Malgré l'importance de l'appareil respiratoire chez le chien de sport ou de travail, les affections qui le touchent et qui sont directement liées à la pratique d'un exercice physique demeurent peu nombreuses.
Des cas de collapsus trachéal acquis ont été décrits chez le jeune Greyhound de compétition, semble-t-il en relation avec une alimentation déséquilibrée, composée majoritairement de viande. Une déficience en calcium et en chondroïtine sulfate s'instaure, qui conduit au remplacement progressif du cartilage trachéal par un tissu fibreux ayant perdu toute élasticité. L'animal commence par avoir une respiration bruyante après un effort, puis progressivement ne supporte plus celui-ci et présente d'importantes difficultés respiratoires. Seule la chirurgie, associée au rétablissement d'une alimentation équilibrée, permet de traiter le problème, mais la carrière sportive de l'animal est alors terminée.
Les chiens de recherche en décombres, dès lors qu'ils interviennent après une explosion suivie de feu, peuvent être affectés au plan respiratoire par les fumées résiduelles, qui déclenchent alors une trachéo-bronchite nécessitant la mise en oeuvre d'un traitement médical classique ; la toxicité de certaines émanations doit amener ces équipes cynotechniques à toujours garder à disposition une bouteille d'oxygène médical et un masque adapté.
Des bronchospasmes directement induits par l'exercice physique sont également signalés chez le chien ; ils surviennent en particulier lorsque l'hygrométrie de l'air est très faible (air très sec) ou très froid, et se manifestent par une toux sèche, improductive, se déclenchant durant ou immédiatement après un effort violent. Il apparaît en effet qu'un air très sec ou très froid est responsable de la libération dans les voies aériennes du chien par certaines cellules protectrices (mastocytes) de médiateurs chimiques au rang desquels on trouve l'histamine, des leucotriènes, des prostaglandines et des thromboxanes. Ces dernières induisent la constriction des bronches et une inflammation locale qui empêche l'air de passer. Le traitement d'urgence passe par l'inhalation de médicaments de type ß2 adrénergiques (albuterol, clenbuterol, salbutamol...), auquel il est possible d'associer l'inhalation de corticoïdes. La prévention passe par un échauffement lent et long et, pour les chiens récidivistes, par l'absence d'exercice en conditions ambiantes très sèches ou très froides.
L'hémorragie intrabronchique d'effort, bien connue chez le cheval de course, peut également apparaître chez le chien à la suite d'un effort très intense et violent. Dans le cas du Greyhound, la fréquence d'apparition de sang en nature dans les voies respiratoires oscillerait même entre 10 et 15 % des chiens en compétition. Bien qu'encore imparfaitement connue, cette affection semble être due à une augmentation de la pression vasculaire dans les poumons durant l'effort, liée en fait directement à un "effet stress" trop important pour l'animal en cause. Si les diurétiques, comme le furosémide, sont couramment utilisés chez les "chevaux qui saignent", aucune thérapeutique ne se révèle efficace chez le chien. Le propriétaire d'un animal concerné par ce problème devra donc veiller scrupuleusement à bannir tous les facteurs de stress potentiels de l'environnement de son chien.
Enfin, le sportif étant, par définition, plus "fragile" à l'émergence de toutes les maladies L'approche thérapeutique sera néanmoins classique, la prévention prophylactique devant être accrue.