semblait se prêter au jeu, ni trop chaud ni trop froid, même si la pluie surprit tout le monde le dimanche matin. Dans l’attente du soleil, qui réapparut dès le début d’après midi, le ring d’honneur fut donc transféré sous la grand tente centrale. Les rings étaient spacieux, les chiens et les exposants y étaient visiblement à l’aise. Seules quelques critiques concernant les changements de juges s’élevaient dans les rangs des exposants. En examinant le catalogue, je constatai que ces critiques n’étaient pas justifiées car ces changements étaient minimes, même si, bien entendu, quand on est concerné, cela ne revêt pas la même importance.
Plus de 440 chiens étaient présents chaque jour, des chiffres plus qu’honorables. Le catalogue était pratique, à l’exception du fait qu’aucune mention ne précisait le pays de provenance de l’exposant. Ce qui est dommage pour une telle confrontation qui doit favoriser les échanges et les contacts internationaux.
Difficile donc de savoir combien de nationalités étaient représentées, mais d’après les lauréats – où j’ai remarqué de nombreux chiens très connus - la majorité des exposants venait de Belgique, des Pays-Bas, d’Allemagne et de France, sans oublier quelques passionnés venant d’Italie ou d’Estonie pour les plus lointains. Quant aux juges, ils formaient un panel très international, avec des juges venant de Russie et d’Australie.
L’un dans l’autre, la célébration de ce centenaire et le show qui l’accompagnait se sont passé à merveille, et la victoire d’un Lévrier Ecossais, race peu habituée des podiums, a offert une conclusion originale à cette grande confrontation .
Ce genre de manifestation pourrait se dérouler chaque année dans un pays différent, et pourquoi pas sur un champ de course… En effet, cela pourrait aider à combler le fossé entre les lignées dites «de beauté » et les lignées « de course ». Surtout au niveau de nos Lévriers où les différences morphologiques se font de plus en plus sentir selon la sélection concernée. Car le but ultime de l’élevage du Lévrier n’est-il pas d’élever des chiens qui combinent à leur puissance et leurs performances la beauté et l’élégance ?
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