Pour la première fois, un circuit de Working Test a été organisé en France. L’une des épreuves s’est déroulée les 24 et 25 mai à Fontainebleau dans le cadre de « Nature et Vènerie en Fête ».
Au milieu des aboiements des chiens de meutes, des carrousels, des calèches et des faucons de « Nature et Vènerie en Fête », le public pouvait entendre quelques coups de feu provenant de la forêt tout proche. Des chasseurs égarés ? Pas du tout, les premières épreuves du Working Test Annuel, une discipline toute nouvelle en France.
Importée d’Angleterre où le Working existe depuis les années 1920, cette discipline a pour but juger les capacités d’un chien à la chasse, mais sans gibier. Lors d’un Working Test, le chien est jugé sur sa capacité à retrouver l’apportable, ou dummy, puis à le rapporter. Soit le chien travaille au marking, c’est-à-dire qu’il voit le coup de feu tiré et l’apportable jeté, soit à l’aveugle, son maître l’envoie dans une direction sans indication. Ensuite, il y a quelques variantes suivant l’atelier, deux apportables sont à ramener, ou bien il y a une diversion pendant que le chien revient avec le dummy et il ne doit pas dévier de son retour ni lâcher celui qu’il a dans la gueule pour l’autre… Dans l’idéal, il doit parcourir faire une ligne la plus droite possible dans la direction du dummy et revenir aussitôt. C’est le maître qui indique au chien la direction qu’il doit prendre. Le chien perd des points à chaque faute et obtient à la fin de chaque atelier une note sur 20. Par exemple, le couple conducteur-chien perd des points si le chien ne va pas dans la direction indiquée, si le conducteur utilise trop son sifflet, si le chien est à la laisse au moment du départ, si le chien revient lentement… Mais si le chien part avant le signal de son maître, il reçoit un beau 0, de même si le dummy tombe à terre avant que le propriétaire ne le récupère…
Le samedi 24 mai, cinq ateliers attendaient les 39 participants, dont beaucoup de Labradors accompagnés de Goldens et quelques Nova Scottia et Flat Coated. Quelques étrangers venus de Belgique et de Suisse étaient venus concourir. Chaque conducteur décide lui-même de la classe dans laquelle il engage son chien : puppy, novice ou open, non pas en fonction de l’âge de leur compagnon mais plutôt en fonction de sa capacité à réussir les épreuves. En effet, la difficulté augmente en fur et à mesure des classes. Par exemple, dans l’atelier 5 du samedi après-midi qui avait lieu au passage d’un guet sur un parcours de cross, les puppies voyaient dans l’eau l’apportable à ramener. La difficulté pour eux était de partir seulement au signal du maître et pas au lancer du dummy. Les novices en revanche devaient traverser le plan d’eau et retrouver le dummy lancé derrière une palissade. Par contre, les « open » étaient lancés à l’aveugle sur le dummy placé plus de 30m.
Ce sport est certainement amené à se développer en France. En effet, il n’est pas nécessaire d’être chasseur pour participer. Tout un chacun peut prendre plaisir à voir les qualités naturelles de son retriever se manifester. Et c’est très beau à voir. Le chien est vraiment dans son élément : eau et forêt. Il s’amuse à fureter et à rechercher ce boudin vert, il prend plaisir à satisfaire son maître… Tout comme l’agility, ce sport satisfait aussi les enfants, à l’image de ce petit garçon qui a une vraie complicité avec son chien.
Trois juges officiaient ce jour là : Toy Turner, éleveur de Labradors de travail en Angleterre, compétiteur au palmarès impressionnant, entraîneur pour de très nombreux chiens et juge de Field Trial et de Working Test reconnu, Véronique Morize, éleveuse de Golden de beauté et de travail et juge, et Laurent Genoux, juge bien connu des compétitions de Working et de Fields. Les résultats, proclamés sur le stand Royal Canin, sponsor de l’épreuve, ont été chaudement applaudis. Les grands vainqueurs de ce week-end sont FeatherWood Shadow conduit par JL Recchia dans la classe Open et Paddington des Bruyères de S conduit par C Marthon.
Pour découvrir ce sport, rendez aux prochaines manifestations, les 21 et 22 juin à Chaource (10), les 26 et 27 juillet à Challigny (54), les 2 et 3 août à Carrouges (61) ou lors de la finale les 6 ET 7 septembre à Sully sur Loir (45).