C'est une maladie due à un parasite de la famille des Protozoaires (êtres formés d'une seule cellule), appelé piroplasme, et plus particulièrement Babesia canis. Ce parasite requiert au cours de son cycle le passage par un hôte vecteur afin de pouvoir assurer la transmission de la maladie d'un chien à un autre. Ce vecteur est la tique femelle.
Le développement du parasite chez le chien comprend plusieurs stades correspondant aux modifications du parasite. Il s'agit en premier lieu d'un élément plus ou moins circulaire, très simple, appelé trophozoïte. Il se loge dans les globules rouges, et se nourrit de leur contenu, l'hémoglobine, qu'il digère. Ce trophozoïte subit un phénomène de reproduction asexuée, qui consiste en de simples divisions. Le noyau de cette cellule se divise le premier, puis suivent la membrane et le cytoplasme (liquide contenu dans la membrane). On obtient alors deux cellules dites cellules filles ou mérozoïtes, en forme de goutte d'eau, toujours situées à l'intérieur du globule rouge. Il est possible d'observer plus de deux cellules à l'intérieur d'un même globule rouge. Le plus souvent, le globule rouge est détruit après la division et les mérozoïtes sont alors libérés dans le sang. Chaque mérozoïte se fixe rapidement sur un nouveau globule rouge, s'y introduit, et forme ainsi un trophozoïte. Certains piroplasmes cessent de se diviser dans les globules rouges ; on les appelle les gamontes.
La tique, hôte intermédiaire, se nourrit sur un chien infesté. Les globules rouges qu'elle a ingérés sont détruits dans son intestin ainsi que les trophozoïtes et les mérozoïtes. Seuls restent les gamontes qui se transforment en gamètes dans la paroi de l'intestin. Consécutivement à la fusion de deux gamètes se forme un oeuf, appelé zygote. Dans ce zygote se forme un élément qui quitte l'intestin de la tique pour pénétrer dans une autre cellule, et notamment dans les oeufs de la tique. Cet élément, le kinète se multiplie et donne naissance à des sporokinètes. Si une tique femelle de la génération suivante, c'est-à-dire issue d'un oeuf contenant des sporokinètes, se nourrit sur un chien, les sporokinètes migrent dans ses glandes salivaires, Chaque sporokinète devient très volumineux ; on l'appelle alors sporonte. À l'intérieur de celui-ci se forment des milliers de sporozoïtes qui peuvent infester le chien. Chaque sporozoïte pénètre dans un globule rouge pour donner un trophozoïte. Le cycle est alors achevé.
La piroplasmose est surtout fréquente dans les pays chauds et tempérés, dans tous les endroits où les tiques sont abondantes. Elle est plus courante pendant les saisons d'activité des tiques. L'apparition d'une piroplasmose est favorisée par le mode de vie, par exemple chez les chiens qui chassent. Les races sélectionnées sont plus sensibles que les autres, notamment les Cockers, les Épagneuls, les Yorkshires et les Dobermans. Les chiots sont en outre plus réceptifs que les adultes.
L'incubation, correspondant à la période de multiplication des parasites dans l'organisme du chien, dure de 2 jours à 2 semaines environ. Au cours de cette phase, on ne rencontre aucun piroplasme dans le sang. À l'issue de cette phase, les parasites gagnent le sang et les symptômes apparaissent presque simultanément. Dans la forme aiguë de la maladie, le chien présente une hyperthermie très prononcée, accompagnée d'abattement ; la crise fébrile dure en moyenne 6 à 10 jours. On observe de façon concomitante une anémie (décoloration des muqueuses), due à la destruction des globules rouges lors de la multiplication des parasites en leur sein. Après quelques jours de maladie, survient une hémoglobinurie : les urines se teintent de sang. Il existe des signes cliniques atypiques, qui peuvent être des manifestations d'ordres nerveux, respiratoire, digestif, cutané, ou encore oculaire. L'évolution est courte : une semaine au maximum. L'état du chien s'aggrave en l'absence de traitement, et évolue vers le coma puis la mort. Une forme chronique existe, elle touche surtout les adultes, et peut faire suite à une forme aiguë. La fièvre est moins marquée ou parfois absente, l'état général reste globalement bon. L'anémie est toujours présente et bien nette. L'évolution de cette forme de la piroplasmose est lente, il existe des possibilités de complications. Cette forme peut évoluer pendant plusieurs semaines et se solder par la mort du chien.