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Accueil  >  Encyclopédie  >  Santé / Prévention  >  Parasites chez le chien  >  Internes
16/05/2001
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Internes

Oesophage et estomac

Il s'agit principalement de spiruroses, dues pour l'espèce canine à Spirocerca lupi, nématode présent dans la paroi de l'oesophage, ou plus rarement de l'estomac, voire dans la paroi de l'artère aorte. Ces parasites développent une maladie grave, sévissant essentiellement dans les pays tropicaux, en Afrique du Nord et en Europe méridionale. Les chiens s'infestent en ingérant les hôtes intermédiaires, à savoir des coléoptères, mais surtout de petits vertébrés.

Les animaux atteints présentent des symptômes digestifs oesophagiens (régurgitations, parfois impossibilité de déglutir) et gastriques (vomissements répétitifs, augmentation de la soif). Des difficultés respiratoires peuvent être observées lorsque le parasite est situé dans la paroi aortique. Le traitement est très difficile et fait intervenir des anthelminthiques sous forme injectable, comme l'ivermectine. Étant donné la diversité des hôtes intermédiaires (vecteurs du parasite) responsables de l'infestation du chien, il est pratiquement impossible d'envisager une quelconque prophylaxie.

Estomac et intestin

Ces parasites sont des strongyloses, dues majoritairement à Uncinaria stenocephala, le plus fréquent en France, à Ancylostoma caninum, surtout dans les régions chaudes, et à Ancylostoma braziliense, dans les pays tropicaux. Ils concernent principalement les animaux vivant en collectivité - on parle souvent d'anémie des chiens de meute, mais d'autres chiens peuvent aussi être infestés. Les larves de strongles du genre Ancylostoma pénètrent à travers la peau ou sont ingérées par les chiots en même temps que le lait maternel. L'infestation se déroule en plusieurs phases, correspondant aux migrations des larves de strongles dans l'organisme. Elle débute par une phase cutanée, au cours de laquelle apparaissent de petites papules sur l'abdomen du chien, celles-ci disparaissant spontanément après une dizaine de jours. Ensuite, le développement des adultes dans l'intestin grêle s'accompagne de symptômes digestifs tels que l'alternance diarrhée/constipation, puis l'apparition d'une diarrhée persistante, d'odeur fétide. Enfin, l'état général du chien se dégrade, à cause de l'anémie qui s'installe. Dans les formes graves, l'évolution peut se solder par la mort du chien, alors que, dans les formes bénignes, la guérison spontanée est possible.

Les parasites exercent une action de spoliation sanguine : les adultes sont fixés à la muqueuse intestinale ; ils absorbent un peu de sang et ont un effet de saignée. Ils ont aussi probablement une action toxique, ainsi qu'une action sur le système immunitaire, ayant pour conséquence une réaction cutanée plus importante lors de la réinfestation, empêchant la migration des larves. De ce fait, le chien devient plus ou moins résistant à ces strongles.

La prévention, dans les effectifs, consiste d'abord en une désinfection des locaux. On peut traiter préventivement les chiennes gestantes par le fenbenclazole, qui détruit les larves. On peut aussi traiter les chiots de 10 à 45 jours une fois par semaine, puis aux 8e et 12e semaines dans les zones fortement concernées par ces parasites.

Intestin grêle

Il s'agit de nématodes de la famille des Ascaridés (Toxascaris leonina) et des Toxocaridés (Toxocara canis), ces derniers étant transmissibles aux humains. Cette parasitose concerne plutôt les jeunes chiens, jusqu'à l'âge d'1 an. L'infestation est réalisée par l'ingestion d'oeufs embryonnés, présents dans l'eau de boisson ou la nourriture, ou encore par transmission "in utero" de la mère à ses petits, ou par le lait maternel lorsque celui-ci contient des larves. Les animaux en mauvais état général sont plus réceptifs, de même que ceux qui présentent certaines carences alimentaires.

Une infestation massive est responsable de symptômes généraux tels que retard de croissance, amaigrissement, mortalité importante chez les chiots de 3 à 7 semaines ayant été infestés massivement avant la naissance. Bien sûr, ces chiots présentent principalement des symptômes digestifs : diarrhée entrecoupée de périodes de constipation, vomissements entraînant le rejet d'une partie des parasites ainsi qu'un ballonnement abdominal plus ou moins important. Cela peut se compliquer d'obstruction intestinale (par une pelote de vers), voire de perforation intestinale conduisant à une hémorragie ou une péritonite.

