Ce sont des maladies contagieuses dues à des micro-organismes du genre Leptospira ; elles concernent de nombreuses espèces et sont transmissibles à l'homme. Chez le chien, deux groupes, appelés sérotypes, ont une grande importance ; ils sont dénommés Leptospira icterohaemorragiae et Leptospira canicola. Ces maladies sévissent dans le monde entier, avec une prédilection pour les zones humides et les effectifs canins.
Les leptospiroses se manifestent sous différentes formes cliniques, selon le sérotype qui intervient. Tout d'abord, le chien peut présenter une gastroentérite hémorragique. Les deux sérotypes précités peuvent en être responsables. Cette gastroentérite existe sous une forme aiguë : après 5 jours d'incubation, le chien devient abattu, prostré, anorexique, polydipsique (augmentation de la soif). Il présente une hyperthermie importante pendant 2 à 3 jours, laissant ensuite place à une hypothermie. La palpation abdominale est très douloureuse. Puis survient la période d'état, longue de 5 à 6 jours, au cours de laquelle apparaissent des signes digestifs (vomissements devenant sanguinolents, diarrhées hémorragiques), ainsi que des hémorragies sur les muqueuses et la peau, une inflammation de la muqueuse buccale, qui dégage une odeur fortement désagréable, et une insuffisance rénale aiguë (diminution de la quantité d'urines émises, pouvant être teintées de sang). Il est possible d'observer également des complications nerveuses, oculaires, cardiaques et pulmonaires. S'installe ensuite une phase de coma qui évolue vers la mort.
On peut également observer cette gastroentérite sous une forme suraiguë : la maladie évolue vers la mort en 48 heures, après une période d'hypothermie accompagnée de vomissements et de diarrhée, avant que le chien ne tombe dans le coma.
Il existe une forme suraiguë, longue de deux semaines environ, pouvant se solder par la guérison du chien après la phase de gastroentérite.
Une deuxième forme, due cette fois uniquement à Leptospira icterohaemorragiae, existe. Il s'agit de l'ictère leptospirosique. L'incubation dure 5 à 8 jours, puis le chien présente de la fièvre pendant 2 jours, laissant ensuite la place à de l'hypothermie, un abattement, des douleurs abdominales. Le chien devient anorexique. Survient ensuite la phase d'état, où les muqueuses prennent une couleur rouge orangé, caractéristique d'un ictère. Des symptômes digestifs, diarrhée et vomissements, y sont associés. Cette forme évolue vers la mort en 5 à 15 jours.
Une troisième forme existe, due à Leptospira canicola. Il s'agit de la néphrite leptospirosique. Elle peut évoluer selon deux modalités : soit rapide, avec prédominance d'une gastroentérite, soit lentement, auquel cas on ne découvre la maladie que dans sa phase ultime, l'urémie (forte augmentation du taux d'urée dans le sang). Le chien meurt alors à la fin d'une période de coma urémique.
Diagnostic
Le diagnostic de la leptospirose repose sur l'examen de l'animal, les symptômes étant relativement caractéristiques. Le recours au laboratoire permet de mettre en évidence les leptospires dans le sang avant le 8e jour, et dans les urines passé cette date. Le diagnostic consistant à rechercher des anticorps n'est possible qu'à partir du 10e jour.
Les chiens peuvent se contaminer directement par morsure, léchage ou simple contact avec un cadavre. L'eau des étangs, des rivières, les objets souillés par les urines sont susceptibles d'entraîner une contamination indirecte. Les leptospires pénètrent par les muqueuses ou par voie cutanée, par l'intermédiaire d'une blessure. Sont sources de germes les excrétions et sécrétions des animaux malades, le sang au début de l'infection, puis les urines après le 8e jour et pendant quelques mois. Il est possible de traiter les chiens atteints de formes subaiguës et chroniques grâce à certains antibiotiques. Il est envisageable de pratiquer une prophylaxie sanitaire, qui consiste à éviter la contamination des eaux, à détruire les vecteurs que sont les rongeurs, ainsi qu'à désinfecter les locaux. Il existe des vaccins, conférant aux chiens une immunité plus ou moins bonne, d'une durée maximale de 6 mois, et qui est donc à employer dans les endroits où le risque est le plus élevé.
Le chien peut répandre des leptospires, dangereux pour l'homme, qui peut alors développer un ictère similaire à celui que l'on observe chez le chien.