Cette maladie infectieuse, inoculable, est due à un virus de la famille des Rhabdoviridés. Il est sensible à la chaleur, inactivé par la lumière et les ultraviolets. Il est conservé par le froid. Le virus rabique possède une affinité très marquée pour les tissus nerveux. Sa virulence est portée par la glycoprotéine G, molécule située sur l'enveloppe du virus. Ce virus est inoculé au chien le plus souvent lors d'un traumatisme (morsure, griffure) et se multiplie localement. Après avoir subi une multiplication dans le muscle, le virus diffuse dans tout l'organisme, en pénétrant dans les nerfs. Les symptômes consécutifs à l'infection par le virus rabique sont des symptômes d'ordre nerveux, conduisant toujours à la mort du chien. Plusieurs évolutions sont possibles suite à un contact avec le virus. On peut observer une contamination sans symptôme, voire, dans de très rares cas, une infection se traduisant par des symptômes mais ayant pour issue la guérison, avec ou sans séquelles, et enfin dans pratiquement 100 % des cas une infection normale entraînant une évolution vers la mort.
L'évolution de la rage comprend plusieurs phases : l'incubation, longue de quinze à soixante jours environ, à la fin de laquelle le chien excrète dans sa salive des virus - en moyenne pendant trois à dix jours. Puis les symptômes apparaissent, et le chien finit par mourir après une courte période d'évolution (de deux à dix jours). Les symptômes peuvent être répartis en deux catégories, appelées rage furieuse et rage paralytique.
Au cours de la première partie de l'évolution de la maladie, le chien présente simplement un changement de caractère. Il devient inquiet, est sans cesse en activité. Il finit par rechercher des endroits où il pourra être au calme, puis se succèdent des périodes d'apathie et d'excitation. L'état général du chien ne semble alors pas inquiétant.
Puis l'évolution se poursuit par une agitation intense, simultanément à laquelle apparaissent des troubles généraux, notamment une gêne à la mastication des aliments. Le chien devient alors furieux, et s'attaque à tout ce qui l'entoure. Enfin, une paralysie s'installe progressivement, et évolue inexorablement vers la mort, en 4 à 5 jours en moyenne.
Il existe une autre forme clinique, dénommée rage paralytique, ou muette, car les premiers symptômes qui peuvent être observés sont des paralysies des mâchoires. La première phase de l'évolution est presque uniquement constituée par de la tristesse. La paralysie touchant la tête rend impossible la nutrition spontanée, le chien ne cherche pas à mordre. Cette paralysie s'étend au reste de l'organisme et mène à la mort du chien en deux à trois jours.
Les animaux dangereux sont ceux qui se trouvent en dernière phase d'incubation, lorsque le virus est éliminé par la salive, ainsi que les animaux exprimant des signes cliniques de la maladie. De nombreux tissus et organes représentent des sources du virus rabique. Certains d'entre eux renferment le virus tout en restant dans l'organisme, alors que d'autres sont responsables de l'excrétion du virus et par conséquent dangereux pour les autres chiens. Il s'agit principalement de la salive ; la concentration en virus y est particulièrement élevée, ce qui explique que les morsures soient dangereuses pour les autres animaux. Les cadavres d'animaux morts de la rage sont également dangereux, puisque le virus y résiste beaucoup plus longtemps que dans le milieu extérieur, ainsi que les objets souillés par un animal enragé. La contagion est essentiellement liée aux morsures, mais toute morsure n'est pas nécessairement contagieuse.
Tout dépend en effet de la profondeur de la morsure ainsi que de la région mordue (les zones anatomiques riches en structures nerveuses étant les plus dangereuses). D'autres modes de contamination existent, bien que leur importance soit moindre par rapport à celle des morsures. Le contact avec des muqueuses peut être contaminant lors de la présence de lésions parfois difficilement visibles. Les objets souillés, à condition que le contact avec la salive d'un animal enragé ait eu lieu depuis peu, peuvent également être contaminants. On rencontre en outre quelques rares cas de contamination par le virus rabique par inhalation ou ingestion, ainsi que des transmissions d'une femelle gestante à ses petits.