Sous le terme "aliment ménager", on regroupe un ensemble hétérogène de modes d'alimentation, allant de l'utilisation exclusive de restes de table jusqu'à l'élaboration de rations sophistiquées, mais préparées par le propriétaire, et prenant en compte toutes les données diététiques indispensables à l'équilibre nutritionnel.
Les vétérinaires disposent même d'un logiciel informatique des plus complets, élaboré par des enseignants-chercheurs des écoles vétérinaires d'Alfort et Toulouse, leur permettant de prescrire à leurs patients canins des rations parfaitement adaptées à tous les cas de figure.
Telle qu'elle est classiquement utilisée, la ration ménagère se compose d'un mélange "viande-riz-carottes" auquel devrait toujours être ajouté un complément minéral et vitaminé spécifique. Différents ingrédients peuvent bien évidemment se substituer les uns aux autres, dès lors que leur valeur nutritive est équivalente. Mais il importe de bien les connaître afin de ne pas faire d'erreur.
Dans le cas le plus simple de l'entretien, l'association "produits carnés + sources amylacées + légumes + compléments" peut se concrétiser de manière extrêmement différente selon les matières premières choisies et les proportions respectées.
Au plan pratique, les conseils classiques de type :
Un tiers de viande, un tiers de riz non cuit, un tiers de légumes, associés à un complément minéral et vitaminique (modèle "1/3-1/3-1/3") ;
Quatre parties de viande, trois parties de riz non cuit, deux parties de légumes, une partie d'un complément constitué d'un tiers de levure diététique, un tiers de poudre d'os, un tiers d'huile de table (modèle "4-3-2-1") sont par trop simplistes et doivent être remis en cause car ils ne prennent pas en compte, par exemple, les variabilités de format des différentes races de chiens.
Par ailleurs, selon que l'on passe d'une viande grasse à une viande maigre, la valeur énergétique d'une ration telle que définie ci-dessus va passer d'environ 2 000 kcal à environ 1 250 kcal / kg de ration !
Le rapport "protidocalorique", exprimé en grammes de protéines par mégacalorie d'énergie, si important à respecter chez le chien, dépend en fait étroitement du type de produit carné utilisé : poisson maigre ou poisson gras, type de viande. Ainsi, la teneur en lipides de la viande peut-elle varier de 0,5 à 35 %, sa teneur en protéines de 10 à 20 % et sa teneur en eau de 45 à 80 % !
Dans une ration ménagère, il est important également de bien préciser si les sources amylacées que l'on pèse s'entendent crues ou cuites dans les proportions utilisées, car le riz absorbe jusqu'à trois fois son poids en eau durant la cuisson.
Enfin, dans un tel contexte d'alimentation traditionnelle, le complément minéral vitaminé incorporé ne peut évidemment tenir compte des apports vitaminiques et minéraux spécifiques à chaque type de ration, et l'imprécision de son dosage pondéral risque de perturber l'équilibre nutritionnel global du mélange.
S'il choisit cette solution, le propriétaire devra se tourner vers un complément dont le rapport Ca/P (rapport des teneurs en calcium et en phosphore) sera impérativement égal à deux.
Des exigences physiologiques particulières (croissance, gestation, allaitement, activité intense, vieillissement) vont imposer le respect de caractéristiques nutritionnelles encore plus fines que celles relatives au simple entretien :
Augmentation de la proportion de protéines durant la croissance ou la reproduction,
Baisse de la concentration énergétique de l'aliment pour un chien trop gros ou pour un chiot de grande race durant la phase de croissance.
Le degré d'imprécision tolérable dans une ration d'entretien ne peut alors plus être admis : il devient fondamental de définir le plus précisément possible les différents ingrédients utilisés et leur taux d'incorporation.
Cette démarche, qui s'appuie sur des bases scientifiques précises, réclame dans son application des calculs longs et fastidieux et surtout un fichier complet des valeurs alimentaires de toutes les matières premières.
Ce travail peut aujourd'hui être épargné grâce à l'informatique et à un certain logiciel très évolué dont le vétérinaire peut disposer.