Thérèse et Francis Leroyer sont installés à La Haie (53). Ils viennent de tout perdre. Trente ans de travail pour atteindre leur quota laitier. Leur cheptel de 112 génisses et taurillons vient d’être abattu puis incinéré, quelques heures seulement après que les premiers symptômes soient apparus dans le troupeau. Thérèse Leroyer a accepté de nous décrire les quelques jours qu’elle vient de vivre…
« Lundi 12 mars au matin, comme à l’accoutumée, nous sommes allés visiter notre troupeau. L’une de nos vaches boitait. Tout de suite, nous avons fait venir notre vétérinaire traitant. Après avoir examiné plusieurs de nos bêtes, il a très rapidement prévenu la DSV (Direction des services vétérinaires) et le GDS (Groupement de défense sanitaire). Quelques heures plus tard, un cordon sanitaire était installé dans un périmètre de trois kilomètres autour de notre propriété. Il est d’ailleurs toujours en place et sans doute pour plusieurs semaines encore. Au fil de la journée du lundi, les signes de la maladie apparaissaient chez de plus en plus d’animaux au sein du troupeau. Le soir, lorsque les services vétérinaires ont du se résoudre à abattre le troupeau, nous avons du allumer un énorme foyer afin d’incinérer nos animaux. Notre vétérinaire, qui est à l’aube de sa retraite, vient de nous avouer qu’il n’avait jamais vu cela. »
Aujourd’hui, jeudi 15 mars 2001, Thérèse avoue, à trois ans de la retraite, qu’elle ne peut pas arrêter… « Des experts ont été désignés et sont actuellement en train d’évaluer notre préjudice. Nous sommes obligés de racheter des génisses dès que cela sera possible car nous avons un quota laitier à respecter ».
De façon très prudente et sans vouloir régler des comptes, elle souligne que « l’arrêt de la vaccination en 1992 pour des raisons purement financières et le non-respect par plusieurs états membres d’un cordon sanitaire expliquent sans doute la situation actuelle ».
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