En France, le ministère de l’Agriculture a réagi rapidement et ce, dès l’annonce de l’épizootie par le gouvernement britannique. Des mesures préventives ont été mises en place et, principe de précaution oblige, les animaux récemment importés de Grande-Bretagne ainsi que ceux qui ont été en contact avec eux ont fait l’objet d’un abattage préventif. Près de 37 000 animaux, principalement des moutons, mais également quelques bovins et quelques porcs, sont concernés. Les tests sérologiques réalisés sur ces animaux ont permis de déceler la présence d’anticorps, qu’il ne faut toutefois pas confondre avec la présence de la maladie. Les mesures mises en place concernaient 23 exploitations sur 11 départements. Autour des exploitations suspectes, un périmètre de sécurité de dix kilomètres a été mis en place (la circulation des animaux est strictement interdite sur un rayon de trois kilomètres et très contrôlée sur dix kilomètres)Mais le premier foyer de fièvre aphteuse vient d’être découvert, ce mardi 13 mars, en Mayenne, sur des bovins dont le troupeau était voisin d’un troupeau de moutons récemment importé de Grande-Bretagne. Sur tout le territoire, les limitations de circulation des animaux sont à l’heure actuelle maintenues : seuls les transports directs des animaux vers les abattoirs sont autorisés pour les espèces sensibles. Pédiluves et rotoluves se multiplient dans les zones « à risque ». Tout est donc fait pour limiter l’extension de cette maladie virale très contagieuse.
Les experts estiment qu’il n’est malgré tout pas impossible que de nouveaux cas de fièvre aphteuse puissent apparaître en France.
Il reste que les conséquences financières sont énormes : avec en premier lieu la perte de revenus pour les éleveurs ayant dû faire abattre leurs troupeaux, même si le gouvernement a prévu une indemnisation et qu’il existe un fond de solidarité spécifique mis en place à l’initiative de la Fédération Nationale des Groupements de Défense Sanitaire. Les transporteurs subissent également de plein fouet cette nouvelle crise et annoncent une baisse de leur activité de l’ordre de 60 % ces derniers jours. Grosse inquiétude également chez les éleveurs de taureaux camarguais qui s’inquiètent du devenir de la race en cas d’extension de l’épizootie. Ils demandent notamment que l’on déroge à l’interdiction de vacciner pour les races rares menacées de disparition si des mesures d’abattage préventifs devaient être mis en place.
Du côté des consommateurs, encore perturbés par les problèmes de vache folle, on constate une certaine réticence à l’étal du boucher. Conséquences indirectes de la crise : l’augmentation de la consommation de viande de cheval et la flambée du cours du porc !
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