Le chien et le chat ont un odorat beaucoup plus performant que celui de l'homme, mais leur sens de la gustation est moins développé. Néanmoins, ils utilisent ce sens pour :
- évaluer l'appétence des aliments offerts, en refuser certains, - stimuler les sécrétions salivaires, gastriques et pancréatiques.
Les récepteurs gustatifs
Ces récepteurs ou " bourgeons du goût " sont inclus dans les papilles gustatives. Ils sont situés sur la face supérieure de la langue, la muqueuse du palais, l'épiglotte et le pharynx. Le chien possède plus de bourgeons du goût que le chat.
D'après Leibetseder (1978)
Ces bourgeons sont fonctionnels dès la naissance, bien qu'encore immatures pendant les premières semaines de vie. L'acuité du goût diminuerait ensuite chez les animaux âgés. Certaine maladies (diabète, hypothyroïdie...), la prise de médicaments, modifient la sensibilité gustative.
Ces cellules nerveuses sont reliées au cerveau. Les sensations gustatives peuvent donc être mémorisées : suivant qu'un aliment est classé comme " bon " ou " mauvais " lors de sa première ingestion, il sera accepté ou refusé plus tard.
Rôle de l'expérience
L'alimentation de la mère influence la composition du liquide amniotique, et celle du lait consommé par le chiot ou le chaton. C'est la première étape dans le développement du goût. Après la naissance, le conditionnement influence les préférences alimentaires, mais chiens et chats restent cependant sensibles à l'attrait de la nouveauté : si le nouvel aliment présenté est plus appétent que l'ancien, il a de grandes chances d'être adopté. C'est le phénomène de " néophilie ". L'inverse ou " néophobie " est beaucoup plus rare : le rejet d'un nouvel aliment, même appétent, se produit surtout dans une situation de stress (changement brutal de nourriture et d'environnement).
Si un chat a été malade à la suite de l'ingestion d'un aliment toxique, il apprend à l'éviter ensuite. Cette aversion persiste pendant plusieurs semaines. Le chien oublie beaucoup plus vite : 24 heures après, il le consomme à nouveau.
Préférences particulières
Le chien et surtout le chat sont très sensibles au goût amer, qu'ils évitent. Les édulcorants de synthèse à caractère légèrement amer (saccharine) sont par exemple rejetés. Le goût varie bien sûr avec les individus, mais le chat et le chien présentent cependant certaines différences de base.
Préférences du chien
Le chien est capable de marquer une préférence pour un régime avec viande plutôt que sans, même s'il est privé d'odorat. En revanche, les différences entre viandes de boeuf, porc, poulet (...) nécessitent l'intervention de l'odorat. Le chien apprécie un régime riche en graisses, à condition qu'elles soient de bonne qualité ; des graisses rances provoquent le rejet.
Le chien apprécie le goût sucré alors que le chat ne le distingue pas ou peu : cette aptitude est liée à l'absorption occasionnelle de fruits. Le chien est aussi capable de détecter la présence de sel à une concentration plus faible que le chat.
Préférences du chat
Le chat, carnivore strict, est très sensible à la présence de certains acides aminés associés aux protéines animales. Le chat apprécie beaucoup le foie, mais en revanche, il est faux de croire que tous les chats préfèrent le poisson à la viande. Cette préférence est très variable suivant les individus. Le chat sélectionne aussi les graisses en fonction de la longueur des chaînes d'acides gras : il rejette par exemple les acides gras à chaîne moyenne contenus dans certaines huiles végétales (ex : coprah, palmiste).
Le chat est très sensible à la texture et à la granulométrie des aliments : il déteste les aliments sous forme de trop petites particules.
Conclusion
Le goût est associé à l'olfaction dans la détermination de la prise alimentaire chez un chien ou un chat. Leurs préférences marquées vis-à-vis des produits d'origine animale explique que la plupart des digests et des arômes utilisés en petfood soient élaborés à partir de matières premières animales.
Références bibliographiques