Outre ces symptômes, les parasites prélèvent du sang, du contenu intestinal, contenant tous deux des éléments indispensables à la croissance du chiot. Le diagnostic est généralement aisé : le chiot est en mauvais état général, son abdomen est distendu, et il rejette des parasites dans ses selles ou ses vomissements. Une coprologie peut parfois aider au diagnostic. De nombreux antiparasitaires sont utilisables, les plus efficaces étant le pamoate de pyrantel, le nitroscanate et l'ivermectine. La prévention consiste à traiter systématiquement les jeunes chiens, et à détruire les vers adultes présents chez les mères. La destruction des oeufs dans le milieu extérieur est extrêmement difficile, compte tenu de la grande résistance de ces derniers.

Des cestodes parasitent également cette portion du tube digestif. Il s'agit de ténias, comme le Dipylidium caninum, transmis lors d'ingestion de puces. Ce parasite touche les chiens de tous âges, en provoquant chez eux un prurit anal important. Le chien présente le "signe du traîneau", c'est-à-dire qu'il frotte son train postérieur sur le sol. Des symptômes digestifs sont associés, comme l'élimination d'anneaux de parasites, ayant la forme de grains de riz, dans les selles, qui peuvent avoir un aspect plus ou moins diarrhéique. Les réinfestations sont fréquentes et favorisées par le fait que des oeufs peuvent se coller dans les poils, et être ainsi ingérés par le chien. L'action spoliatrice est extrêmement faible, les parasites exercent surtout une action irritative et d'engorgement des glandes anales.

La prophylaxie consiste d'abord en une élimination des hôtes intermédiaires, c'est-à-dire les puces et, dans une moindre mesure, les poux. Chez les animaux parasités, l'utilisation des cestodicides spécifiques tels que le praziquantel est conseillée ; l'emploi d'anthelminthiques polyvalents comme le nitroscanate est également efficace.

Gros intestin

Les principaux parasites de cette portion du tube digestif, plus exactement du caecum et du côlon, sont des nématodes du genre Trichuris. Les chiens s'infestent par ingestion des oeufs, présents dans le milieu extérieur, les adultes semblant être les plus touchés. Lors d'une infestation massive, on observe une diarrhée, qui peut être hémorragique, de l'anémie, un amaigrissement net. Ces trichures sont hématophages, exerçant de ce fait une action spoliatrice, mais ils permettraient aussi, par les lésions qu'ils causent, le développement de bactéries. Le diagnostic repose sur la coprologie, révélant la présence des oeufs de parasites dans les selles du chien. Le traitement consiste en l'administration de benzimidazoles tels que le flubendazole, pendant trois jours consécutifs, ou du fébantel, pendant le même laps de temps. Cependant, les réinfestations restent très faciles. Il faut donc veiller à l'hygiène des locaux et de la nourriture.

Les vermifuges

Les chiots peuvent être vermifugés dès l'âge de 2 semaines, de façon préventive. On utilise un vermifuge polyvalent - généralement une association de plusieurs anthelminthiques permettant d'obtenir un spectre d'action très large - dont on adapte la dose au poids du chiot. On traite ensuite le chien une fois par mois jusqu'à l'âge de 6 mois, puis deux à quatre fois par an selon que le chien sort beaucoup ou pas.

On peut également procéder à une recherche coprologique d'oeufs d'helminthes, et cibler plus précisément en utilisant l'anthelminthique le mieux adapté au cas observé. Il faut en outre tenir compte du caractère du chien pour adapter la présentation du vermifuge. Certains se présentent sous forme de comprimés, d'autres sous forme de pâte ou de liquide ; ils se donnent en une ou plusieurs prises, ce qui peut aussi jouer sur le choix du vermifuge.

Ce faisant, il est essentiel de vermifuger régulièrement son chien, notamment dans le cas où plusieurs chiens vivent ensemble, et d'autant plus qu'il existe un risque de transmission aux humains.



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