Le 33e Championnat de l'Allgemeiner Deutscher Rottweiler Klub qui réunissait plus de 300 chiens dont une majorité venant de l'étranger a offert un spectacle pour les passionnés, sous une chaleur caniculaire et dans une ambiance où la sportivité était la règle.
Rottweil est une ville de près de 30 000 habitants, située sur la rivière Neckar, à près de 600 km de Paris. Pour s’y rendre, il faut traverser la Forêt-Noire dont les paysages évoquent les cantons suisses, où le travail du bois est une tradition et l’élevage de bovins, séculaire. N’oubliez pas que le Rottweiler, avant d’être dénommé ainsi s’appelait Metzgerhund (chien de boucher) et qu’il accompagnait les troupeaux qui étaient vendus sur le marché de Rottweil. En arrivant en ville, des panneaux et un fléchage très sobre permettaient de se rendre directement sur le site, le stade de football, le « stadion » de Rottweil.
Avec près de 330 Rottweilers inscrits (328) provenant de 28 nations, ce championnat qui se déroulait l’avant dernier week-end d’août n’a pas battu de record mais, pour la première fois, législation oblige, tous les chiens présentés avaient un fouet complet (non écourté). Seules exceptions à cette règle, des reproducteurs nés avant le 1er juin 1998 comme Akino Von Der Lauterbrücke et Gringo Von Handschuhsheim (seul fils direct de Noris Vom Grüntenblick présenté à Rottweil en classe vétéran), sans oublier la magnifique femelle vétéran, Olga Von Der Teufelsbrücke, qui a fêté ses 8 ans le 21 mai dernier, avaient le fouet écourté. Question d’habitude qui visiblement n’offusque pas les amateurs étrangers où la coupe n’est pas interdite mais qui se sont évertués ces deux dernières années, à sélectionner des chiens au fouet complet afin de pouvoir les présenter en Allemagne.
Un Rottweiler, c’est-à-dire un habitant de Rottweil, retraité depuis peu après avoir sillonné le monde pour une société de fabrication de saucisses (nous sommes dans le sud de l’Allemagne), assistait pour la première fois à un tel rassemblement. Il fut impressionné par le nombre de langues entendues autour des rings, ne sachant visiblement pas que le Rottweiler est une race beaucoup plus populaire dans le monde que dans son propre pays. A ce sujet, sachez qu’il ne reste plus que deux élevages familiaux, membres de l’ADRK, à Rottweil et qu’en vous promenant en ville, vous aurez peu de chance de croiser un Rottweiler à chaque coin de rue…
Côté Français, un groupe d’une trentaine de passionnés, juges, éleveurs et simples propriétaires avaient fait le déplacement. Plusieurs chiens étaient exposés, la majorité dans les classes jeunes et junior, avec des SG pour une dizaine d’entre eux. De quoi se réjouir, loin des querelles hexagonales, d’autant que l’annulation du Championnat IFR qui devait se dérouler en France l’année dernière, est restée en travers de la gorge de nombreux responsables de l’ADRK. Ce qui n’a pas empêché la plupart des dirigeants de l’ADRK dont le président de savoir nous accueillir et faire la fête, une fois les jugements terminés ! La passion et l’amitié autour d’un verre, n’ont que faire de certaines erreurs… du passé.
Deux des chiens français exposés, à gauche, la jeune T’Ira Vom Löwenherzritter et, à droite, le mâle Nelson Pantzer