Les affections cardiaques sont peu spécifiques d'un type de sport canin, hormis quelques exceptions qu'il convient de signaler ici.
Cardiologie et entraînement
En relation avec son état d'entraînement, le chien de sport voit son système cardio-vasculaire s'adapter à l'effort demandé.
Les adaptations physiologiques
De la même manière que l'homme sportif, l'entraînement provoque des modifications cardiaques : le coeur du chien augmente de taille de manière spectaculaire. Le coeur moyen d'un chien représente 0,8 % du poids du chien, alors que celui d'un Alaskan Husky entraîné peut atteindre 1 % de son poids et jusqu'à 1,2 % pour un Greyhound.
L'exercice intense court entraîne une augmentation de pression du sang sur les parois cardiaques. Sur des chiens entraînés en sprint, la taille du coeur est donc due à l'épaississement des parois myocardiques, celui-ci gardant un volume cavitaire normal.
L'exercice d'endurance provoque, lui, une charge accrue en volume du sang dans le coeur. Sur des chiens entraînés en endurance, la taille du coeur est donc due à l'épaississement des parois myocardiques et à l'accroissement de la taille des cavités cardiaques.
Modifications cliniques
À l'examen clinique, on observe chez un chien sportif (on parle de "coeur de sportif") :
- une bradycardie (diminution de la fréquence cardiaque) au repos ; la fréquence cardiaque peut atteindre 35 battements par minute chez un chien en sommeil tandis que, pour un chien non entraîné, elle est d'environ 40-60 battements par minute dans les mêmes conditions ;- un souffle cardiaque, de faible intensité, ne se superposant jamais aux deux bruits caractéristiques du coeur à l'auscultation ; il est dû à l'augmentation du volume sanguin alors que la durée d'éjection est maintenue ;- une augmentation de la taille de la silhouette cardiaque à l'examen radiographique ;- des modifications caractéristiques de l'agrandissement du coeur à l'électrocardiogramme (durée plus longue du complexe Q.R.S., augmentation de l'amplitude de l'onde R et de l'intervalle Q.T.) ;- une augmentation des dimensions cardiaques lors d'examen échocardiographique.
Toutes ces modifications sont primordiales à connaître afin de ne pas confondre un coeur sportif avec un coeur malade qui pourrait présenter les mêmes signes.
La syncope cardiaque
L'arrêt cardiaque n'est pas spécifique d'un sport précis, mais peut se rencontrer chez des chiens insuffisamment entraînés ou lors de conditions environnementales particulières (coup de chaleur...).
Il se manifeste par l'absence de battement cardiaque qu'il est possible de vérifier en prenant le pouls du chien à l'artère fémorale (en face interne de la cuisse) ou en posant la main derrière le coude gauche pour sentir le choc précordial.
Le chien est toujours en état d'inconscience réelle, l'ensemble de ses organes ne fonctionnant presque plus
Les conséquences de l'arrêt cardiaque sont très graves (très souvent la mort) et il est important de savoir réagir vite.
Technique du massage cardiaque
Deux méthodes sont à utiliser, en fonction de la taille du chien :
- Grand chien à thorax rond ou chien obèse :
Coucher l'animal sur le flanc droit ;
Le massage se fait en arrière de la pointe du coude (4e - 6e espace intercostal) ;
Appuyer le talon de la main derrière le coude ;
Placer l'autre main par-dessus ;
- Petit chien ou chien à thorax plat :
placer une main de chaque côté du thorax, juste derrière les coudes ;
mains à plat, appuyer avec le talon.
Quelle que soit la taille du chien, il est nécessaire de maintenir une fréquence d'une compression toutes les 10 secondes environ.
Il faut effectuer le massage pendant 1 minute et vérifier le pouls fémoral :
- s'il est présent et bien frappé, arrêter les massages cardiaques et vérifier la fonction respiratoire ;- s'il est absent, reprendre les massages cardiaques et effectuer un nouveau contrôle 2 minutes plus tard.
L'arrêt cardiaque est souvent concomitant avec un arrêt respiratoire (absence de mouvements respiratoires). Il est alors souvent nécessaire de coupler un massage cardiaque avec des insufflations selon la technique du bouche à truffe : maintenir la gueule fermée avec les mains, souffler dans les naseaux du chien progressivement.
L'expiration est passive et la fréquence des insufflations doit être de 12 à 16 par minute pour un grand chien et de 15 à 20 pour un petit chien.
Si les deux techniques sont associées, il faut compter une insufflation pour 5 compressions cardiaques.
Lors de certains "coups de chaleur", le chien peut présenter un début de syncope sans pour cela en être au stade de l'arrêt cardiaque ; dans un tel cas, la pulvérisation de trinitrine en spray sous la langue du chien se révèle des plus efficaces.