Également appelée hépatite de Rubarth, c'est une maladie infectieuse spécifique des carnivores, due à un virus isolé en 1933 chez le chien. Cette maladie touche essentiellement l'Europe du Nord, l'Europe centrale et les États-Unis. Elle affecte principalement les jeunes âgés de 3 à 12 mois, mais parfois aussi les adultes.
Le virus responsable est dénommé CAV 1 : c'est un adénovirus canin de type 1. Il peut résister une dizaine de jours dans le milieu extérieur, mais il est détruit par la chaleur et les ultraviolets. La maladie peut exister sous une forme suraiguë, aiguë ou subaiguë.
La première forme concerne les chiots : ils meurent en quelques heures sans symptômes particuliers. La forme aiguë comporte une phase d'invasion au cours de laquelle le chien est apathique et présente de la fièvre pendant environ 48 heures ; une phase d'état pendant laquelle on note l'apparition de symptômes digestifs (diarrhée, vomissements, gastroentérite, anorexie et augmentation de la prise de boisson), une augmentation de la taille de certains ganglions et des symptômes oculaires (conjonctivite, opacification de la cornée qui prend une teinte bleutée). Le chien guérit généralement en 6 à 10 jours. Plus rarement, l'évolution de la maladie conduit à la mort du chien après une phase de coma.
La forme subaiguë se traduit globalement par les mêmes symptômes, mais atténués par rapport à la forme aiguë. La guérison se produit en 3 à 4 semaines.
Le pronostic est le plus souvent favorable, sauf dans le cas de la forme suraiguë. Dans quelques cas cependant, l'opacification cornéenne peut persister.
La contamination peut être obtenue par simple contact entre un animal malade et un chien sain, ou par contact indirect, par l'intermédiaire d'objets souillés ou d'aliments. La chienne qui allaite peut aussi transmettre le virus à ses chiots, déclenchant ainsi la forme suraiguë de la maladie. Le virus pénètre principalement par voie digestive, ou accessoirement par voie aérienne. Seuls le chien et le renard sont sensibles à ce virus. Ils peuvent le répandre dans le milieu extérieur par l'intermédiaire du sang et de tous leurs produits d'excrétion pendant la durée de la maladie. L'urine est susceptible d'être responsable de contagions pendant plusieurs mois après la guérison. Dans l'organisme, le virus se multiplie en premier lieu dans les amygdales et différents ganglions, puis il peut ou non se disséminer. Le fait qu'il puisse rester localisé à certaines régions explique le grand nombre de formes inapparentes. Une troisième phase consiste en la multiplication de la particule virale dans les organes cibles, qui sont le foie, les reins, le tube digestif et l'oeil, responsables des symptômes précédemment cités.
Il existe des traitements : un traitement spécifique de l'hépatite de Rubarth consistant en une sérothérapie, efficace si elle est administrée pendant les premières 48 heures de l'infection. La deuxième partie du traitement vise à supprimer les symptômes majeurs : vomissements, diarrhée, opacification cornéenne. La prophylaxie sanitaire (non appliquée en France) consisterait en l'isolement d'animaux introduits dans un effectif, avec recherche des anticorps dirigés contre le virus. Par contre, il existe des vaccins, préparés à partir de la souche CAV 2, voisine de la souche CAV 1, mais qui n'est pas responsable d'une hépatite contagieuse.