Le débat qui fait rage à l’heure actuelle porte sur la décision qui a été prise au niveau européen de cesser de vacciner les troupeaux depuis 1991. Une décision motivée, selon les spécialistes, par le risque de masquer la présence du virus de la fièvre aphteuse chez des animaux vaccinés « porteurs sains », ne développant pas la maladie mais pouvant la transmettre. La directive européenne prévoit en cas de foyer déclaré des mesures sanitaires draconiennes (abattage et destruction des troupeaux infectés, restrictions des mouvements de bétail…).
Outre les arguments scientifiques, des raisons économiques ont pesé dans la décision d’abandonner la vaccination préventive systématique. La principale est un frein à l’exportation hors Union européenne : seuls les pays qui ne vaccinent pas sont déclarés indemnes de fièvre aphteuse et peuvent en conséquence exporter dans des pays comme les Etats-Unis. Par ailleurs la vaccination du cheptel bovin français a coûté à l’époque près de 200 millions de francs par an. Pour finir, il faut bien se rappeler que les ovins et les caprins ne circulant pas par transhumance ainsi que les porcins n’étaient pas soumis à la vaccination et que par conséquent les risques d’apparition de foyers de fièvre aphteuse n’ont jamais disparu.
Quoi qu’il en soit, aucun cas de fièvre aphteuse n’avait été observée en France depuis 1981. Idem pour la Grande-Bretagne. En 1992, elle avait totalement disparu du territoire de l’Union Européenne. Mais des foyers sont encore recensés en Afrique du Nord, et dans les pays de l’Est, notamment en ex-Yougoslavie. Malgré la vigilance dont font preuve les pays de l’Union Européenne, de nouveaux cas apparaissent en 1993 en Italie du Sud et en 1996, en Grèce.
L’épizootie apparue en février dernier en Angleterre a surpris tous les scientifiques. L’enquête épidémiologique en cours vise à connaître les origines de la contamination. Au titre des hypothèses, les scientifiques anglais travaillent sur une piste pour le moins surprenante : le virus aurait pu être introduit sur le territoire britannique par le biais de restes de plateaux repas récupérés sur l’aéroport de Newcastle et qui étaient utilisés pour l’alimentation des porcs d’un élevage voisin.
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